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Jérusalem : l’archéologie clarifie un récit des croisades

Christophe Lafontaine
18 juillet 2019
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Une équipe internationale d’archéologue sa découvert un fossé sur le mont Sion comblé par les croisés pour assiéger Jérusalem en 1099. Confirmant les récits de l’époque qui rapportent une attaque par le sud de la ville.


Le 15 juillet 1099, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et ses croisés assiégeaient par le sud, après une campagne de cinq semaines, Jérusalem alors contrôlée par les Fatimides. C’était il y a tout juste 920 ans lors de la première croisade.Selon les récits de l’époque, dont l’Histoire anonyme de la première croisade ou encore l’Histoire des Francs qui ont pris Jérusalem rédigée par Raymond d’Aguilers (chapelain de Raymond de Saint-Gilles), la plupart des forces croisées se sont concentrées au nord de la ville pour s’en emparer, tandis que le provençal Raymond de Saint-Gilles était placé au sud de la ville sur le mont Sion. Il est dit qu’il aurait offert à ses soldats un dinar en or pour combler de pierres, durant la nuit, un fossé de défense probablement creusé par la dynastie califale. Le fossé une fois remblayé (ce qui aurait été réalisé en trois jours d’après les chroniques) devant permettre aux croisés de placer une tour de siège au plus près du mur afin de pénétrer dans la ville. Mais de fossé nul n’en avait, jusque-là, trouvé trace physique.

« Certains chercheurs avaient même douté de son existence » le considérant comme « un produit de chroniques du XIIème siècle … », a déclaré au Times of Israel, le professeur Simon Gibson, co-directeur des fouilles, professeur de pratique au département d’histoire de l’UNC Charlotte (l’Université de Caroline du Nord à Charlotte aux Etats-Unis) avec James Tabor, professeur d’études religieuses au sein de la même université. « Le fossé mentionné par les chroniqueurs a finalement été retrouvé et daté de l’époque du système de défense Fatimide au XIème siècle », a indiqué lundi dernier un communiqué de l’UNC Charlotte qui chapeaute les fouilles sur le Mont Sion en coopération avec Rafi Lewis de l’Ashkelon Academic University (Israël). Ce dernier a précisé au Times of Israel que le fossé avait été découvert en 2014 dans le cadre des fouilles archéologique du Project Mount Zion, mais qu’il avait fallu cinq saisons de fouilles pour procéder à son excavation, couche après couche. Le fossé faisait au moins 17 mètres de large et environ 4 mètres de profondeur, indique le communiqué.

En dépit des difficultés, les soldats ont rempli leur mission de remplissage du fossé et la tour de siège a été construite, a déclaré Rafi Lewis – mais celle-ci a été immédiatement incendiée par les Fatimides. Un jour plus tard, les autres forces croisées installées au nord de la ville ont réussi à franchir les murs et à prendre Jérusalem.

Une deuxième découverte vient confirmer les traces du siège de Jérusalem, au sud. Un petit bâtiment de la même époque a été mis au jour au même endroit. Un grand, long et riche bijou fatimide, a été en effet retrouvé sur le sol d’un bâtiment abandonné du XIème siècle à l’extérieur du fossé. Constituée d’or fin et de perles colorées, il pourrait être d’origine égyptienne d’après les chercheurs. Ressemblant à une boucle d’oreille, il s’agirait peut-être d’une broche. En effet, mesurant tout de même environ 8 centimètres il est possible que cette pièce de joaillerie puisse avoir été utilisée « pour maintenir un voile en autour de la tête d’une femme », explique Simon Gibson. Peut-être est-ce là le reste du butin composé par les croisés, suggère le communiqué de l’Université de Charlotte.

Dans le même bâtiment ont été retrouvés d’autres traces de la présence des croisés, notamment des pointes de flèche et des pendentifs en bronze, en forme de croix. « Ceci est extrêmement important pour les chercheurs des croisés », a déclaré Rafi Lewis, expert en archéologie des croisés et en archéologie des champs de bataille, « car nous disposons non seulement des restes du fossé que nous ne connaissions qu’à partir de sources d’information, mais également des signes de la bataille sur la ligne de front elle-même. »

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