Présentation des résultats des fouilles et de la restauration du Saint-Sépulcre
Le 8 septembre, les représentants des communautés religieuses se sont réunis à Jérusalem pour faire le point sur les travaux menés dans le complexe du Saint-Sépulcre. La phase des fouilles archéologiques est désormais achevée. L’équipe se consacre à présent à l’étude des vestiges et à la reconstitution des différentes étapes de l’histoire du lieu, tandis que se poursuivent parallèlement la restauration du pavement et l’installation des nouveaux équipements techniques.
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La rencontre s’est déroulée en présence de la professeure Antonella Polimeni, rectrice de l’Université La Sapienza de Rome. Elle a réaffirmé l’engagement de l’université dans un projet scientifique de grande envergure, mené dans l’un des lieux les plus riches au monde sur le plan historique. Selon la rectrice, la collaboration entre le Patriarcat grec-orthodoxe, la Custodie de Terre Sainte et le Patriarcat arménien a donné naissance à un projet dont la portée dépasse largement les seules découvertes archéologiques.
Dr Antonella Polimeni – Rectrice de l’Université La Sapienza – Rome
Au-delà de la dimension scientifique, nous ne pouvons pas oublier que les fouilles du Saint-Sépulcre constituent aussi une expérience de dialogue, de communication entre différentes sensibilités et différentes confessions. Je dis toujours qu’il s’agit d’une sorte de concentré de diplomatie scientifique. Et peut-être qu’en cette période, cela représente au mieux ce que l’université peut et doit faire : être un trait d’union dans le dialogue entre différentes sensibilités, différentes populations et différentes confessions. C’est un engagement important qui a toujours été soutenu par l’université — et je tiens à le souligner — notamment en faveur de nos jeunes chercheurs et de nos doctorants. Il s’agit d’une expérience professionnelle, du point de vue de la recherche, absolument incomparable, mais aussi d’une expérience humaine dont, je le crois, ils garderont les fruits tout au long de leur vie.
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Les travaux de restauration ont déjà bien progressé : la mise aux normes des installations techniques est désormais achevée dans une grande partie de la Basilique, sous la coordination de l’entreprise Manens ; le nouveau pavement a été posé sur environ deux tiers de la surface, sous la coordination de la Fondation Centre de conservation et de restauration La Venaria Reale. Des propositions ont également été présentées pour certains espaces spécifiques, notamment la zone située devant l’Édicule, ainsi qu’un plan de suivi et de maintenance après l’achèvement des travaux.
Le lancement de la restauration de la porte d’entrée en bois du Saint-Sépulcre a également été annoncé. Les travaux sont dirigés par Roberto Saccuman. La porte originale a été démontée et remplacée provisoirement, tandis que les travaux d’analyse et de restauration se poursuivent sur le parvis situé devant la Basilique. Les premiers résultats des recherches sont réunis dans l’ouvrage Hagia Polis Project, premier volume d’une collection consacrée au projet.
Prof. Francesca Romana Stasolla – Archéologue – Université La Sapienza – Rome
Le premier volume a été consacré au projet dans son ensemble. Il présente donc toutes ses composantes, pas seulement l’archéologie, mais aussi la restauration et la méthodologie. Précisément parce qu’il s’agissait d’une fouille particulièrement exigeante sur le plan méthodologique, nous avons jugé important d’expliciter les choix méthodologiques qui ont été faits. Nous travaillons actuellement aux volumes suivants, qui suivront évidemment un ordre chronologique.
L’étude a croisé fouilles stratigraphiques, analyses structurelles, recherches dans les archives et documentation en trois dimensions, permettant de retracer l’histoire du lieu depuis les premières activités d’extraction de la pierre jusqu’aux transformations les plus récentes, en passant par l’époque du Second Temple et la construction du sanctuaire chrétien à l’époque constantinienne.
Au cours de la rencontre, le projet d’une exposition itinérante consacrée aux résultats des fouilles a également été présenté. Celle-ci pourrait permettre de faire découvrir à un public international les vestiges, les reconstitutions numériques et les contenus audiovisuels, en racontant l’histoire du Saint-Sépulcre avec toute la rigueur scientifique nécessaire, sans perdre de vue la dimension religieuse du lieu.
Fr. Francesco Ielpo, ofm – Custode de Terre Sainte
Il s’agit certainement de l’une des fouilles les plus importantes de ces dernières années, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en raison du lieu où elles ont été menées : la Basilique du Saint-Sépulcre, le lieu le plus sacré de toute la chrétienté, c’est-à-dire pour toutes les confessions chrétiennes. Ensuite, parce qu’il s’agit d’un travail extrêmement important, réalisé avec des techniques et des méthodologies de pointe, faisant appel à différents spécialistes du domaine à travers l’Université La Sapienza de Rome, qui s’est véritablement montrée à la hauteur d’une fouille aussi importante. Enfin, parce que ces travaux se sont déroulés dans une période difficile : rappelons qu’ils ont été menés pendant la pandémie de Covid, puis dans le contexte d’un conflit, et donc dans des conditions particulièrement difficiles et défavorables.
Le projet réaffirme ainsi l’importance de la collaboration entre les institutions scientifiques et les communautés religieuses pour préserver et transmettre un patrimoine d’envergure mondiale.




