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Les pays de la Terre Sainte comptent sur les pèlerins et touristes

Christophe Lafontaine
30 juin 2022
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Des pèlerins chrétiens participent à la traditionnelle procession du dimanche des Rameaux sur le Mont des Oliviers à Jérusalem le 10 avril 2022. ©Olivier Fitoussi/Flash90

Alors que le Custode de Terre Sainte a appelé le 23 juin les pèlerins à revenir à Jérusalem, la Jordanie était l’invitée d’honneur aux « 10èmes ateliers internationaux du tourisme religieux » qui se sont tenus au Portugal.


« Ici, au pays de Jésus, il n’y a pas plus de dangers qu’ailleurs ». Par ces mots, le père Francesco Patton, Custode de Terre Sainte, a voulu la semaine dernière encourager dans un message vidéo les pèlerins à venir ou revenir sur la terre du Salut. « Nous avons traversé deux années très difficiles, mais grâce à Dieu, nous nous en sortons lentement », a-t-il déclaré.

Un appel qui intervient après les affres de la pandémie et les onze jours de combats entre Israël et Gaza en mai 2021 sur fonds d’affrontements à Jérusalem, dans les villes mixtes israéliennes et en Cisjordanie.

A titre de comparaison, Israël avait accueilli 4,55 millions de touristes en 2019, à quelques mois avant la fermeture des frontières à cause du coronavirus. Pour la période de janvier à mai 2022, l’Office national israélien du tourisme a indiqué que 700 000 visiteurs s’était rendu dans le pays. Par ricochet, des villes palestiniennes comme Bethléem profitent des contingents de pèlerins, mais dans une moindre mesure.

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De quoi donner tout de même de l’espoir à ceux qui vivent du tourisme et des pèlerinages ainsi qu’aux communautés chrétiennes locales, même si – les chiffres en témoignent – cela reste encore loin des records atteints avant la pandémie. Reste à savoir dans la durée quel sera l’impact économique de la guerre en Ukraine pour les pèlerins et touristes européens occidentaux et avant tout pour les Russes et les Ukrainiens, habituellement nombreux à se rendre en pèlerinage en Terre Sainte.

Tourisme religieux

Outre l’aspect économique, le supérieur des Franciscains, gardiens des Lieux saints, a aussi voulu rappeler que les fidèles de Terre Sainte avaient besoin des pèlerins « pour avoir à nouveau le sentiment de faire partie d’une Eglise qui est universelle ». Et Francesco Patton de souligner que pour les pèlerins « le pèlerinage est une expérience de foi et nous aide à grandir dans la foi ».

On l’aura compris, le message du Custode de Terre Sainte est clair. « Nous vous attendons mes chers Pèlerins et Amis : à Nazareth, à Bethléem, à Jérusalem, en Terre Sainte ».

En parallèle à l’appel du Custode, le calendrier faisant bien les choses, une délégation jordanienne composée de l’Office jordanien du tourisme, de l’Autorité du site du baptême et du Centre catholique d’études et des médias (CCSM) participait du 23 au 24 juin, aux « 10es Ateliers internationaux du tourisme religieux » qui ont eu lieu à Fatima, au Portugal.

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C’est la première fois que la Jordanie, où 5,3 millions de touristes se sont rendus en 2019, participait à cet événement touristique mondial annuel qui a réuni cette année 47 pays participants. Le secteur touristique est crucial pour l’économie de ce pays qui ne possède pas les mêmes réserves d’hydrocarbures que ces voisins mais qui abrite des dizaines de sites bibliques.

La Jordanie sous les projecteurs

Lors des Ateliers internationaux du tourisme religieux, une session consacrée à la Jordanie a été animée par le père Rif’at Bader, du Patriarcat latin, directeur du Centre catholique d’études et des médias et membre du Conseil national du tourisme de Jordanie.

Il a, à ce titre, déclaré que le choix de la Jordanie en tant qu’invité d’honneur était « la démonstration des efforts fructueux entrepris par le ministère du Tourisme, l’Office jordanien du tourisme et la Commission du site du baptême en coopération avec les Eglises locales qui forment le pont entre les chrétiens d’Orient et d’Occident », a rapporté le site chrétien d’information arabe, abouna.org. « En outre, cette question témoigne de l’appréciation internationale de la Jordanie en sa qualité de trésor historique et religieux de la Terre Sainte parrainée par la direction hachémite de Sa Majesté le Roi Abdallah II Ibn Al Hussein».

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Amer Isam Twal, responsable de l’Office jordanien du tourisme, a souligné l’importance de visiter la Jordanie, partie intégrante de la Terre Sainte. Visiter la Jordanie selon lui, c’est « vivre une expérience unique en son genre, à savoir un mélange harmonieux d’expériences touristiques et spirituelles mêlées à l’authentique esprit jordanien de son peuple, de ses églises et de ses mosquées ».

Appel d’air attendus au Liban et en Egypte

De l’autre côté de la Terre Sainte, au Liban, en proie à la grave crise pluridimensionnelle que nous savons, le ministre du Tourisme, Walid Nassar, a déclaré à l’AFP le 22 juin dernier miser sur le retour des touristes cet été pour injecter plus de trois milliards de dollars dans l’économie du pays.

Le tourisme constituait avant 2019, c’est-à-dire avant la pandémie, avant l’explosion du port de Beyrouth et la crise financière et politique du pays, un pilier de l’économie libanaise, générant environ 9,5 milliards d’euros de recettes par an. Pour cet été, le ministre a dit s’attendre à la venue de plus d’un million de touristes dont près de 75% sont des Libanais de la diaspora qui viennent retrouver leurs familles.

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Du côté égyptien, le Premier ministre Mostafa Madbouly a rencontré le 6 juin des consultants internationaux pour examiner un projet stratégique préparé ces 18 derniers mois, avec une participation active du secteur privé, pour promouvoir le tourisme égyptien.

Le projet a été révisé à l’aune des répercussions de la guerre en Ukraine car le pays dépend fortement des visiteurs russes et ukrainiens, friands de vacances dans le Sinaï aux bords de la mer Rouge. Le Premier ministre égyptien a expliqué que le gouvernement était « prêt à adopter toutes les mesures et incitations possibles pour augmenter le nombre de touristes venant en Egypte ». Notamment en fournissant des vols à bas prix à destination du pays des pyramides.

 

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