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À Ramallah, des festivités pascales orthodoxes sous le signe du retour à la normale

Kassam Maadi
26 avril 2021
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À Ramallah, des festivités pascales orthodoxes sous le signe du retour à la normale
Les scouts mènent la procession du dimanche des Rameaux à Ramallah ©Kassam Maaddi

Les chrétiens de rite oriental de la ville palestinienne ont célébré le dimanche des rameaux avec la procession traditionnelle, annulée l’an dernier à cause de la pandémie. Ce rite populaire est d’une importance particulière dans cette ville historiquement chrétienne et cosmopolite.


À Ramallah, l’entrée dans la semaine sainte orthodoxe s’est faite, dimanche 25 avril, avec toute la force de la tradition. Alors que l’épidémie de Covid-19 ronge toujours la Palestine, les scènes habituelles de la Pâque orthodoxe reprennent leur rythme avec la liesse habituelle. Des centaines de familles se sont réunies devant la paroisse grecque Orthodoxe dans le quartier du bas-Ramallah. Les scouts de la ville, habillés de leur uniforme de la “Sariyah”, reconnaissable par la keffieh palestinienne, ont pris la tête du défilé, alors que les membres de la police palestinienne maintiennent l’ordre.

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La procession a « une saveur spéciale », s’enthousiasme Nashaat Philimon, fidèle de 42 ans, accompagné de son épouse et ses deux enfants. “Cette année, les célébrations signifient la retour à la vie », souligne Nashaat, “Nous ne savions pas si nous allions pouvoir reprendre les processions cette année, alors nous le célébrons doublement. Sauf qu’on ne se fait pas la bise », s’amuse-t-il.

La fanfare, l’identité, et le message d’unité

A la tête de la procession, la fanfare des scouts de la “Sariyah” de Ramallah, est suivie par celle du club orthodoxe. Les processions religieuses sont des évènements qui permettent d’exprimer une certaine identité collective. Les scouts y jouent un rôle central. “C’est une façon d’affirmer notre identité chrétienne palestinienne”, dit Maryana Shunnara, guide de 24 ans. C’est un signe d’engagement pour nous, les jeunes. »

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Un engagement que Nashaat Milhem définit comme “le témoignage que nous portons en tant que chrétiens, sur une terre considérée comme le cinquième évangile ». Il ajoute : “Nous exprimons notre présence en tant que palestiniens. C’est un signe d’union avec le reste de la société”. Pour Shadi Khader, jeune de 22 ans qui n’est pas dans les rangs des scouts, “la procession n’est pas une affirmation d’une identité particulière, mais plutôt l’affirmation de l’unité des palestiniens ». “Nos fêtes sont aussi celle des musulmans de la ville, et nous participerons dans quelques jours aux fêtes du Ramadan avec eux”.

Dans la foule qui accompagne la traditionnelle procession du dimanche des Rameaux à Ramallah ©Qassam Maaddi

“Un lent retour à la vie normale”

Derrière la fanfare, l’ambiance plus spirituelle de la procession est menée par les prêtres, suivis des enfants de chœur portant une grande icône de l’entrée du Christ à Jérusalem. Derrière, les fidèles entonnent des chants byzantins. Entouré des autres prêtres, le père Abdallah Julio, de la paroisse grecque catholique, considère que “les fêtes de Pâques marquent cette année le début d’un lent retour à la vie normale. Pas que pour les chrétiens, mais aussi pour toute la Palestine, car nous faisons partie de ce peuple”.

Le père Abdallah souligne qu' »à Ramallah nous célébrons avec les yeux sur Jérusalem, qui traverse des temps difficiles”, faisant référence aux affrontements de ces derniers jours entre police, juifs ultra-orthodoxes et palestiniens. “C’est avec Jérusalem que nous revivons la passion et aussi la résurrection », clame -t- il.

A la fin de la procession, alors que la police palestinienne commence à se retirer, des familles musulmanes viennent souhaiter de bonnes fêtes aux chrétiens. Une influenceuse palestinienne se prend en vidéo avec les scouts. Une entreprise de téléphones en profite même pour envoyer des agents de publicité distribuer des annonces. Au-delà des affirmations d’identité, des traditions et des discours, le début de la semaine sainte orientale à Ramallah est surtout l’occasion pour la ville de retrouver un certain sens de normalité, dans un pays qui n’a pas connu des temps normaux depuis des décennies.

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