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À Latroun, les vendanges se vivent autant qu’elles se récoltent

Régis Hutin
13 août 2026
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Vendanges à la fraîche ©Latroun

Les vendanges à Latroun sont bientôt terminées, mais les cisterciens comptent déjà sur vous pour venir vivre avec eux ce temps fort. À moins que vous ne lui préfériez la cueillette des olives ou la taille des vignes… pour vivre auprès d’eux et de tous les bénévoles une expérience unique.


H – M.-A.B] – Les vendanges du monastère cistercien de Latroun battent leur plein. Commencées le 30 juillet, elles devraient s’achever vers le 21 août.

Demandez à quiconque s’est prêté à l’exercice : si le travail est exigeant, la plupart témoigneront surtout de l’expérience humaine. Celle de Latroun ne fait pas exception, elle se démultiplie peut-être.

En premier lieu, parce que les propriétaires des vignes sont des moines. Leur vie alterne prière et travail. Ensuite parce que le domaine viticole du monastère est planté en « Terre sainte » dont il partage toute l’histoire, la sainte et l’autre. D’ailleurs, il suffit de regarder une carte pour s’apercevoir que la propriété se situe sur ligne de fracture historique entre Israël et la Palestine.

Le numéro 687 de Terre Sainte Magazine contient un dossier intitulé Fruit de la vigne et du travail des hommes.

De Crémisan à Latroun, en passant par Bethléem nous sommes allés à la rencontre de chrétiens qui produisent vins et alcool. Et répondions à la question : qu’est-ce qui fait le vin casher ?

Et pourtant, la magie opère.

Les grappes sont cueillies dès les premières heures du jour, avant que la chaleur ne devienne écrasante.

Dans les rangs de vigne, l’image biblique des vendangeurs prend soudain un visage bien réel. Moines, ouvriers agricoles et volontaires travaillent côte à côte. Les conversations se mêlent au cliquetis des sécateurs, tandis que les caisses se remplissent peu à peu.

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En plus des dix ouvriers palestiniens, il y a des saisonniers Thaïlandais et Indiens. À leur côté, des bénévoles israéliens, palestiniens, américains, écossais etc.  Personne n’est en trop pour récolter les 95 tonnes prévues. Elles devraient produire 60 000 litres qui feront 80 000 bouteilles d’une très bonne année. La clémence du printemps aura fait merveille sur le taux d’acidité.

Mais pour les bénévoles, l’essentiel n’est pas là.

Quand on vous dit que c’est une belle expérience. ©Latroun

Le travail dans les vignes leur permet de construire un espace paisible au milieu du chaos de l’actualité, un lieu de rencontre sur une frontière symbolique et historique. Des mondes qui cohabitent sans pour autant communiquer se rencontrent ici.

Certains viennent pour quelques jours, d’autres reviennent chaque année. Tous découvrent qu’ici, le travail de la terre crée spontanément des rencontres que le contexte politique rend parfois impossibles ailleurs.


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Dans cette campagne paisible, chacun apporte son énergie, ses questions, son histoire. Les pauses deviennent des moments d’échange où les barrières tombent naturellement. Le vignoble offre ainsi un espace rare où des personnes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées ailleurs apprennent simplement à travailler ensemble.

Les volontaires découvrent également un autre rythme de vie : celui de la communauté monastique. Les frères parlent peu, fidèles à leur vocation de silence. Pourtant, leur complicité est manifeste. Un regard, un sourire ou un geste suffisent souvent à se comprendre. « La parole peut agir comme un voile ; malgré le silence, nous nous connaissons très bien ! », commente frère Daniel avec un sourire.

L’expérience ne se limite pas aux vendanges. Tout au long de l’année, l’abbaye accueille des bénévoles désireux de donner un peu de leur temps. À l’automne, entre octobre et novembre, ils participent à la récolte des olives. En hiver, de janvier à mars, ils prêtent main-forte pour la taille des vignes.

Ces séjours sont l’occasion de partager le quotidien des moines, de découvrir la Terre Sainte autrement et de vivre une expérience simple, faite de travail, de silence, de fraternité et de rencontres.

Les personnes, familles ou groupes souhaitant participer à l’une de ces périodes de volontariat peuvent prendre contact avec la communauté de Latroun pour connaître les prochaines possibilités d’accueil.

Pour tout renseignement contacter Frère Daniel : Bratr.daniel@gmail.com

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