Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Un avant-goût de la Jérusalem céleste – TSM 652

M.-A. Beaulieu
9 décembre 2017
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La photo (au-dessus) est celle d’un groupe de jeunes pèlerins franciscains siciliens en visite au mur Occidental, dit (improprement) des lamentations. Elle a été prise par Yishay Shavit un guide israélien qui passait par là. Un prêtre ici ou là au Kotel, on le voit presque tous les jours. Mais le col romain fait moins d’effet que la bure.


Ainsi Yishay épingla-t-il sur son mur Facebook la photo. Elle ne manqua pas de susciter les réactions de ses amis juifs. La question la plus intéressante étant : “Mais que font-ils là ?” Autant vous dire que certains juifs voient dans la présence de chrétiens au mur occidental une provocation. Sans aller jusque-là, la plupart des juifs s’interrogent “pourquoi un chrétien va-t-il prier au Kotel ?” D’évidence il n’est pas sur les traces de Jésus – qui lui se rendait en haut, sur l’esplanade du temple, en entrant selon toute vraisemblance par les portes aménagées dans le mur sud et aujourd’hui murées.

Comme je partageai cette photo sur mon propre mur, quelqu’un commenta : “Notre temple c’est Jésus”. Pour ma part, je préfère l’expression paulinienne “Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu” (1 Co 3, 16), il reste que la question taraude : Quelle place a ce mur dans notre foi ou dévotion ? Qu’allons-nous faire au Kotel en tant que chrétiens ? Certainement trouverait-on bien des réponses allant de la simple curiosité pour ce qui fait une part importante du judaïsme actuel comme passé, à la communion de prière avec le peuple juif.

Rayonner du Christ

Mais alors que les franciscains célèbrent cette année les 800 ans de leur arrivée sur la terre de Jésus, me revient à l’esprit le fondement de cette installation : être présent, vivre au milieu. Dans un article sur les Missions Étrangères de Paris, je lisais cette exhortation au départ des 7 missionnaires envoyés en Asie cette année à “n’emporter que le Christ et l’Évangile”.

Elle était suivie de cette affirmation : “Les nouveaux missionnaires trouveront leur manière d’annoncer l’Évangile : dialogue interreligieux, soutien aux plus pauvres, accueil des personnes marginalisées.” Le prosélytisme est interdit en Israël. Et l’on manie de nos jours et à juste titre avec circonspection l’idée de “convertir” les juifs (et les musulmans aussi d’ailleurs). Reste que rayonner du Christ est non négociable dans la vocation de baptisés.

Au final, sur le mur de Yishay, il y eut surtout des commentaires positifs. La plupart de ses amis se sont même inquiétés de savoir si aucun juif ne leur avait fondu dessus pour leur reprocher leur présence. Et Yishay de répondre :
“Non, tranquille, tout le monde priait Dieu. Jérusalem céleste”. Un avant-goût en sorte.

Dernière mise à jour: 29/01/2024 16:41

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