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Téléphérique à Jérusalem : le dossier aux mains du gouvernement

Christophe Lafontaine
4 juin 2019
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Téléphérique à Jérusalem : le dossier aux mains du gouvernement
Vue aérienne des remparts sud de la Vieille Ville de Jérusalem, le long desquels pourrait glisser le téléphérique tant décrié © Nati Shohat / Flash90

Le 3 juin, le Comité national des infrastructures en Israël a rejeté une série d’objections contre le projet controversé d’un téléphérique à Jérusalem. Et a transféré le projet au gouvernement pour approbation.


C’est une étape décisive qui vient d’être franchie, rapporte la presse locale. Le Comité national des infrastructures en Israël, a en effet approuvé le projet porté par le ministère du Tourisme et l’Autorité de développement de Jérusalem de relier les quartiers ouest à la Vieille Ville via un téléphérique.

« Le projet offre une véritable solution aux problèmes d’accès difficile à la partie sud-est de la Vieille Ville », a déclaré le comité dans un communiqué dont s’est fait l’écho le Times of Israel.

Sa décision était attendue depuis deux mois, après 60 jours de consultation publique réservée aux objections publiques. Toutes ont été rejetées par la commission. En clair, le projet ne nécessite désormais plus que l’approbation du gouvernement israélien pour pouvoir être exécuté.

Le projet, budgété pour un coût de 200 millions de shekels (soit 50 millions d’euros) prévoit l’élévation d’un câble de 1,4 kilomètre longeant les remparts sud de la Vieille Ville de Jérusalem, partant du complexe commercial de Tahana Harishona (l’Ancienne gare), en passant au-dessus de la vallée de Hinnom (la Géhénne) et par le mont Sion, pour s’arrêter (dans un premier temps) non loin de la porte des Immondices de la Vieille Ville, qui donne accès au Mur Occidental et qui se trouve à proximité du site archéologique connu sous le nom de la « Cité de David ».

Les partisans du projet soutiennent que le téléphérique en plus d’être un moyen d’attirer les touristes, permettra de décongestionner la circulation aux abords des lieux saints et touristiques de la Vieille Ville de Jérusalem. Et ce, de manière écologique (moins de bus donc moins de pollution), rapide, efficace et a priori silencieuse.

Leur argumentation repose sur le fait que 4 millions de touristes se rendent chaque année en Terre Sainte. Jérusalem étant une destination quasi-incontournable. La télécabine pourrait transporter aux heures de pointe jusqu’à 3 000 personnes par heure dans 72 cabines.

Objections balayées

Pour autant, les pétitions contre le projet n’ont pas manqué. Au début du printemps, on ne comptait plus leur nombre venant d’urbanistes, d’architectes, d’archéologues, ou encore de guides touristiques, d’écologistes, d’ONG, de groupes religieux ou de Palestiniens. Beaucoup sont montés au créneau pour empêcher le projet de voir le jour.

Certains ont dit craindre que le projet renforce la présence juive dans le quartier arabe de Silwan, qui se situe au-dessus de la « cité de David », quand d’autres redoutent que le téléphérique endommage la Vieille Ville de Jérusalem en plus de ne faire que déplacer le problème des engorgements routiers dans d’autres quartiers.

C’est ainsi que le 13 mars dernier, 27 architectes internationaux avaient envoyé une lettre à la presse israélienne demandant au gouvernement de mettre un terme au projet « promu par de puissants groupes d’intérêt, dénonçaient-ils, qui placent le tourisme et les programmes politiques avant la responsabilité de la sauvegarde des trésors culturels de Jérusalem. » Les signataires insistaient sur le fait que « le paysage ancien de Jérusalem est un patrimoine précieux pour toute l’humanité. Ses valeurs religieuses et culturelles ne doivent pas être sacrifiées à des intérêts à court terme. »

Ils emboîtaient le pas à environ 70 architectes, archéologues et personnalités publiques israéliens (dont quatre lauréats du Prix Israël), qui avaient signé aussi en octobre une lettre d’avertissement demandant l’annulation du projet : « Jérusalem n’est pas Disneyland et ses trésors paysagers et son patrimoine ne sont pas à vendre. »

Dans son communiqué signé hier, rapporte Haaretz, le Comité national des infrastructures a balayé ces préoccupations, qualifiant le projet de « modernisation de l’infrastructure matérielle dans la zone du mur occidental et d’amélioration du système problématique des transports en commun. » Le comité a également souligné que le projet n’appelait pas de travaux de grande ampleur dans une zone sujette à de « sensibles et délicates » frontières historiques, religieuses et culturelles.

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