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Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

« Christ né de Marie », une inscription grecque mise au jour

Christophe Lafontaine
20 janvier 2021
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Une inscription vieille de 1 500 ans - "Christ né de Marie" -, a été découverte à et-Taiyiba (Tayibe) dans la vallée de Jezreel. Elle est gravée dans un linteau de porte qui à l’origine marquait l’entrée d'une église.


« C’est la première preuve de l’existence de l’église byzantine dans le village d’et-Taiyiba », a déclaré le Dr Walid Atrash, de l’Autorité des antiquités d’Israël (AAI). Dans le communiqué de ce jour émanant de l’institution à laquelle il est rattaché, l’archéologue fait référence à une inscription grecque nommant Jésus, le fils de la Vierge Marie. Gravée dans la pierre, elle faisait partie à l’origine du linteau d’une porte d’entrée d’église, datant de la période byzantine, plutôt vers la fin du Ve siècle ap. J.-C., estime l’AAI. C’est à la faveur de la construction d’une route à l’intérieur de cette ville arabe israélienne de la vallée de Jezreel, dans le centre du pays, et de travaux d’archéologie préventive que la pièce a été déterrée. En Israël, la loi stipule que des fouilles de sauvetage soient effectuées avant tout projet de travaux d’aménagement urbain.

Une bénédiction et une dédicace

Pour Leah Di-Segni, experte en inscriptions grecques anciennes de l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque de Jérusalem, le texte qu’elle a déchiffré est une dédicace qui a été réalisée au moment des fondations de l’église. Elle se lit comme suit : « Christ né de Marie. Cette œuvre du très pieux et très croyant évêque [Théodose] et du misérable Th[omas] a été construite à partir des fondations – -. Quiconque entre doit prier pour eux ».

Selon la chercheuse, la formule « Christ né de Marie » était destinée à protéger ses lecteurs du mal et elle était couramment utilisée, notamment dans l’en-tête des documents de l’époque. « L’inscription salue ceux qui entrent et les bénit », souligne Leah Di-Segni. Pour elle, « il est donc clair que le bâtiment est une église, et non un monastère. » Car explique-t-elle, « les églises saluaient les croyants à leur entrée, alors que les monastères avaient tendance à ne pas le faire ».

Par ailleurs, Théodose, que le texte désigne comme le fondateur du bâtiment, a été l’un des premiers évêques chrétiens. Il a servi comme archevêque régional – l’autorité religieuse suprême de la métropole de Beit Shean, à laquelle appartenait et-Taiyiba dans la vallée de Jezreel.

L’histoire se cache sous nos pieds

Par la suite, le linteau a connu une seconde vie en ayant été recyclé dans le cadre d’une nouvelle construction datant de la période byzantine ou du début de la période islamique. Il fut ainsi incorporé au sol d’un noble bâtiment dont deux pièces pavées de mosaïque à dessin géométrique ont été retrouvées lors des fouilles. En archéologie, on désigne souvent les remplois les matériaux de construction par le terme de spolia.

Lors de précédentes recherches archéologiques sur le site, des vestiges d’une église de l’époque des Croisés ont été découverts, ainsi qu’un monastère dans la zone faisant partie d’une série de monastères qui étaient sous la juridiction de la métropole religieuse Beit Shean.  Autant de découvertes qui attestent des activités des chrétiens qui vivaient dans la région, soutient l’archéologue de l’AAI, le Dr Walid Atrash.

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