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Des israéliens manifestent leur soutien aux communautés victimes de « prix à payer »

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11 mai 2014
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Des israéliens manifestent leur soutien aux communautés victimes de « prix à payer »
Dimanche 11 mai, manifestants devant la résidence du Premier ministre israélie contre les actes "prix à payer" ©Noam Revkin Fenton/Flash90

À deux semaines de l’arrivée en Terre Sainte et devant la recrudescence des attaques de types « prix à payer » spécialement contre des lieux saints chrétiens, des Israéliens ont manifesté dimanche 11 mai en fin d’après midi pour dire leur opposition à ces actes de violence.


(Milan-Jérusalem/g.s. – mab) – À deux semaines de l’arrivée en Terre Sainte et devant la recrudescence des attaques de types « prix à payer » spécialement contre des lieux saints chrétiens, des Israéliens ont manifesté dimanche 11 mai en fin d’après midi pour dire leur opposition à ces actes de violence.

Quelque 400 personnes se sont rassemblées devant la résidence du Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour demander au chef du gouvernement de prendre des mesures concrètes pour faire cesser les attaques qui se sont multipliées en Israël au nom du « prix à payer » et pour que des sanctions proportionnées soient prises contre leurs auteurs.

Ce type de manifestation plus fréquente qu’on ne le croit rassemble le plus souvent des membres laïcs de la gauche israélienne. Mais ce dimanche, on pouvait noter la présence de nombreux juifs religieux des mouvements massorti ou moderne orthodoxe qui ont expressément rejeté ces attaques au nom de la Torah, la même Torah dont prétendent s’inspirer les partisans du « prix à payer ».

Gabriel brandit l’écriteau qu’il a fait lui-même se référant au Deutéronome  (Dt 16, 20, « C’est la justice, rien que la justice, que tu rechercheras, afin de vivre et de prendre possession du pays que te donne le Seigneur ton Dieu. »). « Je suis là parce que je suis juif religieux, affirme-t-il, et parce que ces actes de violence sont contraires à nos valeurs et à notre tradition. » Plus loin dans la foule, une femme porte un écriteau « pas de Nuit de cristal à la mode israélienne ». La nuit de Cristal avait vu la destruction de plus de 200 synagogues et 7500 commerces appartenant à des juifs en novembre 1938. Pour cette manifestante, l’écrivain israélien Amos Oz, a eu bien raison vendredi dernier d’appeler les auteurs de ces actes de violence des « néo nazis hébreux ». Si tout le monde s’accorde à parler de « vandalisme inacceptable » et aspire à ce qu’un terme y soit mis au plus vite, pour autant l’expression d’Amos Oz dérange, et celle de la ministre de la Justice Tzipi Livni parlant d’actes de « terrorisme » fait débat.

De son côté, dans une conférence de presse qu’il donnait quelques heures plus tôt, Mgr Fouad Twal, patriarche latin des catholiques déclarait : « les actes de vandalisme incontrôlés empoisonnent l’atmosphère, l’atmosphère de coexistence et de coopération, tout spécialement à deux semaines de la visite du pape François »,   « Le gouvernement d’Israël doit s’inquiéter, parce que cela nuit à l’image de l’État d’Israël à l’étranger. C’est aussi une tache sur la démocratie dont se réclame Israël », a-t-il poursuivi regrettant aussi que les auteurs de ces actes soient peu recherchés et jamais condamnés

Pour les chrétiens en Israël, cette manifestation était la bienvenue alors qu’à deux semaines de l’arrivée du Saint Père, le climat s’est vu perturbé par une série d’outrages, souvent blasphématoires, à l’encontre de leur foi et de leurs communautés. Ces derniers temps, on a découvert presque tous les jours des insanités écrites sur les murs des lieux de culte chrétiens, plus particulièrement à Jérusalem. Dans la nuit du 9 mai, des graffitis en hébreu ont été découverts sur les murs de l’église roumaine de Jérusalem. Une fois de plus, il s’agissait de la « campagne » d’outrages Tag mehir (« Le prix à payer », en hébreu). Ici, ils ont fait l’éloge du roi David, de mémoire biblique, en l’opposant à Jésus. Les tags tracés dans la nuit du 5 mai aux environs des bureaux de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques – à proximité de du Centre Notre-Dame, propriété du Vatican – énonçaient clairement des menaces de mort à l’encontre « des Arabes, des chrétiens et de tous ceux qui haïssent Israël ». Quelques jours plus tôt d’autres actes de hooliganisme avaient eu lieu dans un sanctuaire de Tabgha, sur les rives du lac de Tibériade, où une lettre de menaces avait été remise à l’évêque Giacinto Boulos Marcuzzo.

Les responsables religieux des communautés chrétiennes refusent de laisser passer sous silence ces provocations répétées et ont décidé d’élever le ton des protestations, ne se limitant plus à un simple recensement de ces actes ou à leur seule dénonciation auprès des autorités policières.

Le matin du vendredi 9 mai, au nom de la Custodie de Terre Sainte, le frère Pierbattista Pizzaballa a publié un communiqué dans lequel il exprimait sa « grande inquiétude » malgré sa confiance dans les services de police et de sécurité israéliens, selon lesquelles ces attaques proviendraient de groupes extrémistes. La volonté de ces groupes serait de profaner et abîmer les lieux saints chrétiens, mais également de s’en prendre aux communautés chrétiennes elles-mêmes. Ces actes sont d’autant plus symboliques qu’ils semblent se multiplier à quelques jours de l’arrivée du pape en Israël.

«Il est difficile de ne pas remarquer à quel point ces attaques violentes se sont intensifiées à l’approche de la visite du pape », a écrit le Custode de Terre Sainte, qui conclut sa déclaration par un appel: « Nous lançons un appel à toutes les composantes (sociales) en Israël, y compris à l’appareil de sécurité, afin que des mesures d’urgence soient prises contre ces extrémistes, mais également pour assurer la sécurité publique et la protection des lieux saints des chrétiens en Israël ».

Après un week end chargé en actes, en déclarations et manifestations, l’Église désire jouer l’apaisement et se concentrer sur la visite.

Le 14 mai, commencera la neuvaine de prière en préparation au pèlerinage du saint Père, de quoi retrouver de la sérénité devant les agités.

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