Du 9 au 14 juin, le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pizzaballa, s’est rendu en France. Partout, il a invité ses auditoires à ne pas oublier la communauté chrétienne de Terre Sainte et à apaiser les perceptions du conflit qui lamine son diocèse.

↗ Sous les ors de la République
Mardi 9 juin, après un entretien avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le patriarche Pizzaballa a été reçu en entretien privé par le Président de la République, Emmanuel Macron.
Sur proposition du Consulat général de France à Jérusalem, le Président lui a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. Fait rare à l’Élysée, la presse était absente. La rencontre n’en fut que plus chaleureuse et cela permit aussi au récipiendaire de répondre au discours du Président.
Il commença par un trait d’humour pour souligner l’excellence des services français qui permirent au discours d’être émaillé de renseignements “connus de quelques personnes seulement”.
Plus sérieusement, il souligna ne pas recevoir cet honneur pour lui mais pour l’Église de Terre Sainte et spécialement toutes les congrégations, religieux et religieuses français qui ont œuvré et continuent de le faire dans le diocèse.

↗ Moment intime
La cérémonie s’est poursuivie par un temps de rencontre amicale avec la quarantaine d’invités.
Les deux vice-présidents de la Conférence épiscopale, le Grand Rabbin Haïm Korsia, Mmes les ambassadrices de Palestine et de Jordanie et autres officiels au premier rang desquels le Consul général de France à Jérusalem. Et surtout les proches de la Terre Sainte, Mgr Hugues de
Woillemont, directeur de l’Œuvre d’Orient et son
Excellence Christian Piotre, Lieutenant pour la France de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre.
Pour représenter sa famille religieuse, le Ministre provincial des Franciscains, frère Frédéric-Marie Le Méhauté, qui l’avait rejoint, entouré de quelques amis.

↗ Avec les Chevaliers et Dames du Saint-Sépulcre
La journée du 9 juin se poursuivit avec la Conférence épiscopale de France, puis avec les Chevaliers et Dames de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre.
En prière d’abord, à l’église Saint-Roch pour des vêpres solennelles, suivies d’un partage sur la situation de la Terre Sainte puis d’un rafraîchissement avec la centaine de personnes présentes.
Les membres de l’Ordre ont pour vocation la sanctification de leur vie en offrande à la Terre Sainte et de subvenir aux besoins financiers des œuvres du patriarcat latin de Jérusalem, sur leurs deniers propres ou en sollicitant des dons.
↙ Le Sénat mais pas l’Assemblée
Le lendemain 10 juin, la journée du patriarche commençait au Sénat par un petit déjeuner avec des sénateurs de tous bords membres du groupe de liaison avec les chrétiens d’Orient, les minorités au Moyen-Orient et les Kurdes, avant une rencontre avec le président Larcher.
Ces entretiens ont été organisés par l’Œuvre d’Orient qui avait également sollicité une rencontre avec des députés. Rencontre à laquelle a opposé une fin de non-recevoir la présidente du perchoir.


↙ Un peu de tourisme
Après avoir consacré le reste de la matinée à l’Œuvre d’Orient, ses dirigeants pour des réunions de travail et ses volontaires pour un temps d’échanges, le cardinal Pizzaballa a pu profiter d’une visite privée de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
L’Œuvre d’Orient a considérablement étoffé sa présence en Terre Sainte ces dernières années et le bénéfice s’en fait heureusement sentir à la présence chrétienne.
“Ce que j’ai perçu ici, a dit le patriarche en conclusion de son séjour, c’est une préoccupation profonde pour la vie et les problèmes de la Terre Sainte. Il n’était pas nécessaire que j’explique ce que nous vivons : tout le monde le savait déjà. Ce qui intéressait surtout les personnes rencontrées, c’était de comprendre comment nous vivons à l’intérieur de cette situation”.
↙ Le messager de la paix
À la Direction diocésaine de l’enseignement catholique, siège aussi du Réseau Barnabé au service des écoles chrétiennes en Terre Sainte, le cardinal s’est adressé à une assemblée attentive sur le thème “Jérusalem, modèle d’union, de sainteté et de diversité”.
Là, comme le lendemain en conférence de presse devant une quarantaine de journalistes, le cardinal s’est fait l’inlassable messager de la paix, insistant sur le réseau des écoles chrétiennes. Toute éducation à la paix commence par la non-violence et la non-violence commence par le contrôle de notre langage. Il doit refléter une attitude d’ouverture à l’autre.

↙ Pour le cœur de Jésus
C’est une invitation lancée par le père Etienne Kern, recteur de la basilique de Paray-le-Monial, qui a motivé en premier lieu la venue du patriarche en France. Pour ancrer l’universalité du message du sanctuaire qui avait fêté ses 350 ans en 2024, le recteur voulut rappeler que Jérusalem était la première ville du Sacré-Cœur.
La Providence aidant, le patriarche – qui reçut de sa mère la dévotion au Sacré-Cœur – consacra trois jours entiers durant lesquels il donna deux enseignements et présida aux célébrations de la fête. On peut retrouver les vidéos sur la chaine YouTube à l’adresse @SanctuaireSacreCœur.

↙ Un enseignement original
Des enseignements donnés par le cardinal Pizzaballa on retiendra que le Sacré-Cœur n’est pas une dévotion mais un programme de vie. Le cœur du Christ est un modèle pour penser, aimer, décider, agir. Le cœur de Jésus se manifeste précisément au moment où aimer devient le plus difficile. C’est pourquoi Gethsémani est le véritable lieu du Sacré-Cœur. Il se manifeste aussi comme modèle pour apprendre à pardonner.
Dans le contexte de la Terre Sainte, cette spiritualité prend une dimension particulièrement concrète.
Quand on cherche à devenir un cœur qui choisit d’aimer, accepte de souffrir, refuse la haine, regarde le mal en face sans le nier, ouvre un chemin de pardon et fait de l’Église une communauté capable de guérir les relations blessées.

Dernière mise à jour: 13/07/2026 16:18

