Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Ça va, c’est la croix de Jérusalem ! – TSM 681

Marie-Armelle Beaulieu
26 octobre 2022
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Ça va, c’est la croix de Jérusalem ! – TSM 681
). « La marque de Jérusalem » ainsi les pèlerins appelaient-ils ls dessins qu’il se faisaient inscrire sur la peau quand le mot tatouage n’existaient pas encore ©Andrea Krogmann

C’est quand même chouette ce rapport apaisé qu’entretient notre Église à l’archéologie. Elle n’est pas là pour prouver mais pour instruire.


Le numéro de Septembre-Octobre 2012 fit date. Terre Sainte Magazine publiait un dossier sur la tradition du tatouage chez les pèlerins chrétiens de Jérusalem. Un travail dont on peut dire qu’il a été marquant vu le nombre de personnes qui depuis se sont fait inscrire la « marque de Jérusalem » dans la peau. Littéralement.

J’avais découvert le sujet à Pâques 2010, en croisant au Saint-Sépulcre Abbus. Sur les bras de ce pèlerin syriaque deux tatouages en quadrichromie. D’un côté le Sacré-Cœur de Jésus, de l’autre l’icône de la Sainte Famille. Ce dernier était manifestement récent vues les rougeurs qui le bordaient.

Dans une conversation aussi embryonnaire qu’improbable, puisqu’elle se tint en arabe et allemand, Abbus m’apprit que se faire tatouer à Jérusalem à l’occasion d’un pèlerinage était une tradition chrétienne. Je tenais un sujet !

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S’ensuivirent deux ans à collecter les informations, à découvrir l’art et le sens du tatouage de l’Égypte antique aux prisons mexicaines ou russes, en passant par les traditions du Pacifique. Je lus des milliers de pages d’historiens et de sociologues. Je découvris que des pèlerins occidentaux adoptèrent la tradition de Jérusalem à partir du XVe siècle. Il fallut chercher les textes originaux de leurs témoignages, en faire la traduction de l’ancien anglais, du flamand ou de l’allemand gothique. Vint ensuite le temps des entretiens, des interviews, des photos.

Publicité mondiale

À Pâques 2013 l’AFP – qui avait lu le dossier dans Terre Sainte Magazine – reprenait le sujet. Les années suivantes ce fut le tour des autres grandes agences de presse et finalement le monde se précipita – et continue de le faire – pour rencontrer Wassim Razzouk dont la famille tatoue depuis 500 ans à Jérusalem. Cette publicité mondiale lui a permis d’ouvrir son atelier à plein temps.

Les pèlerins continuent d’y affluer. Dans l’échoppe, des pages du n°621 de TSM sont encore encadrées au mur. Depuis, des dizaines d’autres dans toutes les langues ont eu l’honneur de leur mise sous verre. Elles font la fierté de Wassim, devenu une figure incontournable de Jérusalem pour les documentaristes du monde entier.

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Terre Sainte Magazine n’est pas le premier magazine à avoir publié un article sur la famille Razzouk et la tradition de tatouer les pèlerins. Mais la reprise par l’AFP fit la fortune du sujet et de Wassim.

Ce dossier a bousculé ce que nombre d’entre nous pensaient du tatouage. Si vous aviez vu la tête de mes parents quand je leur montrais à 47 ans (!) mon bras tatoué. La stupeur passée, Papa rompit le silence et dit : « Ça va, c’est la croix de Jérusalem ! ». Oui, Papa, c’est la marque de Jérusalem.

PS : Le numéro au format papier est épuisé mais toujours disponible à la vente au format PDF sur www.terresainte.aboshop.fr

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