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Propositions de Mgr Twal sur l’avenir de la famille au Proche-Orient

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10 octobre 2014
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Propositions de Mgr Twal sur l’avenir de la famille au Proche-Orient
Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem Photo ©Flash90

Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, est à Rome à l’occasion du Synode sur la famille. Mercredi 8 octobre, il a dressé un bilan de la famille au Moyen-Orient, et a fait un certain nombre de propositions.


(Jérusalem/n.k.) Le Synode sur la famille qui s’est ouvert le 5 octobre dernier, rassemble près de 190 pères synodaux. Venus des quatre coins du monde, ils représentent tous de multiples visages de l’unique Eglise.

Parmi eux, Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, est venu porter la voix des chrétiens de son vaste diocèse qui regroupe Israël, la Palestine, la Jordanie et Chypre. Lui-même définit la portion d’Eglise dont il a la charge comme l’ « Eglise du Calvaire ». Tout un symbole.

C’est dire si son témoignage compte, pour cerner notamment les défis auxquels font face les familles du Moyen-Orient. La cinquième congrégation générale du Synode qui s’est tenue le 8 octobre était consacrée aux Eglises du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Une occasion d’entendre cette Eglise « qui vit dans un contexte politique, économique et religieux critique, avec de graves effets sur la famille (1) ».

Au cours de son intervention, le prélat de Jérusalem a dressé un bilan de la situation actuelle, avant de faire une série de propositions.

Comme on pouvait s’y attendre, la réalité est plus que délicate pour les familles du Proche-Orient. Mgr. Twal a rappelé la série d’obstacles qui empêchent une vie familiale apaisée. Le premier obstacle est tangible : le mur de séparation, qui brise bien souvent l’union physique des familles : « L’occupation militaire et la culture de violence et de mort laissent une plaie et une marque indélébiles dans l’esprit des jeunes et les empêchent de «rêver» et donc de former une famille saine et sereine » a dénoncé le Patriarche.

D’autres évènements conjoncturels sont également vecteurs de difficultés au sein de la vie conjugale : ainsi la situation économique entraîne-t-elle une forte émigration qui fragilise la cellule familiale.

Faits plus spécifiques à la région, la question des mariages mixtes (entre différentes confessions chrétiennes ou entre différentes religions) préoccupe Mgr Twal, au même titre que les problèmes liés à la subsistance de systèmes tribaux dans la société (qui fait souvent intervenir les parents ou les aînés dans la vie des jeunes couples).

Face à ces différentes réalités des familles au Proche-Orient, le Patriarche latin a proposé différents axes de réflexion, qui visent notamment à apporter des réponses pastorales. La première concerne la formation: « Les fidèles ignorent souvent la loi de l’Evangile et le Magistère de l’Église. Aujourd’hui, en particulier avec les moyens de communication sociale, les chrétiens devraient diffuser régulièrement des programmes sur les thèmes de la famille, pour éduquer et former les fidèles. »

Un gros effort doit selon lui être fait pour mieux préparer les couples qui demandent le mariage, afin de « mettre en évidence la beauté du mariage et la dignité de la famille chrétienne saine et sereine ».

Enfin, dans le domaine familial, le prélat souhaiterait pouvoir élargir les propositions visant à soutenir la piété des foyers : visites pastorales aux familles, cours pour les fiancés, centres d’écoute, mise en évidence des moments forts pour la famille (baptêmes, anniversaires, funérailles…), pèlerinages dans les lieux saints, etc.

Au cours de la même journée, où le Moyen-Orient était particulièrement mis à l’honneur dans les travaux des Pères  synodaux, Mgr Twal a rappelé la nécessité de ne pas voir la famille orientale avec des yeux occidentaux. «  Nos problèmes, nos défis, ne sont pas les mêmes que les défis de l’Europe. Le modèle européen de la famille n’est pas l’idéal pour nous. Il y a une certaine peur que cette liberté, ce libertinage qui arrive de façon excessive, nous touche. Nous regardons l’Europe avec un peu de jalousie, parce qu’il y a des libertés démocratiques. Mais  de l’autre côté il y a des schémas qui ne sont pas  les nôtres. »

Le synode sur la famille intervient alors que l’actualité en Terre Sainte est brûlante. Rome a déjà accueilli début octobre une rencontre des nonces du Moyen-Orient. Le 20 octobre prochain, le Saint-Père réunira un consistoire extraordinaire, regroupant le Collège cardinalice, les six Patriarches des Eglises orientales ainsi que le Patriarche latin de Jérusalem.

Preuve que la situation des chrétiens martyrisés au Proche-Orient reste au cœur des attentions du gouvernement de l’Eglise.

1. Compte-rendu des débats du 8 octobre, salle de presse du Saint Siège.

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