
À 24 heures d’écart, le patriarcat latin et la Custodie de Terre sainte ont annoncé la réouverture d’écoles. Le premier à Gaza, la seconde en Syrie. Pour les enfants, retrouver une classe, c’est retrouver un avenir.
Le patriarche latin de Jérusalem l’avait annoncé il y a quelques mois. Il voulait qu’à Gaza, les enfants puissent retrouver le chemin de l’école après près de trois ans d’interruption. À Al-Quniya et à Yacoubieh, dans la province syrienne d’Idlib, il y a peu encore sous domination de groupes islamistes armés, les écoles franciscaines rouvrent leurs portes soixante ans après leur nationalisation par le régime baasiste.
Deux guerres, deux histoires différentes. Et, dans les deux cas, cette question qui taraude les institutions chrétiennes : quel avenir peut-on promettre à des enfants privés d’école ?
À Gaza, l’établissement du Patriarcat latin accueille, pour l’année 2026-2027, 1 005 élèves, de la maternelle à la terminale. Soixante-dix-sept enseignants ont repris le travail. Pendant la guerre, la paroisse de la Sainte Famille avait continué à enseigner aux enfants déplacés qu’elle abritait. Le bâtiment retrouve aujourd’hui sa vocation scolaire, alors même que manquent encore mobilier, fournitures et matériel pédagogique. L’école prévoit également des activités pour aider les enfants et leurs enseignants à traverser les blessures laissées par ces années.
Le père Gabriel Romanelli, curé de Gaza, raconte ce premier jour dans le communiqué du Patriarcat : « Aujourd’hui, nous avons vu des larmes de joie dans les yeux des enfants et des parents lorsqu’ils ont revu leurs enfants à l’école après trois ans. » La joie n’efface rien de ce qu’ils ont vécu. Elle dit simplement que leur vie ne peut se réduire à la guerre.
En Syrie, la Custodie de Terre Sainte a rouvert les écoles Terra Santa d’Al-Quniya et de Yacoubieh, dans une région ravagée par les combats. Fermées sous le régime baasiste, elles accueilleront d’abord 80 élèves chrétiens ; des préparatifs sont en cours pour recevoir, à la prochaine rentrée, des enfants d’autres confessions. Les frères Luai Bisharat et Khoukaz Masrou ont suivi les travaux qui ont rendu cette réouverture possible avec l’aide aussi de l’Œuvre d’Orient en tant que partenaire financier.
Mgr Hanna Jallouf, vicaire apostolique d’Alep, mesure ce qui est en jeu. « Les jeunes ne savent ni lire ni écrire. Il est essentiel de relancer l’éducation », déclare-t-il, interrogé par AsiaNews. Il confie à la même agence le sens qu’il donne à ce travail : « Nous voulons éduquer nos enfants dans la paix, l’espérance, l’amour fraternel et l’ouverture aux autres. »
Rouvrir une classe, c’est donc bien davantage que remettre des tables devant un tableau. C’est permettre aux enfants d’apprendre à lire, mais aussi de découvrir d’autres idées et de rencontrer ceux qui ne leur ressemblent pas. C’est donner aux familles une raison de rester et à celles qui ont fui la possibilité d’envisager un retour. « Une école qui rouvre ses portes est un village qui renaît », a déclaré le custode de Terre Sainte, le père Francesco Ielpo, selon l’agence SIR.
À Gaza comme en Syrie, le Patriarcat latin et la Custodie engagent des personnes, des moyens et du temps pour les enfants dont ils prennent soin. Restaurer leur dignité, leur offrir une éducation ouverte au dialogue, bâtir avec eux un avenir : cela ne se paie pas de mots. Cela commence par une porte d’école que l’on ouvre.
Sources :
Sur le site de la Custodie de Terre Sainte : En Syrie, les Écoles Terra Santa rouvrent leurs portes. À Yaqubiya et Al Quniya, l’espérance renaît
Sur le site du patriarcat latin : Réouverture officielle de l’école du Patriarcat latin de Gaza



