Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Basilique de la Nativité : adoptez une colonne

Arianna Poletti
23 novembre 2016
email whatsapp whatsapp facebook twitter version imprimable
Basilique de la Nativité : adoptez une colonne
Les colonnes de la basilique de la Nativité à Bethléem © Piacenti S.p.A./Thomas Cœx

Trente-deux des cinquante colonnes de la basilique de la Nativité sont peintes de figures de saints. Elles attendent leur restauration.


Les aviez-vous remarquées ?

Au cours des siècles, elles ont été noircies par la fumée et endommagées par les produits acides avec lesquels elles étaient “nettoyées”. Pourtant on les distinguait encore si le guide savait attirer l’attention sur elles. D’un point de vue technique, il s’agit de peintures et non de fresques. Les dessins ont été réalisés directement sur la pierre, la méthode étant semblable à celle utilisée pour les icônes.

©MAB/CTS

Financement

Afin de financer la restauration des colonnes, États, entreprises ou particuliers peuvent “adopter une colonne”.
Pour tout renseignement consulter le site www.nativityrestoration.ps) A ce jour 9 millions d’euros ont été récoltés pour la restauration de la basilique. Plusieurs États dont la France, l’Italie, le Saint-Siège, la Russie et l’Autorité Palestinienne ont participé, ainsi que des particuliers. Afin de mener le projet à son terme, il faudra encore deux ans et 7 millions d’euros. La basilique est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012.

30 colonnes peintes

Maintenant que toiture et mosaïques sont rénovées, les colonnes attendent l’arrivée des fonds nécessaires à leur restauration : 40 000 euros pour un nettoyage, chapiteau compris, 50 000 si la colonne est peinte. Une seule pour l’instant
a été restaurée.

Un pont entre Orient et Occident

La colonne restaurée a révélé la figure de saint Antoine le Grand (250-356). Les fissures de la pierre ont été comblées par perfusion. De chaque côté de l’auréole, le nom du saint écrit en grec à droite, et en latin à gauche. La moitié des saints représentés viennent d’Occident, l’autre d’Orient. L’église de la Nativité fait dialoguer en silence les deux poumons de la chrétienté.

©MAB/CTS

 

Exploit technique

Ces architraves ont été fabriquées puis assemblées, comme des briques lego, pour former “une unique énorme poutre montée probablement à côté des colonnes et ensuite déposée par-dessus. Je ne sais pas bien comment !”, s’exclame incrédule Piacenti. Après avoir assemblé trois poutres séparées, on a fixé trois panneaux décorés servant de cadre. Cette poutre unique forme une chaîne qui a prouvé son efficacité lors des divers tremblements de terre.

©MAB/CTS

 

Les chapiteaux : avant et après

“Le Nettoyage d’un chapiteau prend trois mois”, explique Marcello Piacenti en charge des restaurations. S’ils apparaissent gris foncé, en réalité ils ont été taillés dans un calcaire jaunâtre au VIe siècle et ont parfaitement résisté à l’épreuve du temps. Dans les replis des sculptures ont été retrouvées des traces de feuilles d’or.  Cette décoration – qu’on n’imaginait pas – remonte probablement à l’époque des croisades, tout comme les peintures sur les colonnes.

© Piacenti S.p.A. www.piacenti.org

 

Les décorations inattendues

Invisibles à l’œil nu, des traces de cuivre, d’or et d’arsenic indiquent la présence de couleurs. Parmi les différents types de sculpture du bois certains, “plus archaïques”, interrogent Piacenti et son équipe. S’agit-il de bois de la basilique construite par Constantin au début du IVe et détruite en 529 qui aurait été réutilisé ? Jusqu’ici on pensait que seules les mosaïques au sol de ce premier édifice avaient été conservées. Une étude chronologique au carbone 14 et une dendrologique apporteront des réponses.

©MAB/CTS

 

Les architraves en cèdre du Liban.

“Ces architraves sont parmi les plus anciens éléments structurels de l’église”, fait observer Piacenti. Posés sur les colonnes et les chapiteaux, les linteaux, taillés en cèdre du Liban, remontent au VIe. Chaque architrave mesure 30 m de long, 60 cm de haut et 40 cm de large. “L’humidité due aux infiltrations de pluie avait par endroit atteint le bois et augmenté son poids”, explique Piacenti. Par endroit il a fallu évider l’intérieur de la poutre du bois pourri et la reconstruire. Cette phase fut suivie d’un long travail de polissage, qui n’a pas été simple, les linteaux ayant été autrefois peints ou couverts de plâtre.

Dernière mise à jour: 21/01/2024 22:45

Le judaïsme contemporain et le 3e Temple
Gabriel Abensour

Le judaïsme contemporain et le 3e Temple

Un nouveau sanhédrin et un nouveau grand prêtre pour Israel? La construction du 3e Temple est imminente? Le point de Gabriel Abensour sur une question brûlante.

Marie-Armelle Beaulieu

Et Jérusalem fut enfin une maison de prière

Le coin de terre que Dieu s’est choisi devient chaque jour davantage le théâtre d’une guerre entre croyants. Mais des religieux viennent de lui faire vivre un moment de grâce.

Marie-Armelle Beaulieu

La péninsule arabique par une nuit de pleine lune

À la une du numéro 646

Marie-Armelle Beaulieu

Je suis un étranger

Édito du numéro 646

Venez et voyez: avec le Christ au bord du lac
Claire Burkel

Venez et voyez: avec le Christ au bord du lac

Pour ceux qui peuvent inscrire dans leur pèlerinage une promenade sur le lac de Tibériade, c’est une belle occasion de lire un grand nombre d’épisodes de la vie de Jésus et des apôtres in situ.

Mambré, les racines du ciel
Thomas Duclert

Mambré, les racines du ciel

Accueillir le Seigneur sous sa tente. C’est l’expérience que fit Abraham. Un lieu commémore cette rencontre et bientôt il n’attendra que votre visite sur la route de votre pèlerinage.

Et Jérusalem fut enfin une maison de prière
Marie-Armelle Beaulieu

Et Jérusalem fut enfin une maison de prière

Paradoxe : ce coin de terre que Dieu s’est choisi devient chaque jour davantage le théâtre d’une guerre entre croyants. Mais ce sont des religieux issus des trois grands monothéismes qui viennent de lui faire vivre un moment de grâce.

Charles de Foucauld au pays de la Sainte Famille
Mélinée Le Priol

Charles de Foucauld au pays de la Sainte Famille

Le bienheureux, dont on fête cette année le centenaire de la mort, vécut à Nazareth dans la prière et l’adoration entre 1897 et 1900. Riche en intuitions spirituelles, cette époque fut peut-être la plus étrange de sa vie.

De qui arabe est-il le nom ?
Propos recueillis par Marie-Armelle Beaulieu

De qui arabe est-il le nom ?

Arabe. Monde arabe. Chrétiens arabes. Qu’il soit nom ou adjectif, le terme finirait presque par faire peur aux uns et révulser les autres, tandis que 350 millions de personnes au Proche-Orient et ailleurs le vivent comme une fierté. Mais sait-on vraiment ce que recouvre ce mot ? Et par conséquent, l’emploie-t-on à bon escient ?