Le 2 juillet, nous avons passé le seuil des 1 000 jours depuis le 7-Octobre 2023. Le 4 juillet, cela a fait 14 610 jours que je découvrais Jérusalem. 40 ans.
En apparence aucun rapport entre les deux chiffres. Sauf au moment de devoir rédiger un billet d’humeur et quand on cherche à ne pas écrire la même chose depuis la date qui a tout renversé sur son passage.
Durant ces 40 ans, j’ai passé 2 232 jours au monastère sur le Mont des oliviers et 7 546 jours au service des Franciscains. Cela fait donc au total 9 781 jours que je vis à Jérusalem.
Ils correspondent à environ 26,78 années (en utilisant la durée moyenne d’une année de 365,2425 jours explique l’intelligence artificielle sollicitée à la rescousse), soit 26 ans et environ 285 jours, c’est-à-dire environ 26 ans et 9 mois.
On parle de comptes d’apothicaires pour désigner un calcul inutilement compliqué.
1 000 jours depuis le 7-Octobre, soit 2 ans et 9 mois, je pose ça et je ne sais pas ce que je dois retenir…
Pourquoi faut-il que les Israéliens marquent les 1 000 jours depuis ce massacre ?
Pour en sortir ? Comme un prisonnier grave sur un mur chaque jour passé depuis son incarcération ?
“Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour.” (2 P 3, 8).
En effet, ces 1 000 jours semblent bien 1 000 ans. Et 1 000 ans en enfer.
Qu’est-ce que je fais ici ? On me dit que je ne suis ni Palestinienne ni Israélienne, ni assez pro palestinienne ni assez pro israélienne.
Je ne libère personne, je ne nourris personne, je ne soigne personne, je ne protège personne, je n’élève la voix contre personne, je ne manifeste contre personne, je ne condamne personne, je ne hais personne.
Je serais – m’a-t-on dit – lisse, inutile, voire complice du Mal.
Je suis ici parce qu’il y a 40 ans, le Seigneur m’a attachée à ce pays, où il m’a finalement appelée à vivre la plus basique mais la non moins extraordinaire vocation de fidèle laïque.
Alors, j’essaie de faire le boulot, mon devoir d’état comme aurait dit papa. J’ai bien conscience que je vis dans la Tour de Babel dont parle le pape Léon XIV et à son invitation et celle de mon patriarche, je participe à la construction de la Jérusalem nouvelle. Alors oui, il y a des jours plus lourds que d’autres, mais pas 1 ne passe sans que le Seigneur ne nous rappelle qu’il a créé l’humanité magnifique. Cool.
Dernière mise à jour: 20/09/2026 17:14

