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Jérusalem n’avait pas vu de telles pluies en août depuis 150 ans

17 août 2026
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Passants surpris par la pluie dans les rues de Jérusalem le 15 août 2026 ©Yossi Zamir/Flash90

Jérusalem et le désert de Judée ont connu samedi 15 août des pluies exceptionnelles pour un mois d’août. Vidéos à l'appui.


À Jérusalem, la première pluie est toujours un événement. Mais la voir tomber à torrents le 15 août, au cœur de l’été, relève de l’inédit. Samedi après-midi, des trombes d’eau ont dévalé les pentes du mont des Oliviers tandis que les Franciscains s’apprêtaient à gagner en procession le tombeau de la Vierge, à deux pas de Gethsémani, où ils célébraient les secondes vêpres de l’Assomption.

Dans plusieurs secteurs de Jérusalem-Est, les canalisations n’ont pas absorbé la violence des précipitations. Des rues ont été inondées, des véhicules immobilisés et des personnes secourues. Le centre de Jérusalem a reçu environ 5 millimètres de pluie, mais les quantités ont été beaucoup plus importantes dans les quartiers orientaux et au-delà de la ville. À Maale Adumim, la colonie à la porte du désert en descendant vers Jéricho, 26 millimètres ont été relevés, dont 21 en une heure. En Cisjordanie au sud de Jérusalem, 15 millimètres sont tombés en très peu de temps.

Selon le Service météorologique israélien, il faut remonter au milieu du XIXe siècle pour trouver des données comparables dans la région de Jérusalem et du désert de Judée. Jusqu’ici, le maximum enregistré en juillet ou en août sur le mont des Oliviers n’était que d’un millimètre. Autrement dit, on n’avait rien vu de tel depuis au moins 150 ans — voire 170 selon certains sites. Le phénomène a battu les records historiques du mois d’août dans les monts de Judée d’après la presse israélienne.

⬇︎ À l’entrée du jardin de Gethsémani ⬇︎

Les météorologues évoquent un lien possible avec le puissant épisode El Niño en cours de formation. Au mois de juin, l’Organisation Météorologique mondiale (OMM) publiait un bulletin d’alerte sur le phénomène. Il correspond à un réchauffement inhabituel des eaux du Pacifique équatorial. Aussi lointain soit-il, il modifie les circulations atmosphériques et peut bouleverser la répartition des pluies à l’échelle du globe. Il ne suffit pas, à lui seul, à expliquer chaque orage, mais il favorise la multiplication d’événements météorologiques extrêmes. L’Organisation météorologique mondiale avait d’ailleurs averti qu’un El Niño potentiellement puissant pourrait déplacer fortement les régimes de précipitations au cours des prochains mois.

Le lendemain, 16 août, la pluie s’est déplacée vers la vallée du Jourdain. Il est tombé 12,4 millimètres à Gitit et 10,4 à Bekaot, parfois au rythme stupéfiant d’un millimètre par minute. Les wadis du désert de Judée, notamment le Nahal Og et le Nahal Kedem, se sont brusquement remplis.

⬇︎ Exceptionnelles images dans le désert, filmées au drone – dans le Nahal Og⬇︎

Sur les réseaux sociaux, les vidéos se sont multipliées à la mesure de la stupéfaction générale. Dans ces lits de pierre desséchés, soudainement traversés par des eaux bouillonnantes, la parole du psaume 125 prenait corps : « Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. »

La rédaction de Terre Sainte Magazine souhaite que la pluie tombe sur tous les pays qui en ont désespérément besoin, particulièrement sur ceux où les incendies dévorent les forêts, les terres et les maisons.

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