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Elections israéliennes: le Likoud pour quelle coalition?

Terresainte.net
18 mars 2015
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Elections israéliennes: le Likoud pour quelle coalition?
Benyamin Netanyahu, le soir de la victoire du Likoud ©Miriam Alster/FLASH90

Les résultats des élections législatives israéliennes font mentir les sondages en plaçant le Likoud de Netanyahu largement en tête. Avec une trentaine de sièges, celui-ci devance nettement l’Union sioniste d’Isaac Herzog. Reste maintenant à former une coalition gouvernementale. La logique voudrait que Bibi demeure Premier ministre.


(Jérusalem/n.k.) – Parler de surprise serait un euphémisme. Alors que les sondages étaient plus que mauvais pour le Likoud (parti de l’actuel Premier Ministre Benyamin Netanyahu) depuis plusieurs semaines, celui-ci a réussi l’exploit de rafler 30 sièges à la Knesset.

Son principal parti concurrent, l’Union Sioniste menée par Isaac Herzog, atteint le score en deçà de ses  espérances de 24 sièges.

L’écart est conséquent, alors que les premiers résultats sortis des urnes annonçaient les deux partis au coude à coude.

Le score est net, et Benyamin Netanyahu ne cachait pas sa joie : « Contre toute attente, nous venons de remporter une grande victoire pour le Likoud, le camp national et pour notre peuple, a-t-il déclaré le soir des élections. Je suis fier du peuple d’Israël, qui a reconnu ce qui est important et s’est mobilisé pour la véritable sécurité, l’économie et le bien-être social que nous nous sommes engagés à faire respecter. Maintenant nous devons former un gouvernement fort et stable.»

Si le Likoud sort vainqueur dans les urnes, rien n’est encore joué pour la formation du prochain gouvernement. Dans un scrutin tel que celui pratiqué en Israël (scrutin de liste, à un tour, et à la proportionnelle intégrale), il ne suffit pas de remporter le plus de sièges (sauf à avoir la majorité absolue de 61 sièges, ce qui ne s’est jamais vu depuis 1948), il faut être en mesure de pouvoir former une coalition.

Or pour l’instant, les listes arrivant après le Likoud ne sont pas les plus à mêmes de s’allier avec lui pour un gouvernement.

Le troisième parti élu hier soir est la liste d’union arabe. Probablement la révélation de ce scrutin qu’il sera intéressant de voir évoluer par la suite (même si son leader, Ayman Odeh a annoncé que son parti ne participerait à aucune coalition). Arrivent ensuite le parti de Yaïr Lapid, Yesh Atid, avec 11 sièges. Celui-ci, ancien ministre de Netanyahu, avait été renvoyé en novembre dernier, provoquant la convocation des nouvelles élections. Peu probable donc que Lapid accepte de rejoindre Bibi pour former un gouvernement.

Le faiseur de roi est incontestablement Moshe Khalon, ancien homme du Likoud ayant formé son parti Kulanu, qui a obtenu hier soir 10 sièges. D’avis général, c’est lui qui sera en mesure de donner à Netanyahu ou Herzog la possibilité de constituer une coalition. Mais il est de notoriété publique que les relations entre Bibi et Khalon sont exécrables.
Dans cette situation, que reste-t-il à Netanyahu ? La véritable marge qu’il possède se trouve (très) à droite, avec le Foyer juif de Naftali Bennet (chéri par les colons), détenteur de 8 sièges (en baisse par rapport à ses 12 sièges de la précédente législature). Le parti de l’ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman (qui a eu des mots plus que durs envers les arabes dans les dernières semaines de campagne) a quant à lui obtenu 6 sièges.

Si Bibi s’appuiera sans aucun doute sur ces deux partis ultra-nationalistes, le camp religieux lui servira également de réservoir, avec les 6 sièges de la liste « Judaïsme unifié de la Torah » (parti ultra-orthodoxe) et les 7 sièges du parti Shass.

Les 4 derniers sièges de la nouvelle Knesset reviennent au parti de gauche radicale Meretz, allié naturel de M. Herzog s’il est appelé à former la coalition.

C’est peu dire que les derniers jours de campagne se sont déroulés dans un climat délétère. A l’annonce des mauvais sondages pour le Likoud, Benyamin Netanyahu a multiplié les déclarations glaciales. Contredisant ses précédents propos,  il a annoncé qu’avec lui l’ « Etat palestinien ne verrait jamais le jour », qu’une victoire d’Herzog signifierait une alliance avec les partis arabes (ce dont il n’a jamais été question), et que des intérêts financiers étrangers menaient campagne contre lui (sans pour autant préciser lesquels). Continuant à mener campagne le jour du vote, il a poursuivi sa rhétorique de peur déclarant que les arabes arrivaient par bus entiers pour voter contre lui (ces arabes étant autant citoyens israéliens que lui-même). Une ambiance décrite comme « exécrable » par Yuli Edelstein, président (Likoud) du Parlement sortant.

La victoire de Benyamin Netanyahu est incontestablement due à son charisme de leader (alors que beaucoup raillaient par exemple la voix nasillarde d’Isaac Herzog) et à sa capacité d’agiter les chiffons rouges des thèmes sécuritaires.
Alors que les progrès réalisés par l’Union sioniste, Yesh Atid ou Kulanu traduisent la réelle préoccupation des israéliens pour les dossiers sociaux et économiques (en témoignent les différents mouvements de protestation à l’approche du vote), la campagne de Bibi axée uniquement sur la politique étrangère semble malgré tout faire encore recette.

Quasiment aucun programme économique pour le néo-libéral qu’est Netanyahu, mais la focalisation sur la peur sur l’Iran et des islamistes qui seraient aux portes d’Israël (que ceux-ci soient du Hamas, du Hezbollah, de l’Iran, ou de Daesh). Le discours est resté le même pendant toute la campagne, alors que les autres candidats apportaient des propositions pour régler les problèmes de cherté de la vie, de logement ou de pouvoir d’achat.

Au final, Netanyahu semble prêt à être rappelé pour un quatrième mandat de Premier ministre, avec une gauche sonnée, une communauté internationale peu réactive et une Autorité Palestinienne usée.

Autant de mauvaises nouvelles pour une solution de paix et pour les nombreux israéliens davantage préoccupés par leur salaire que par la lointaine et potentielle menace iranienne.

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