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Les juifs ultra-orthodoxes toujours fermement opposés à la conscription

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11 février 2014
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Les juifs ultra-orthodoxes toujours fermement opposés à la conscription
Manifestation, jeudi 6 février, suite à la décision de la Cour suprême de suspendre l'aide financière aux religieux qui ne font pas leur service militaire Photo © Yonatan Sindel/Flash90

C’est un débat national, les juifs religieux ultra orthodoxes qui se consacrent à l’étude de la Torah doivent-ils ou non servir sous les drapeaux. Tandis que la Cour suprême israélienne a décidé de mettre fin au financement des étudiants qui refusent de faire leur service militaire, la coalition gouvernementale bat de l’aile sur le sujet, les étudiants manifestent. Petits rappels sur les données du débat.


(Jérusalem/MMLV) – Jeudi dernier, jour de révolte pour 3 000 juifs ultra-orthodoxes, qui ont bloqué les principales routes reliant Jérusalem, Tel-Aviv et d’autres villes du centre d’Israël aux banlieues ultra-orthodoxes, telles que Bnei Brek ou Ashdod. De violents accrochages ont eu lieu entre les forces de police et les manifestants ; à coups de canons à eau et de jets de pierre. 30 personnes ont été arrêtées pour cause de trouble à l’ordre public.

Motif de ces blocus : la circonscription. Les manifestants brandissaient d’ailleurs des pancartes sur lesquelles était inscrit  en hébreu : « Arrêtez la conscription des ultra-orthodoxes », ou « Il n’y a qu’en Israël qu’étudier la Bible est un crime ». Ces protestations font suite aux coupes opérées par le gouvernement israélien dans les écoles talmudiques. La population ultra-orthodoxe craint de plus en plus la mise en place d’une législation répressive contre les jeunes religieux cherchant à échapper au service militaire. Cette crainte a redoublé ces derniers jours car le vote du Parlement à ce sujet doit débuter lundi. Et si une nouvelle loi est adoptée quant à l’obligation des jeunes juifs ultra-orthodoxes d’effectuer leur service militaire, elle devra être appliquée dans un délai maximal de quatre ans.

Pour les jeunes israéliens le service militaire est obligatoire et dure trois ans pour les garçons et deux pour les filles. Mais depuis 2002 et le vote de la loi Tal, les jeunes juifs ultra-orthodoxes peuvent en être exemptés. A condition de pouvoir prouver qu’ils étudient dans un institut talmudique à plein temps (article magazine).

Cette loi n’a cessé d’être remise en question, et c’est loin d’être la première fois que la conscription déclenche des protestations. En 2011, l’exemption de service militaire de 70 000 jeunes ultra-orthodoxes avait déclenché des protestations au sein du reste de la population israélienne. Des manifestations avaient été organisées contre les privilèges accordés à ces religieux. C’est un véritable séisme politique qui éclate à ce moment là, et des discussions destinées à réformer le système d’enrôlement des jeunes orthodoxes pour le service militaire sont prévues au parlement mais n’aboutiront jamais. (voir l’article « Être juif ultra-orthodoxe et servir dans l’armée, une équation difficile« ).

En juin 2013, la question du service militaire des ultras orthodoxes secoue à nouveau Israël lorsque le Parlement israélien évoque un projet de loi visant à recruter 3 200 jeunes religieux dans l’armée avant 2017. Ce sont plus de 30 000 personnes qui descendront manifester dans la rue selon les services de polices israéliens. (voir l’article « Pour les jeunes Juifs ultra-orthodoxes la conscription se rapproche »

Les blocus du 6 février montrent à quel point la conscription et les privilèges dont bénéficient les ultras orthodoxes en général, demeurent des questions sensibles au sein de la population israélienne. Et témoignent des difficultés auxquelles va se heurter le Parlement dès lundi.

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