Les jeunes de Terre Sainte vivent une réalité qui se durcit de jour en jour : restrictions de circulation, barrières métalliques séparant les villages des villes, le tout sur fond de guerre permanente et d’une situation politique sans perspective claire.
Johnny Al-Hathwa – Beit Jala
Les permis de travail [à Jérusalem] ont été suspendus et le travail s’est arrêté. Tout s’est arrêté, tout a été fermé. Le tourisme a été complètement ravagé. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est l’émigration, parce que je ne voyais pas d’autre solution.
Fouad Al-Bandak – Bethléem
J’ai terminé mes études en gestion touristique pendant la guerre et je savais déjà à ce moment-là que ce ne serait pas facile de trouver du travail à cause de la situation que nous vivons. Mon père aussi est guide touristique et il ne travaille plus depuis deux ans. Aujourd’hui, ma mère est la seule à faire vivre la famille, parce qu’elle travaille comme infirmière à l’hôpital de la Caritas.
Face à cette réalité difficile, le Patriarcat Latin de Jérusalem a réagi en lançant la deuxième édition du projet « Afaq », en collaboration avec l’Institut pour le Partenariat Communautaire de l’Université de Bethléem, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes et de renforcer leurs capacités de résilience ainsi que leurs possibilités de rester sur leur terre.
Sami El-Yousef – Directeur gĂ©nĂ©ral du Patriarcat Latin de JĂ©rusalem
Dès le début de la guerre, il est apparu clairement que le chômage avait augmenté de manière significative, surtout dans les régions de Bethléem et de Jérusalem, directement touchées par la situation politique et par l’arrêt du tourisme, dont dépendent de nombreuses familles, en particulier dans ces zones. À cela s’ajoutent la suspension et le retrait des permis de travail à Jérusalem, ainsi que l’incapacité de l’Autorité Nationale Palestinienne à verser les salaires et à honorer ses engagements. Si l’on prend tous ces facteurs en compte, on constate que le chômage a explosé, atteignant dans certaines régions jusqu’à 70 %.
Le projet prévoit un soutien aux petites activités économiques à travers des aides financières sous forme d’achat d’équipements et de matériel, ainsi que la création d’emplois temporaires destinés à de jeunes diplômés sans travail. Il offre également des emplois journaliers aux personnes ayant perdu leur activité dans le secteur du tourisme et dans d’autres secteurs touchés par la crise. Le projet propose en outre des bourses de formation professionnelle pour ceux qui souhaitent apprendre des métiers et acquérir des compétences susceptibles de les aider à intégrer le marché du travail ou à lancer leur propre activité.
Nisreen Mansour – Coordinatrice du projet Afaq
Toutes ces actions du projet « Afaq » ont pour objectif d’aider les personnes les plus en difficulté et les plus durement touchées par la situation actuelle, afin qu’elles puissent améliorer leurs conditions de vie et vivre dignement. L’objectif est aussi de décourager l’idée de l’émigration, qui commence à se répandre dans une grande partie de la société comme si c’était la seule solution possible face aux conditions difficiles que nous traversons.
Johnny Al-Hathwa – Beit Jala
Grâce à Dieu, aujourd’hui j’ai réussi à passer d’un petit kiosque à un véritable restaurant. Je remercie d’abord le Seigneur, puis le projet « Afaq », qui a soutenu les jeunes. Ils m’ont aidé à acheter du matériel de cuisine, comme des installations au gaz, un grill et un réfrigérateur — des équipements dont le restaurant avait vraiment besoin. Si j’avais dû les acheter moi-même, honnêtement, je n’y serais jamais arrivé. Cela a été un immense pas en avant, passant de quelque chose de petit à quelque chose de grand.
Dans une terre épuisée par les crises et les guerres, les petites histoires de réussite demeurent un puissant signe d’espérance. À travers les perspectives qu’il offre pour une vie digne, le projet « Afaq » peut constituer une première étape pour préserver la présence chrétienne et renforcer l’attachement à la terre du Christ.




