Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Jesus Guy

Marie-Armelle Beaulieu
28 mars 2016
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Jesus Guy
©Sarah Schuman/FLASH90

Il s’appelle James, se fait appeler Jacob en hébreu. Le film qui a été fait sur lui aux États-Unis, alors qu’il vivait encore dans le pays dont il est originaire, l’a consacré : Jesus Guy.


Le gars Jésus. De 2011 à 2013, il a vécu dans la vieille ville de Jérusalem, où son aspect passait encore moins inaperçu.

J’ai retrouvé Jacob, au détour d’une photothèque. A dire la vérité, non seulement il ne rechignait pas qu’on le prenne en photo, mais il était un peu cabot. Au point de se prêter avec bonheur à une séance photos pour l’agence Flash 90. Ici, il est à la VIIIe station du chemin de croix, la plus escamotée des pèlerins car elle nécessite un quasi détour.

Le plus grand péché de Jacob, ce n’était pas qu’il fût cabotin. C’était plutôt de ne faire aucun effort pour se départir de l’accent de son Michigan natal. Il m’interdisait de comprendre une partie de nos conversations. J’acquiesçais à ses paroles dans la foi. En fait je le connaissais assez pour savoir que ce n’était pas un fou. Jacob est catholique et il ne se prend pas pour Jésus. C’est une vocation à suivre le Christ de façon radicale qui a fait de lui ce qu’il est. Il a pris au pied de la lettre l’appel à tout quitter pour suivre le Christ.

Il est parti en jean et tee-shirt sur les routes. Je ne sais plus lequel de son jean ou de ses chaussures lui a fait défaut en premier. Mais quand il n’a plus eu de chaussures, il a marché nu-pied et quand il n’a plus eu de jean, il s’est couvert d’une robe d’un épais coton. Il m’a soutenu que le blanc est moins salissant que le noir. Il avait déjà commencé à ne plus se raser ni couper les cheveux. Au final, il a fini par faire penser quiconque le croisait à celui qu’il suivait : le Christ. Et c’était toute son ambition : faire penser au Christ. Cela fait plus de 20 ans que ça dure maintenant.

En plus de son look, il avait une bible, une couverture de laine et un passeport. Et c’est tout. Chaque jour, pour dormir, se laver, se nourrir il s’en est remis à la charité des habitants ou pèlerins de la ville. Et en dépit des apparences, il a jeûné plus souvent qu’à son tour. Je me souviens très bien de sa tristesse quand il m’a dit qu’il n’avait jamais été aussi peu accueilli qu’à Jérusalem.

Je lui opposais qu’il pourrait rendre de menus services ici ou là contre paiement, citant saint Paul “Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge, mais (…) quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.” (2Th 3, 10-11).

A quoi il répondait : “Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?”(Mat 6, 26)

Sacré Jacob, pour sûr tu vaux mieux que les oiseaux du ciel ! Bonne route là où tu es.

Dernière mise à jour: 06/01/2024 19:19

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