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« Essor des écoles en Terre Sainte » : expo photos à Paris

Christophe Lafontaine
29 août 2019
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« Essor des écoles en Terre Sainte » : expo photos à Paris
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Du 11 au 30 septembre à Paris, une exposition de photos anciennes ambitionne de mettre en lumière le développement de la présence des écoles (catholiques) en Terre Sainte de la fin du XIXème siècle aux années 60. Zoom.


« Essor des écoles en Terre Sainte » est une expo qui arrive à point nommé en cette période de rentrée scolaire. Un choix de pas moins de 45 photos en noir et blanc propose de parcourir et mettre en relief l’évolution – de 1895 aux années 60 – des écoles en Terre Sainte, particulièrement celles qui étaient catholiques (mais qui étaient aussi ouvertes aux autres chrétiens et également aux non-chrétiens). Cette sélection joue à la faveur de ces écoles car les photos exposées (pour la plupart inédites en France) ont été tirées essentiellement des fonds photographiques d’acteurs appartenant à l’Eglise catholique latine qui se sont engagés dans l’éducation en Terre Sainte comme la Custodie de Terre Sainte, le Patriarcat latin de Jérusalem, les sœurs de Sion, les sœurs de Saint-Joseph, les sœurs du Rosaire, ou encore les Salésiens. Les clichés couvrent géographiquement ce qui correspond aujourd’hui à l’actuel Israël et aux Territoires palestiniens et à la Jordanie d’aujourd’hui.

Photos de classes, excursions scolaires au bord de la méditerranée, apprentissage d’un métier (boulangerie ou couture par exemple), scènes de théâtre et déguisements, orchestres… Toutes illustrent à leur manière (visages, vêtements, environnement) la vie de ces écoles ainsi que l’éducation qui y était dispensée à l’étude, à la paix, à l’ouverture et au respect des autres, sans prosélytisme. Les photos témoignent de l’époque où les techniques n’étaient pas à l’instantané et où l’on posait et se mettait en scène… pour la postérité ! Être photographié, pour les élèves comme pour les enseignants, commandait le plus souvent de garder un air sérieux et le sourire se faisait naturellement rare. Même si certains clichés laissent entrevoir l’œil malicieux d’un élève ou le détail d’une chaussure mal mise au pied d’un enfant.

Les photos numérisées par l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf) et imprimées sur PVC – ce qui signifie qu’elles sont idéalement transportables – pourraient très bien servir à d’éventuelles futures expositions dans les établissements scolaires de France voire de Terre Sainte un jour, qui sait ? Pour l’heure, elles seront présentées du 11 au 30 septembre à Paris, dans une unique et même salle, au siège du Réseau Barnabé. De fait, c’est l’animatrice de cette plateforme de coopération entre les établissements scolaires catholiques en France et les écoles chrétiennes de Terre Sainte, qui a été nommée commissaire de l’exposition.

Quatre axes pour une expo

Alice de Rambuteau explique ainsi que la manifestation culturelle s’articule autour de quatre axes qui s’avèrent plus thématiques que chronologiques. La première série de photos, consacrée à la « présence ancestrale dans l’éducation », veut mettre à l’honneur le rôle des franciscains de la Custodie, précurseurs des initiatives éducatives et professionnelles en Terre Sainte. Une deuxième série de clichés revient sur la prise de conscience, tôt, du Patriarcat latin de Jérusalem (rétabli en 1847) de créer et développer des écoles. Alice de Rambuteau rappelle que l’institution s’est vraiment souciée de fournir une éducation au maximum de jeunes et d’aller chercher partout jusque dans les villages éloignés et/ou modestes, garçonnets et fillettes dès la petite enfance. En témoigne cette photo datant de 1933 prise à l’école de Zababdeh faisant figurer un groupe de petites filles dont les plus jeunes semblent n’être âgées que d’environ quatre ans. Aussi, l’exposition fait la part belle au rôle important tenu par les congrégations religieuses principalement françaises. L’exposition se conclut sur un quatrième et dernier axe intitulé « Face à la recomposition du pays et l’arrivée des réfugiés. » Il s’agit de la période de l’après-guerre israélo-arabe de 1948-1949 qui a bousculé les équilibres démographiques. Période durant laquelle les écoles de Terre Sainte ont accueilli de nombreux enfants de réfugiés palestiniens et notamment des orphelins.

Fil ininterrompu

Outre le regard ethnologique et culturel qu’elle veut apporter sur la réalité quotidienne des écoles de Terre Sainte de la fin du XIXe jusqu’aux années 60, l’exposition – qui a reçu le soutien de L’Œuvre d’Orient – témoigne de leur enracinement profond et de la qualité de leur apport chrétien dans le champ éducationnel. Nullement démenti. Pour preuve, ces écoles présentées à travers les différents clichés « sont encore majoritairement là, pleines et bien vivantes même si quelques-unes ont pu évoluer », souligne Alice de Rambuteau. « Les équipes éducatives de ces écoles restent précurseurs dans les méthodes pédagogiques employées, et sont en permanence en recherche d’évolution, malgré un contexte difficile », ajoute le Réseau Barnabé dans son communiqué qui annonce l’événement culturel.

Les auteurs des photos ont en leur temps essayé de chercher, rapporte le même communiqué, à « transmettre l’éducation à l’ouverture et à la paix. » Et c’est le cas encore dans ces écoles qui scolarisent aujourd’hui environ 35 000 élèves de rites et religions différents.

A ce titre, la récente communication du nouveau directeur général des écoles du Patriarcat latin l’occasion de la rentrée scolaire 2019/2020, en est l’éloquente démonstration. Dans son message, le père Jamal Daibes Khader qui sera présent au vernissage de l’exposition le 12 septembre, explique le slogan choisi pour l’année qui s’ouvre « Construire l’homme, tous les hommes ». Après avoir rappelé que l’éducation inclut les étudiants dans tous les aspects de « l’apprentissage », du « développement psychologique et social », de la « construction de la personnalité » ou encore des « valeurs » ou du « développement de la communauté » et des « talents », le père Khader signe : « l’éducation dans nos écoles est inclusive et humaine, et prépare les étudiants à servir leur communauté et leur pays. »

Aussi la suite logique de cette première exposition sur l’« essor des écoles en Terre Sainte » serait-elle dans l’idéal, d’ici deux ou trois ans selon Alice de Rambuteau, d’organiser une nouvelle manifestation sur la vie des écoles cette fois depuis les années 60 et mettre en valeur et en couleur leur dynamisme, leur soif de professionnalisme, d’échanges avec l’extérieur, de renouvellement dans les formations et les initiatives pédagogiques.

Informations pratiques :

  • Exposition « Essor des écoles en Terre Sainte » du 11 au 30 septembre 2019, du lundi au vendredi de 9H à 19H (le samedi, sur demande)
  • Au 76, rue des Saints-Pères, Paris 7e (M° Sèvres-Babylone ou Saint-Sulpice)
  • Entrée libre
  • Vernissage le 12 septembre (sur inscription)
  • Le père dominicain Jean-Michel de Tarragon, responsable de la photothèque de l’Ecole biblique et archéologique française à Jérusalem et conseiller technique de l’exposition sera en France et disponible sur demande pour commenter les visites.
  • Le catalogue de l’exposition (120 pages), publié aux éditions Héritage Architectural, contient l’intégralité des photographies et notices de l’exposition. Attention : tirage limité à 500 exemplaires. Achat sur place et par correspondance, 20€. Vente réalisée au profit du fonds photographique ancien de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalemainsi que les actions de coopération du Réseau Barnabé en Terre Sainte.
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