Terresainte.net - Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible.
Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Découverte d’un sceau qui daterait du règne de Jéroboam II

Christophe Lafontaine
12 décembre 2020
email whatsapp whatsapp facebook twitter version imprimable
Découverte d’un sceau qui daterait du règne de Jéroboam II
Ce sceau d'argile vieux de 2700 ans représentant un lion rugissant debout à quatre pattes pourrait avoir servi à un haut fonctionnaire de la cour de Jeroboam II © Danny Machlis, Université Ben-Gurion du Néguev

Des chercheurs pensent qu'un sceau acquis il y a moins de 50 ans, serait l’un des plus vieux spécimens retrouvés en Terre Sainte. Remontant au VIIIe siècle av. J.-C., il a pu être lié à un dignitaire du royaume d’Israël.


L’archéologie est une science qui prend son temps et qui surprend. Un sceau d’argile ovale, sans aucun signe de sa provenance, a été vendu à un prix modique, par un marchand d’antiquités bédouines dans les années 1980. Il serait en réalité un des sceaux les plus anciens révélés en Israël, d’après un communiqué publié le 9 décembre 2020 par l’Université Ben Gurion du Néguev à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, dans laquelle enseignait l’acquéreur. Ce dernier, interpelé par les inscriptions qui se trouvaient sur le sceau, a décidé de le présenter à des spécialistes de l’Université en question.

Mais c’est seulement il y a cinq ans qu’ont commencé des tests interdisciplinaires et de haute technologie pour vérifier son authenticité et considérer que l’artéfact n’était pas une contrefaçon. Ces travaux ont été menés par l’Université Ben Gurion en collaboration avec le service géologique de Jérusalem et l’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI). Les conclusions de l’étude scientifique après avoir été publiées en hébreu dans le journal Eretz Yisrael, le seront dans un deuxième temps en anglais dans le Israel Exploration Journal. Elles soutiennent que le sceau pourrait remonter à l’âge de fer, au VIIIe siècle av. J.-C. Il serait ainsi un témoignage de l’époque du roi Jéroboam II, qui a régné sur le royaume d’Israël de 788 avant J.-C. à 748 avant J.-C. Son règne est évoqué dans le Deuxième livre des Rois.

Une ressemblance frappante

Le sceau, nouvellement authentifié, de 23,4 x 19,3 mm, est orné d’un lion rugissant qui se tient sur ses quatre pattes avec sa queue levée. Le mot « Leshem [A] » peut aussi être lu sur le dessus. « Il est étrangement similaire au célèbre sceau de Megiddo ‘’l’Shema eved Yerov’am’’ (ndlr : Appartenant à Shema le serviteur / ministre de Jéroboam) », souligne le communiqué de l’Université Ben Gurion. Ce sceau « Shema » avait été découvert en 1904 à Tel Megiddo et avait suscité alors un grand intérêt dans le monde. Après sa découverte, le sceau avait été envoyé comme cadeau à la collection du sultan ottoman au palais de Topkapi à Istanbul, la capitale de l’Empire dont la Palestine était l’une des provinces. Depuis, la pièce a disparu. Elle était en pierre de jaspe, probablement sertie dans un anneau et dotée d’une grande taille qui faisait quasiment deux fois la taille du sceau qui vient d’être authentifié. Ce qui laisserait à penser, souligne le communiqué, que ce dernier en serait la copie réduite, issue d’une même série de sceaux ayant pris modèle sur celui de Megiddo. On ne sait pas, dit l’étude, si ces sceaux ont été réalisés au même endroit ou dans plusieurs centres administratifs du Royaume d’Israël, mais il n’est pas « inconcevable » que l’artisan à l’origine dudit sceau connaissait bien celui de Megiddo. Cela indique de ce fait que le haut fonctionnaire Shema utilisait plus d’un sceau pour sa correspondance. Cependant, « ses sceaux n’étaient pas des sceaux personnels. » Lui et ses fonctionnaires les auraient utilisés « pour signer des documents et des expéditions de marchandises en son nom », rapporte le communiqué.

Par ailleurs, les tests en laboratoire ont montré que l’artéfact récemment analysé a été formé à partir du sol qui l’entourait, où des roches calcaires sont exposées à proximité d’olivine, un minéral du groupe des silicates contenant du basalte, ce qui correspond à des zones de la Basse Galilée et des vallées de Jezreel et Beit She’an. Il n’est pas possible de déterminer avec certitude que le sceau est originaire lui aussi de Megiddo, qui domine la vallée de Jezreel au nord, « mais c’est une possibilité raisonnable », admet l’étude.

Suite aux travaux des chercheurs, la famille de l’heureux acquéreur des années 80, a accepté de remettre le sceau à l’Autorité des antiquités d’Israël et de le transférer dans une exposition au Musée d’Israël, à Jérusalem.

Sur le même sujet