Le pape Léon XIV a nommé, jeudi 22 janvier 2026, Mgr Giorgio Lingua nouveau nonce apostolique en Israël et délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine. Une seule et même personne pour deux fonctions distinctes, reflet de la position diplomatique singulière du Saint-Siège qui a reconnu les deux pays.
L’archevêque italien succède à Mgr Adolfo Tito Yllana, en poste à Jérusalem depuis 2021. Âgé de plus de 77 ans, le prélat philippin avait présenté sa renonciation, acceptée ce jour par le pape. Le Patriarcat latin de Jérusalem lui a rendu hommage, exprimant sa « sincère gratitude […] pour son fidèle service au cours des quatre dernières années », tout en accueillant son successeur « en confiant son ministère parmi nous à la grâce et à la bénédiction du Seigneur ».
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Dans le même communiqué, le Patriarcat rappelle que « le pape Léon XIV a confié à Mgr Giorgio Lingua une mission importante en Terre sainte », soulignant ainsi le caractère hautement sensible de cette nomination.
Âgé de 66 ans, né le 23 mars 1960 à Fossano, dans le Piémont, Giorgio Lingua est un diplomate chevronné du Saint-Siège. Entré au service de la diplomatie pontificale en 1992 après une formation à l’Académie pontificale ecclésiastique, il a servi successivement dans plusieurs nonciatures, notamment en Côte d’Ivoire, aux États-Unis, en Allemagne, en Égypte et en Croatie. Ordonné évêque en 2010, il fut nonce apostolique en Jordanie et en Irak, puis à Cuba entre 2015 et 2019, avant d’être nommé en Croatie.
Selon l’agence iMedia, son passage au Moyen-Orient avait été marqué par « l’offensive de Daech sur Mossoul et la plaine de Ninive en 2014, qui a poussé des milliers de chrétiens sur les routes de l’exode ».
Sa nouvelle mission le conduit désormais au cœur de l’un des dossiers diplomatiques les plus délicats du Saint-Siège. Le nonce apostolique est à la fois ambassadeur du pape auprès des États et représentant du Saint-Siège auprès des Églises locales. Il assure la médiation entre le Vatican et les autorités civiles, suit la situation des communautés chrétiennes et participe, en coulisses, aux grands équilibres diplomatiques de la région.
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En Terre sainte, ces fonctions prennent une dimension particulière. Le Saint-Siège soutient officiellement le principe d’une solution à deux États et un statut particulier pour Jérusalem.
Parmi les dossiers majeurs qui attendent Mgr Lingua figurent la défense du statu quo des Lieux saints, la situation des chrétiens locaux, la liberté de circulation du clergé et des fidèles entre Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens et la très délicate question financière qui fait échouer la finalisation de la reconnaissance juridique de l’Eglise dans l’Etat d’Israël.
À plus long terme, un chantier d’envergure pourrait lui incomber : l’organisation d’une éventuelle visite pontificale à l’occasion des 2000 ans depuis la résurrection de Jésus en 2033. « Un projet de célébration œcuménique du Jubilé 2033 à Jérusalem a été annoncé par Léon XIV », note iMedia, rappelant que quatre des cinq derniers papes se sont rendus jusqu’ici en Terre sainte depuis 1964.
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Dans une région où la diplomatie vaticane avance traditionnellement à pas feutrés, la nomination de Mgr Giorgio Lingua ouvre ainsi un nouveau chapitre. Un chapitre où l’expérience acquise en Irak, à Cuba et dans les Balkans pèsera sans doute pour affronter l’un des terrains les plus sensibles de la diplomatie pontificale.




