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L’éducation, une priorité pour le Liban en crise

Andrea Avveduto
19 janvier 2021
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L’éducation, une priorité pour le Liban en crise
Des jeunes au travail, avec frère Firas Lutfi, dans le centre d'aide mis en place par Pro Terra Sancta au couvent franciscain de Gemmayzeh, à Beyrouth. © T. Saltini

Dans les mois qui ont suivi l'explosion dévastatrice de Beyrouth, Pro Terra Sancta a apporté une aide d'urgence à des centaines de familles. Maintenant, pour aider le pays à se remettre sur pied, l'objectif est la scolarité pour les enfants, comme l'indique le directeur de l'association, Tommaso Saltini.


« Le plus grand problème concerne tous les enfants qui ne vont plus à l’école. Et ils sont plus nombreux que nous ne l’imaginons ». Nous sommes à Beyrouth, la capitale du Pays des Cèdres où le directeur de Pro Terra Sancta, Tommaso Saltini, est récemment allé coordonner les différents projets mis en œuvre en faveur de la population. Les rues sont vides, les destructions sont encore bien visibles dans la ville ravagée par l’explosion du 4 août dernier. La crise s’aggrave et le bilan de santé n’est pas encourageant. Le Liban est entré dans une nouvelle phase de confinement, après que les derniers chiffres ont fait état de plus de 3 000 cas en une seule journée. Même le président Michel Aoun a récemment rappelé les scènes dramatiques de ceux qui, devant les hôpitaux, cherchaient désespérément un lit pour se soigner.

Le pays a atteint 220 000 cas de contamination depuis le début de la pandémie : il y a un manque de lits d’hôpitaux et de respirateurs artificiels. Personne n’était préparé, après ces années de grandes difficultés politiques et sociales, à affronter aussi le coronavirus. Le gouvernement a imposé un couvre-feu et un arrêt total des activités (à l’exception de l’aéroport), mais le pays est au bord de l’effondrement. Après l’explosion d’août dernier, la crise économique a empiré: les emplois commencent à disparaître, les économies et les espoirs pour l’avenir s’amenuisent.

« Le tissu social est fortement menacé, un phénomène nouveau pour le Liban – poursuit Saltini – et sans équilibre politique, il est difficile d’envisager un retour à la normale. Une grande partie de la population n’est plus en mesure de se procurer de la nourriture ou des médicaments et la lire libanaise perd chaque jour un peu plus de sa valeur ». Les files d’attente devant le centre d’urgence que Pro Terra Sancta a mis en place dans les jours qui ont suivi l’explosion sont de plus en plus longues. Des familles entières essayent de survivre grâce à l’aide offerte dans la cour du couvent franciscain de Gemmayzeh. Dans ces petits espaces, s’entremêlent des histoires de souffrance et de faim, touchées par une solidarité extraordinaire. À ce jour, grâce à l’aide généreuse de ces derniers mois, le centre soutient 500 familles par la distribution de colis alimentaires et de dispositifs de protection médicale. Quatre cent autres s’ajouteront ces prochains mois. Par ailleurs, les travaux de rénovation du monastère franciscain, sévèrement touché par l’explosion, et d’une vingtaine de maisons endommagées, dont certaines doivent en fait être reconstruites, se poursuivent.

Un dispensaire médical sera bientôt en activité. Il a déjà reçu un très grand nombre de demandes de médicaments, difficiles à trouver pour ceux qui ont tout perdu dans l’explosion. Ce n’est qu’une première étape. « Cette année, nous voulons nous engager davantage pour soutenir la population libanaise – poursuit M. Saltini -. En plus de fournir des biens de première nécessité, qui sont essentiels en ce temps d’urgence, la priorité reste l’instruction. Nous sommes conscients de la grave urgence éducative à laquelle le Liban est confronté – conclut-il – et nous sommes prêts à investir pour que les enfants retournent à l’école. C’est le premier point pour faire redémarrer le pays, pour envisager une reprise à long terme. Ce sera difficile, mais c’est fondamental ».

 

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