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Les vestiges d’un village hasmonéen découverts à Jérusalem

Christophe Lafontaine
28 mars 2019
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Des restes d’un village agricole et d’un caveau de la période hasmonéenne, il y a environ 2000 ans, ont été découverts ces mois-ci lors de fouilles réalisées par l'Autorité des Antiquités d’Israël au sud de Jérusalem.


La zone de fouilles ne représente probablement qu’une petite partie d’un ancien village hasmonéen (140 à 37 av. J.-C.). Mais les restes qui ont déjà été mis au jour à la faveur du projet de construction d’une école primaire sont conséquents, dans le quartier arabe de Sharafat au sud de Jérusalem, entre Beit Safafa et la colonie israélienne Gilo. Ce quartier, après l’occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967, a été ajouté par Israël au District de Jérusalem élargi. L’Autorité Palestinienne, considère que Sharafat fait partie de son gouvernorat de Jérusalem.

C’est la corporation de développement Moriah Jerusalem qui a financé les travaux de fouilles pour le compte de la municipalité israélienne de Jérusalem. L’objectif principal de cette organisation fondée en 1987 est de développer l’infrastructure à Jérusalem et de réaliser des travaux publics pour le gouvernement local.

C’est l’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI) qui a effectué les découvertes ces derniers mois et qui les a communiquées le 27 mars. Elle indique que le village juif découvert semble avoir eu une activité agricole prospère en produisant entre autres du vin et de l’huile d’olive, puisqu’ont été retrouvés un pressoir à huile et de nombreux fragments de jarres dans un grand pressoir vinicole. Les villageois faisaient également l’élevage de tourterelles reproductrices. En témoigne une grande grotte de columbarium (pigeonnier taillé dans la roche) – un type de structure dont plusieurs dizaines d’autres ont été retrouvées dans la région de Jérusalem. Les colombinés étaient une marchandise importante à l’époque du Second Temple pour les offrandes sacrificielles (le Temple n’était qu’à une heure de marche du site) mais aussi à d’autres époques, car la viande et les œufs étaient également des produits de consommation. A noter que les déjections des colombes, riches en minéraux, étaient utilisées comme engrais fertilisants pour la culture des fruits et légumes. Outre ces vestiges, les archéologues ont découvert d’autres installations remontant toutes à la période hasmonéenne : une citerne à eau, des carrières de pierre, un mikveh (bain utilisé pour l’immersion rituelle dans le judaïsme). Un autre bain avait déjà été mis au jour en 1994 sur ce même site. Il reste peu de traces des anciennes habitations, les archéologues pensent que les bâtiments ont été détruits et que les pierres ont été réemployées ultérieurement ailleurs. Une pièce de monnaie y avait été retrouvée en 2017 datant de la même époque.

Caveau funéraire luxueux et multi-générationnel 

Mais pour l’AAI, « le point culminant de la fouille est une magnifique chambre funéraire. » Il semble que cette chambre funéraire « ait servi à une famille riche ou importante au cours de la période hasmonéenne. Le lieu a été utilisé pendant plusieurs générations, comme il était d’usage à l’époque », explique Yaakov Billig, directeur des fouilles pour le compte de l’AAI.

Le complexe comprend un couloir menant à une grande cour creusée dans la roche et entourée d’un banc, ouvrant sur la façade d’entrée de la grotte funéraire. Par ailleurs, comme il était de coutume dans les caveaux juifs pendant la période du Second Temple, celle-ci se composait de plusieurs pièces, chacune ayant des niches funéraires oblongues (Kochim) taillées dans les murs dans lesquels étaient déposés les corps des défunts.

Sur le sol qui recouvrait la cour de la grotte se trouvaient de grandes pierres de construction, dont certaines étaient décorées et ornées du style architectural le plus raffiné de la période du Second Temple, notamment le chapiteau de style dorique d’un pilier en forme de cœur ainsi qu’un certain nombre de corniches moulées.

Selon un communiqué de l’AAI, « un tel artisanat de qualité dans les éléments architecturaux est rare. On le trouve majoritairement dans les constructions monumentales ou dans les chambres funéraires du secteur de Jérusalem, comme dans la chambre funéraire de la famille de prêtres de Benei Hazir, dans la vallée du Cédron, et dans plusieurs tombes du quartier de Sanhédriah (ndlr : nord de Jérusalem). » Un tel déploiement de raffinement laisse suggérer que le site de Sharafat était plus important que la zone de fouilles actuelle.

Selon le porte-parole de l’AAI, Yoli Schwartz, cité dans le Times of Israel, les terres fouillées ont été remblayées et la possibilité d’exposer au moins une partie du site est actuellement examinée. Il convient de noter qu’à Jérusalem, tous les sites archéologiques ne sont pas transformés en parcs ou en musées.

Par ailleurs, la grotte funéraire a été scellée par les archéologues à la demande de responsables rabbiniques, afin d’empêcher à l’avenir toute profanation des tombes.

 

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