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Une église baptiste de Jérusalem vandalisée

Terrasanta.net
24 février 2012
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La dernière cible de vandalisme dans la ville est une église baptiste de Jérusalem Ouest. Dimanche dernier dans la nuit, ses murs ont été couverts de graffitis tandis que les pneus de certaines des voitures garées dans son parking étaient lacérés. L’attaque de l’église baptiste de la rue Narkis intervient alors qu’une série d’incidents du même type, dont les cibles étaient des institutions musulmanes, chrétiennes et de gauche.


(Milan/e.p.) – La dernière cible en date du vandalisme qui sévit dans la ville est une église baptiste de Jérusalem-Ouest dont les murs ont été couverts de graffitis dimanche soir tandis que les pneus de certaines des voitures garées dans son parking étaient lacérés.

L’attaque de l’église baptiste de la rue Narkis intervient alors qu’une série d’incidents du même type, dont les cibles étaient des institutions musulmanes, chrétiennes et de gauche, ont eu lieu dans la capitale ces deux derniers mois. Au début du mois de février, un monastère grec orthodoxe de Jérusalem a également été pris pour cible.

Dans la plupart des cas, les mots « prix à payer » sont tagués sur le bâtiment visé. Ces mots désignent désormais tout acte de violence aveugle, commis par des colons juifs israéliens radicaux, qui souhaitent faire payer leurs victimes (généralement des Palestiniens ou l’armée israélienne) pour toute mesure des autorités israéliennes nuisant à leurs intérêts.

On ignore si les auteurs de cette politique du « prix à payer » sont plusieurs milliers ou plusieurs dizaines seulement. Ils ont, en tout cas, été publiquement condamnés par le Premier ministre Benjamin Netanyahou et des hommes politiques israéliens de tous bords, ont dénoncé ces incidents devenus fréquents depuis le retrait israélien de Gaza en 2005.

En décembre 2009, Terrasanta.net rapportait qu’un graffiti anti-chrétien particulièrement injurieux avait été tagué en hébreu sur le mur de l’église de la Dormition, un acte de vandalisme parmi beaucoup d’autres à l’époque. Durant ce même mois de décembre, des vandales avaient également profané la cathédrale de la Sainte Trinité de la Mission Ecclésiastique Russe à Jérusalem, en inscrivant « Mort » et « Mort aux chrétiens » sur ses murs.

Ironie de l’histoire : l’Eglise Baptiste compterait parmi ses membres, des fidèles favorables aux colons et à la politique de colonisation israélienne et entretenant des relations avec de hauts responsables politiques israéliens.

Selon un article du rabbin Marc Gopin et d’Aziz Abu Sarah publié sur le site +972 Mag, le soutien apporté par certains chrétiens aux colons, souvent financé par des baptistes et des évangéliques américains, « est une source de revenu majeure, y compris pour les colonies les plus radicales, et constitue depuis des années  une source d’irritation constante pour le gouvernement américain comme pour l’armée israélienne ».

Ces groupes disent soutenir les colons afin de faire cesser les évacuations et justifient cet appui par des motifs d’ordre humanitaire. Cette prise de position repose sur la croyance que le fait de soutenir Israël revient à exécuter l’injonction faite par la Bible de protéger l’Etat juif – certains d’entre eux considérant que ce dernier jouera un rôle central lors du second avènement du Messie.

Pourtant Gopin et Sarah affirment que ces fonds chrétiens, qui proviennent principalement des Etats-Unis, ont en réalité constitué un soutien précieux pour des générations de jeunes colons qui participent aujourd’hui activement à ces attaques contre des églises et contre Jésus et Marie. Si telle était l’intention de leurs pasteurs, ajoutent-ils, « c’est une théologie quelque peu étrange de l’amour et du souci de l’autre dans les relations interreligieuses qui est ainsi proposée ».

Selon le quotidien Haaretz, l’église baptiste avait déjà été attaquée à deux reprises, ayant été la cible d’incendies criminels en 1982 et en 2007. Le pasteur Charles Kopp a déclaré : « Nous sommes attristés de constater que certains puissent penser que nous méritons d’être traités ainsi. Ils ne nous connaissent pas mais s’opposent apparemment à quiconque ne s’identifie pas à eux. Je ne souhaite que leur bien et je n’éprouve aucun désir de vengeance. »

L’attaque de dimanche a été condamnée par le Conseil des Institutions religieuses de Terre Sainte. Le conseil appelle chrétiens, juifs et musulmans à « respecter tous les lieux saints et les sites des trois religions » et a déclaré qu’il décourage fortement « le comportement des extrémistes qui exploitent et impliquent la religion dans un conflit politique et/ou territorial. »

Haaretz rapporte qu’ont ainsi été recensés, au cours des deux derniers mois, l’incendie de voitures appartenant à des résidents arabes du quartier de Kyriat Moshe à Jérusalem, l’inscription de graffitis dans un cimetière chrétien du mont Sion et sur les bâtiments abritant le bureau de l’association La Paix Maintenant à Jérusalem, ainsi qu’à l’adresse de Hagit Ofran, une activiste de l’association, des menaces à l’encontre de Yariv Oppenheimer, secrétaire général de La Paix Maintenant et l’incendie criminel d’une ancienne mosquée dans le quartier de Géoula à Jérusalem. « Au cours de la seule semaine dernière, une école bilingue et deux églises, dont l’église baptiste ce dimanche, ont été vandalisées », indique le journal.

Il ajoute que lors des deux attaques d’églises, les vandales ont tagué des slogans hostiles au christianisme, et à Jésus et Marie, tels que « Jésus est mort » et « Mort au christianisme ».

 

Sur la question du « prix à payer » lire aussi l’article « Prix à payer, paix retardée« 

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