
Au cours d’une conférence de presse convoquée à Jérusalem cet après-midi, le patriarche Pierbattista Pizzaballa et le père Francesco Ielpo ont réaffirmé les droits de l’Église catholique dans les Lieux saints.
(g.s.) – Cet après-midi à Jérusalem, le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa et le custode de Terre Sainte, le père Francesco Ielpo, ont rencontré les journalistes au siège du patriarcat. La conférence de presse, fixée depuis plusieurs jours, aurait dû se concentrer sur Pâques et sur sa signification pour la communauté chrétienne dans cette nouvelle saison de guerre dans la région du Moyen-Orient.
L’incident survenu le dimanche des Rameaux dernier, lorsque la police israélienne a empêché les deux hommes d’Église de rejoindre la basilique du Saint-Sépulcre pour les célébrations prévues, a imposé de mettre l’accent sur certains aspects particuliers et non secondaires.
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Le premier à prendre la parole a été le frère Ielpo, qui a lu en anglais une déclaration visant à mettre les points sur les i et à défendre les droits de l’Église, sans intention polémique mais également sans hésitation (cliquez ici pour la version intégrale de l’intervention en français).
Voici en résumé les concepts exprimés par le père Ielpo et partagés par le patriarche :
• L’Église catholique dans les Lieux saints possède des droits qu’elle considère comme « essentiels et non négociables » face à toute institution politique qui gouverne le territoire.
• Depuis sept siècles, la présence continue et stable des frères de la Custodie de Terre Sainte — aux côtés des moines de l’Église grecque orthodoxe et de l’Église apostolique arménienne — assure le soin des principaux Lieux saints et a été reconnue au fil du temps et respectée par tous les gouvernants qui se sont succédé.
• La communauté de frères qui réside de manière permanente à l’intérieur de la basilique du Saint-Sépulcre assure en tout temps et en toute circonstance, même la plus difficile, la continuité dans la prière et dans le culte.
• Le custode de Terre Sainte (quel qu’il soit) est le supérieur (des franciscains) du Saint-Sépulcre et n’a besoin d’aucune permission — pas même de la police — pour y accéder et y exercer son droit, qui ne peut être compris comme un privilège.
• Des milliards de fidèles chrétiens regardent vers Jérusalem et vers ses sanctuaires. Le gouvernement d’Israël ne peut l’oublier et a également des responsabilités à leur égard : il doit garantir, même lorsque c’est difficile, le déroulement des prières, en trouvant les solutions appropriées en accord avec les responsables ecclésiastiques des Lieux saints, avec lesquels le dialogue doit être maintenu constamment.
• La liberté de culte de toutes les religions à Jérusalem doit être respectée.

En répondant aux questions des journalistes, le frère Ielpo a ensuite ajouté que le patriarche latin de Jérusalem, comme tout autre évêque diocésain, a le droit-devoir de présider les rites de la Semaine sainte. Un devoir encore renforcé, si l’on peut dire, par les normes et les coutumes du Status Quo, qui régissent les liturgies et le culte dans la basilique du Saint-Sépulcre.
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Pour sa part, le cardinal Pizzaballa a ajouté, en parlant librement, quelques considérations. La communauté catholique de Terre Sainte n’entend pas continuer à se plaindre de ce qui s’est produit dimanche dernier, mais préfère regarder vers l’avenir. Ce qui s’est passé a toutefois permis de clarifier certains malentendus et de rendre évidentes les valeurs en jeu. La liberté religieuse et la liberté de culte, a-t-il répété, les chrétiens ne la demandent pas seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour les croyants de toutes les religions en Terre Sainte.
Dans tous les cas, une fois le respect des principes assuré, les autorités ecclésiastiques entendent se conformer aux directives du Commandement du Front intérieur en matière de sécurité et de protection civile. Ainsi, dans les paroisses et dans les célébrations — y compris pendant la Semaine sainte — devront être respectées les limites concernant les rassemblements, là où il n’existe pas à proximité des abris antiaériens sûrs.
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Le patriarche a ensuite remercié tous ceux qui, dimanche, ont rapidement exprimé leur soutien et leur proximité. Il n’a pas énuméré toutes les personnalités gouvernementales étrangères qui sont intervenues, mais il a voulu remercier explicitement le président israélien Isaac Herzog, dont l’intervention a été décisive pour parvenir à résoudre l’incident. Tant le cardinal Pizzaballa que le frère Ielpo ont toutefois précisé que dimanche matin, au cours de l’intervention de la police, personne n’a dépassé les limites. Tous se sont comportés de manière civile et digne, sans élever le ton.
Une question relative à la nouvelle loi sur la peine de mort approuvée hier par le parlement israélien ne pouvait manquer. Tant le cardinal que le père custode se sont dits attristés, en se référant à la doctrine sociale de l’Église qui, depuis longtemps déjà, considère comme injustifiable le recours à la peine capitale. Le patriarche Pizzaballa a ajouté un autre motif d’amertume : cette décision, a-t-il déclaré, ne fera qu’approfondir le fossé de méfiance et de haine entre Israéliens et Palestiniens.



