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Israël : plus de 80 actes antichrétiens recensés en 90 jours

Rédaction
7 juillet 2026
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Des policiers israéliens des frontières montent la garde à l'entrée du couvent de la Flagellation après que des juifs ultra-orthodoxes ont craché sur des chrétiens. Octobre 2023 ©Chaim Goldberg/Flash90

La publication des images vidéo de l’agression excessivement violente d’une religieuse sur le Mont Sion en mai n’a pas changé la donne. Le rapport du Religious Freedom Data Center (RFDC) rendu public début juillet dresse un constat préoccupant de l’augmentation des actes antichrétiens en Israël.


Israël : plus de 80 actes antichrétiens recensés en 90 jours

La publication des images vidéo de l’agression excessivement violente d’une religieuse sur le Mont Sion en mai n’a pas changé la donne. Le rapport du Religious Freedom Data Center rendu public début juillet dresse un constat préoccupant de l’augmentation des actes antichrétiens en Israël.

Lors de sa visite en France, le patriarche de Jérusalem disait espérer que l’agression violente de Sr Marie Reine, vierge consacrée du diocèse, dont la vidéo avait circulé dans tous les médias israéliens, ferait réagir. Si une part de la société israélienne s’est choquée de cette violence antichrétienne, le rapport trimestriel du Religious Freedom Data Center (RFDC) [1], paru le 3 juillet, ne montre pas d’inflexion. Entre avril et juin 2026, l’organisme a documenté 76 incidents, représentant 83 actes de harcèlement, soit presque un événement par jour.

Les crachats restent le geste le plus fréquent. Mais ils ne sont plus le seul. Agressions physiques, insultes, menaces, dégradations de lieux chrétiens, jets d’ordures dans les cours de monastères, intimidations et même provocations en ligne (notamment dans les avis sur certains sites religieux donnés sur Google Map).

L’immense majorité de ces faits se concentre à Jérusalem. Sur les 76 incidents recensés, 68 ont eu lieu dans la ville, dont 46 dans la seule Vieille Ville. La rue du Patriarcat arménien apparaît – c’est une constante – comme le principal foyer de ces agressions, devant la porte de Damas, la porte de Jaffa, la Via Dolorosa et le mont Sion.

Les crachats demeurent de très loin la forme de harcèlement la plus courante : ils représentent plus de la moitié des actes signalés (47 cas). Viennent ensuite les insultes verbales, les comportements menaçants, les dégradations de panneaux indiquant des sites chrétiens, les jets d’ordures et plusieurs agressions physiques.

Le rapport décrit également une succession presque quotidienne de crachats dirigés contre des prêtres, des moines, des religieuses ou des pèlerins. Certains épisodes ont visé des séminaristes se rendant au Saint-Sépulcre, des groupes de pèlerins russes portant une croix à la main ou encore des religieuses circulant dans la Vieille Ville.

Plusieurs cas concernent aussi des enfants ou des adolescents reproduisant ces comportements. Dans l’un des incidents, un garçon d’une douzaine d’années crache sur un monastère arménien ; dans un autre, un homme crache sur un moine tandis que l’enfant qui l’accompagne l’imite immédiatement.

→ À Jérusalem, les Églises de la Vieille Ville fermeront pendant la Marche des drapeaux

Le rapport souligne également la recrudescence des incidents lors d’événements à forte dimension religieuse ou nationaliste. La Marche des drapeaux, organisée à l’occasion de la Journée de Jérusalem, apparaît comme un moment particulièrement sensible. Le 14 mai, plusieurs participants ont craché en direction de l’église de la Flagellation, l’un d’eux frappant même sur la porte d’entrée du sanctuaire. Le même jour, des groupes ont été filmés crachant devant le Patriarcat arménien, contre une statue de la Vierge Marie ou encore devant le séminaire arménien. À un volontaire qui leur demandait pourquoi ils crachaient, trois adolescents ont répondu : « Parce que ce sont des hérétiques. »

Ces violences ne se limitent pas à Jérusalem. Des actes de vandalisme ou de harcèlement ont également été signalés en Galilée, à Capharnaüm, près de Beth Shemesh, en Samarie et à Mevaseret Zion, où un abribus offert par des chrétiens évangéliques a été recouvert de graffitis antichrétiens.

Le RFDC insiste toutefois sur le fait que les chiffres publiés restent probablement en deçà de la réalité. De nombreux incidents ne sont jamais signalés, soit parce que les victimes ne portent pas plainte, soit parce qu’elles estiment que ces démarches n’aboutissent pas. Déjà dans son bilan annuel 2025, l’organisme avait recensé 181 incidents visant des chrétiens ou des institutions chrétiennes, dont près de 150 à Jérusalem. Les crachats représentaient alors environ 60 % des faits enregistrés.

Le premier trimestre 2026 confirmait déjà cette tendance avec 31 incidents et 44 actes de harcèlement, essentiellement des crachats, mais aussi des dégradations, des insultes et plusieurs atteintes à des lieux religieux. Parmi les cas signalés figuraient notamment des crachats contre des prêtres arméniens, des religieuses, des fidèles sortant d’une église protestante ou encore une religieuse dont le visa aurait été déchiré lors d’un contrôle au checkpoint de Qalandia.

Au-delà du recensement des faits, le RFDC poursuit un travail d’accompagnement des victimes. Ses bénévoles aident au dépôt de plaintes, suivent les procédures et, depuis l’agression d’une religieuse sur le mont Sion, assurent même un accompagnement de protection pour les religieux qui le demandent. L’organisation travaille en lien avec plusieurs institutions chrétiennes, ainsi qu’avec le Patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte, qui encouragent les communautés à signaler systématiquement les incidents.

Cette succession d’agressions, souvent commises en plein jour, parfois par des mineurs, témoigne d’un climat qui ne peut plus être considéré comme marginal. Le RFDC lance un appel en faveur d’une meilleure éducation au christianisme dans les établissements scolaires israéliens, estimant qu’une méconnaissance de la présence chrétienne en Terre Sainte favorise parfois des réactions d’hostilité.


[1]  Centre de données sur la liberté religieuse

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