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Affrontements entre juifs orthodoxes et soldats israéliens

Rédaction
23 août 2017
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Affrontements entre juifs orthodoxes et soldats israéliens
Les policiers israéliens s'affrontent avec des juifs orthodoxes dans un quartier ultra orthodoxe de Meah Shearim à Jérusalem. © Yonatan Sindel / Flash90

Malgré le calme relatif actuel entre les forces de sécurité et les groupes Haredi refusant la conscription militaire, les tensions augmentent entre l’armée israélienne et ces courants religieux.


(Jérusalem/N.H) – Les derniers mois ont vu une augmentation des manifestations et des campagnes s’opposant avec véhémence au recrutement de juifs ultra-orthodoxes au sein de l’armée israélienne. Une opposition à la symbolique très violente. En mars et de nouveau en mai, un mannequin vêtu d’un uniforme de soldat avait été pendu dans le quartier Mea She’arim de Jérusalem. Début août, une campagne d’affichage ultra-orthodoxe comparait le service militaire à la Shoah. On pouvait voir ces affiches dans les grandes villes comptant d’importantes communautés ultra-orthodoxes comme Jérusalem, Bnei Brak et Beit Shemesh.

Les  ultra-orthodoxes, qui depuis des décennies ont bénéficié d’une exemption du service militaire, s’opposent à ce qu’ils qualifient le manque d’observance des lois juives au sein de l’armée. Les juifs ultra orthodoxes représentent environ 10 % de la population israélienne et vivent en conformité avec une interprétation stricte des lois juives. Certains d’entre eux considèrent le service militaire comme une source de tentation pour les jeunes qui quittent le monde fermé de la prière et de l’étude religieuse, percevant l’armée comme une menace pour leur mode de vie. D’autres groupes ne croient pas en l’État d’Israël, au sionisme ou à l’armée israélienne.

Quoi qu’il en soit, ils doivent s’inscrire au bureau de recrutement, mais certains – inspirés par des rabbins hostiles à toute coopération avec les autorités israéliennes – refusent même d’aller au bureau et sont tenus pour déserteurs.

De leurs côtés des Israéliens laïcs tentent de faire supprimer l’exemption. Les réformes adoptées à la Knesset en 2014 qui ont cherché mettre fin aux exemptions et tendant à favoriser l’augmentation progressive du recrutement ultra orthodoxe ont rencontré une forte opposition de la communauté religieuse.

Cinq agents de police ont été légèrement blessés par des jets de pierres et de bouteilles lancés par des dizaines de manifestants ultra-orthodoxes, a déclaré la police dans un communiqué lundi. Un jeune a été arrêté alors que la police dispersait les foules rassemblées.

Dans les rues du quartier Bukharim de la capitale, les résidents ultra-orthodoxes ont commencé à se rassembler autour d’un soldat en uniforme qui se promenait là, puis lui ont jeté des sacs de déchets. La police a été alertée de l’incident, le soldat localisé a été exfiltré.

Plus tôt ce mois-ci, l’entourage du ministre de la Défense Avigdor Liberman a été attaqué par des manifestants alors que le ministre présentait ses condoléances à une famille en deuil dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem.

Les tentatives récentes pour répondre aux attentes des recrues ultra-orthodoxes ont connu un certain succès. Pourtant l’armée israélienne n’a pas atteint ses objectifs de recrutement dans ce segment particulier de la population. Le ratio des recrues Haredim a diminué par rapport aux objectifs du gouvernement fié il ya 4 ans.

Quelque 2 800 hommes Haredim ont été recrutés en 2016. Bien que ce soit le plus grand nombre de Haredim jamais enrôlé en un an (2 475 en 2015), c’est aussi l’année qui marque le plus grand écart entre le quota estimé et le nombre réel recruté. Pour 2017, les objectifs étaient fixé à 3 200 recrues. Néanmoins, les IDF (Israeli Defense Forces) sont encouragées par le fait que le nombre réel d’enrôlement Haredi augmente chaque année. Mais de nombreux soldats ultra orthodoxes sont encore confrontés au harcèlement et menaces dans les quartiers de leurs communautés.

Certains segments de la société ultra-orthodoxe refusent de reconnaître l’Etat d’Israël et s’opposent au sionisme, en raison de leur conviction que l’établissement d’un Etat juif ne devrait venir qu’après l’arrivée du Messie.

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Sur cette fracture au coeur de la société israélienne, on peut lire avec intérêt :ISRAËL, L’AUTRE CONFLIT de Marius Schattner. André Versaille éd. 392 p., 22,90 euros

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