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Israël : impasse politique et nouvelles élections en vue

Christophe Lafontaine
21 novembre 2019
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Israël : impasse politique et nouvelles élections en vue
Benny Gantz, lors d’une conférence de presse donnée hier, n’a pas réussi à former une coalition gouvernementale, ouvrant la voie à un probable troisième tour d’élections en moins d’un an. ©Tomer Neuberg/Flash90

Après Netanyahu, Gantz (parti centriste Bleu et Blanc) a annoncé le 20 novembre, avoir échoué à former une majorité au Parlement. Une impasse politique historique en Israël, qui laisse planer le spectre de nouvelles élections.


C’est une première depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Les deux candidats, arrivés en tête sans être clairement départagés aux dernières élections législatives de septembre, ont tous les deux échoué à former une coalition gouvernementale. Ils ont reçu chacun leur tour un mandat de la part du président Reuven Rivlin à cette fin.

Après le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu du Likoud (droite), c’est son rival Benny Gantz tête de file du parti Bleu et Blanc (centre) qui après 28 jours de négociations infructueuses a finalement jeté l’éponge, quelques heures avant l’ultimatum qui lui était fixé au 20 novembre.

Ni l’un ni l’autre n’auront donc réussi à gagner le ralliement de l’ultra-nationaliste laïc Avigdor Liberman, dont le parti non aligné Yisrael Beitenou, disposant de 8 sièges (sur 120) au Parlement, lui donnait une position de faiseur de roi…qui n’a en l’occurrence adoubé personne. Avigdor Liberman n’a ni voulu rejoindre Benjamin Netanyahou en s’opposant à ses alliés, les partis religieux, ni montré le moindre désir de soutenir un gouvernement minoritaire dirigé par l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, avec le soutien extérieur des partis arabes israéliens.

Rendez-vous dans 21 jours

Avigdor Liberman n’a jamais caché être favorable à la formation d’un gouvernement d’union nationale entre le Likoud et le parti Bleu et blanc. En vain. Les deux chefs de parti ne sont pas entendus pour des raisons d’animosité et de calendrier personnels. Ce que le leader d’Yisrael Beitenou leur a vivement reproché au détriment de l’intérêt général du pays.

Devant cette impasse, les élus de la Knesset (parlement israélien) disposent de 21 jours, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 11 décembre à minuit, pour désigner par écrit n’importe quel député (Benjamin Netanyahu et Benny Gantz sont encore de la partie) capable d’obtenir une majorité au parlement (61 sièges sur 120) et ainsi se voir confier le mandat de former un gouvernement. Le très hypothétique heureux député disposerait alors d’un délai de 14 jours supplémentaires pour faire approuver auprès du Parlement son gouvernement.

A défaut et c’est probable, la 22ème Knesset sera dissoute de manière automatique et les Israéliens seront appelés à retourner aux urnes dans un délai de 90 jours, au plus tard en mars 2020. Et ce, pour la troisième fois en moins d’un an. Le premier scrutin législatif a eu lieu en avril (déjà, Benjamin Netanyahu avait été dans l’incapacité de former un gouvernement) et le second en septembre.

A la tête d’un gouvernement de transition qui a bientôt un an d’âge, Benjamin Netanyahu reste toujours Premier ministre.

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