
Dialogue permanent, interventions coordonnées, évolutions juridiques et éducation : réunie le 3 novembre à la mairie, une nouvelle instance entend apporter des réponses concrètes au harcèlement des chrétiens.
Sur la table de réunion, les rapports documentant les actes de harcèlement contre les chrétiens. Autour, des représentants des Églises, le Délégué apostolique à Jérusalem, des responsables municipaux, de hauts gradés de la police, des représentants des ministères et des juristes. Le 3 novembre, la municipalité a accueilli la première rencontre du « Forum de Jérusalem pour le partenariat avec les communautés chrétiennes ».
« Tolérance zéro pour la violence contre quiconque. Nous partageons un destin commun, et la sécurité de chaque habitant est essentielle à celle de Jérusalem dans son ensemble », a déclaré le maire, Moshe Lion, selon le communiqué municipal publié le lendemain.
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Cette rencontre est notamment le fruit d’une coopération entre Michal Bar-Asher Siegal et Yisca Harani. La première travaillait sur les relations entre juifs et chrétiens pour le Jewish People Policy Institute (JPPI) lorsqu’elle a rencontré la seconde. Les faits qu’elle a alors découverts l’ont profondément frappée, explique Yisca Harani à Terre Sainte Magazine. De leurs échanges est née une mobilisation auprès du maire, qui a débouché sur ce forum.
Bien connus de nos lecteurs, Yisca Harani et le Religious Freedom Data Center (RFDC), avec sa ligne d’assistance aux chrétiens, apportent à cette démarche leur travail de documentation et de recueil des témoignages. Lors de la réunion, Yisca Harani a présenté les données et la réalité quotidienne qu’elles recouvrent. « Il n’est pas simple de présenter de telles données », écrit-elle sur Facebook, avant de retenir l’engagement final : « Nous ne renoncerons pas à une Jérusalem multireligieuse. »

Le forum se donne quatre axes de travail. Le premier consiste à installer une instance permanente, réunissant deux fois par an les responsables de la ville et les communautés chrétiennes. Le deuxième prévoit des groupes de travail et des canaux de communication directs entre les autorités compétentes, pour répondre rapidement aux incidents et aux crises.
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Le troisième concerne les évolutions juridiques susceptibles de faciliter les poursuites contre les auteurs d’agressions et de harcèlement. Ce chantier avait justement donné lieu à une démarche de terrain : le 29 octobre, un procureur général adjoint de l’État israélien a parcouru la Vieille Ville, accompagné d’une dizaine de responsables du ministère de la Justice et du parquet de l’État, selon le récit de Yisca Harani.
La délégation a écouté des religieux témoigner de leur quotidien, ainsi que la mère de William, neuf ans, victime d’une attaque au gaz poivré. Pour Yisca Harani, cette visite a donné « un visage et une voix à la souffrance des chrétiens ». Elle souligne le rôle de Yifat Raveh, du ministère de la Justice, dans la recherche de solutions, et annonce une initiative législative visant à interdire les crachats. Les dispositions envisagées restent à préciser. Interrogée par notre revue, elle confirme que des pistes juridiques sont à l’étude, tout en restant prudente sur leur aboutissement.
Enfin, le quatrième axe porte sur l’éducation : des programmes destinés aux écoles de Jérusalem doivent faire connaître la diversité religieuse, culturelle et communautaire de la ville.
Les groupes de travail devront désormais formuler des propositions pratiques. Yisca Harani insiste sur cette dimension collective : c’est la coopération entre les personnes engagées, y compris au sein des institutions, qui peut permettre un changement. Après avoir documenté les humiliations, il s’agit d’obtenir des réponses.



