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Les agences de pèlerinages, des partenaires pour la paix

Par huit agences françaises
16 janvier 2024
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L'eau ruisselle suite à de fortes pluies dans le désert de Judée, en Cisjordanie, le 2 février 2023. ©Sindel/Flash90

C’est Terre Sainte Magazine qui a sollicité les agences de pèlerinages pour qu’elles prennent la parole. C’est grâce à leur professionnalisme, à leur expérience mais aussi à leurs convictions chrétiennes qu’elles font du voyage un pèlerinage.
Nous les rencontrons souvent sur le terrain lorsqu’elles viennent prendre des nouvelles de leurs partenaires pour s’assurer que tout va bien.
Au moment où l’arrêt des pèlerinages les met elles aussi en difficulté, nous vous invitons à leur faire confiance et à revenir avec elles dès qu’elles vous y inviteront. Qui sait à Pâques ?


Beaucoup d’agences de voyages françaises proposent des séjours en Israël. Il y a celles qui sont spécialisées dans les séjours balnéaires, les circuits touristiques ou les séminaires. Elles mettent en avant les merveilleuses richesses de ce pays : Tel Aviv by night, Jérusalem et ses monuments historiques, le bain dans la mer Morte, le lac de Tibériade, la beauté des paysages du Néguev et de la Judée, l’histoire du peuple hébreu et de ses conquêtes. Éventuellement, elles proposeront une incursion à Bethléem en Palestine !

Nous aurons à soutenir les communautés chrétiennes locales par notre travail, et nous serons à notre modeste échelle ces partenaires pour la paix.

Au milieu de cette industrie du tourisme, il existe des agences spécialisées dans les pèlerinages, que ce soit pour les juifs, les musulmans ou les chrétiens. Dans ce chapelet d’agences, nous sommes huit partenaires français, reconnus par la Conférence des évêques de France, à travers et agréées par l’Association Nationale des directeurs Diocésains de Pèlerinages (ANDDP). Ce sont les agences suivantes : Bipel, Chemins et Rencontres, Ictus Voyages, Intermèdes-Terre Entière, Odéon Tour, Routes Bibliques, Terralto, Terre de la Bible.
Autant nous sommes différents, par notre culture d’entreprise, par notre histoire, nos relations et notre investissement en Israël et en Palestine, autant nous sommes unis par notre attachement à cette terre, à son histoire sainte. Nous souffrons tous depuis le 7 octobre de cette attaque terroriste et de cette guerre. Sur le plan économique, certains d’entre nous ont été peu impactés, d’autres ont subi plus de pertes financières (entre 10 et 25 groupes d’octobre à décembre annulés) en période de reprise post-Covid.

Un déchirement

Au-delà de ces considérations économiques, c’est surtout un profond déchirement ! Notre activité ne se réduit pas à un simple business avec nos partenaires locaux, tels que les guides, chauffeurs, hôteliers, restaurateurs, qui eux aussi subissent le couperet financier imposé par cette guerre. Nous avons construit de vraies relations humaines avec eux et entretenons des relations d’amitié profonde.
Lorsque nous organisons logistiquement des pèlerinages pour les centaines de paroisses, de diocèses et de groupes familiaux, nous mettons notre expérience et notre savoir-faire au service des accompagnateurs spirituels pour faciliter leur proposition pastorale : découvrir l’Histoire Sainte, méditer la Parole de Dieu, vivre les sacrements, méditer, visiter les sites bibliques et surtout rencontrer des témoins sur place, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Découvrir l’Histoire Sainte, méditer la Parole de Dieu, vivre les sacrements, méditer, visiter les sites bibliques et surtout rencontrer des témoins sur place, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Nous ne sommes pas des vendeurs d’extases, ni de miracles, ni de lieux incontournables. Nous croyons au bienfait spirituel de la rencontre avec l’habitant de cette Terre Sainte, qu’il soit chrétien, juif ou musulman. C’est un temps important que nous proposons systématiquement, dans les programmes souvent déjà chargés. Une rencontre c’est un échange entre la personne rencontrée et le groupe. Ne sommes-nous pas en visitation ?
Combien de fois nous avons entendu des personnes rencontrées nous dire : “merci d’être venus nous voir”, “merci de nous soutenir”. Et dans les groupes, “merci d’avoir ouvert mes yeux, mon cœur à une réalité qui n’est pas la mienne”. “Je suis encore bouleversé par le rayonnement du père Untel, de telle sœur”. “Je rentre avec plus de questions que de réponses, mais je peux témoigner de ce que j’ai vécu”. Dans un pays blessé, la venue de personnes extérieures contribue à détendre les relations entre communautés et est sans aucun doute un facteur de paix.
Alors si les pèlerins ne viennent plus, ou s’ils se transforment en simples touristes dans une “Terre Sainte land” où si “avoir tout fait et tout vu” est le seul critère, les témoins, les Pierres Vivantes, les passeurs d’espérance, les passeurs de paix perdront une partie de leur raison d’être et nous avec.
En 2024, nous espérons revenir à Jérusalem. Il faudra rassurer les groupes, les pèlerins, les diocèses, les paroisses et remettre en place une logistique stoppée par le covid puis par la guerre.
Nous devrons recommencer et rétablir nos relations avec nos fournisseurs, du moins ceux qui auront réussi à passer la crise : compagnies aériennes, agences locales, hôtels, autocaristes, guides, restaurants…

Il faudra réinventer

Nous aurons à entendre sans juger les déchirements, les complexités, les tensions et les blessures intra-communautaires qui jailliront de cette guerre. Nous aurons à accompagner les pèlerinages, à ne pas rajouter de la violence à la violence, nous aurons à réajuster nos pratiques. Nous aurons à soutenir les communautés chrétiennes locales par notre travail, et nous serons à notre modeste échelle ces partenaires pour la paix. C’est en tout cas ce qui nous anime tous profondément !t

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