Du 6 au 12 juillet, de la Vieille Ville de Jérusalem à la Galilée, en passant par Ramla et le désert de Judée, huit jours d'étude et de rencontres ont réuni des prêtres, des religieux, des étudiants et des laïcs venus du monde entier pour un cours consacré aux relations entre juifs, chrétiens et musulmans.
Le programme était organisé par le Notre Dame de Sion Center for Biblical Formation (CBF), en collaboration avec le Centre Cardinal Bea pour les études juives de l’Université pontificale grégorienne de Rome. Sa coordinatrice, sœur Katarzyna Kowalska, en explique l’esprit et les objectifs.
Sœur Katarzyna Kowalska, NDS – Coordinatrice du cours
« Quand je pense à l’endroit d’où je viens et au fait que nos étudiants arrivent de l’étranger, je souhaite qu’eux, comme moi, puissent réellement découvrir la diversité et la complexité de ce pays. Nous ne pouvons pas attendre que la paix advienne d’elle-même : nous devons être de ceux qui la construisent. C’est un défi exigeant, mais Jérusalem est un lieu extraordinaire lorsqu’on fait l’expérience de cette diversité. »
Au cours de ces huit jours, les participants ne se sont pas contentés des enseignements. Ils ont également parcouru la Terre Sainte, visité une synagogue, une mosquée et plusieurs églises, tout en rencontrant des communautés druzes, musulmanes et chrétiennes. Dans cette région, les chrétiens ne représentent qu’une faible minorité, environ 2 % de la population. Dans ce contexte, le dialogue n’est pas une option, mais une nécessité.
Pour le théologien jésuite, le père David Neuhaus, l’un des enseignants du cours, cette nécessité trouve ses racines dans le cheminement même de l’Église.
P. David Neuhaus, SJ – Enseignant
« Ce projet est né à l’époque du Concile Vatican II. Cette intuition nous a conduits, avant tout, à dialoguer avec nos frères et sœurs qui ne sont pas catholiques. Nous nous souvenons que Jésus est juif et que nous partageons avec le peuple juif une grande partie des Écritures. En même temps, nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais, dans une relation fondée sur le respect, nous pouvons dialoguer — avec le peuple juif, par exemple — au sujet de notre engagement commun en faveur de l’égalité, de la justice et de la paix dans le monde entier. »
Pour de nombreux participants, cette expérience a largement dépassé le cadre de la salle de cours. Veronika, une laïque venue de République tchèque, confie que ce séjour a profondément transformé son regard sur la région.
Veronika Vasiljová – République tchèque
« Même si je ressens parfois des difficultés vis-à-vis de certains groupes — qu’ils soient chrétiens, arabes, musulmans ou juifs, sans exception — je me dis toujours : nous sommes tous des êtres humains vivant sur une seule planète, et nous avons un seul Dieu. »
Pour le père Wilfried, prêtre camerounais, participer à ce cours constitue déjà un engagement en soi.
P. Wilfried Ebode Atangana – Cameroun
« Je participe à ce programme de formation. Mais au-delà de cela, je voudrais aussi apporter quelque chose de personnel : prendre part à ce dialogue et y faire entendre ma propre voix. Je ne veux pas quitter cette Terre Sainte comme j’y suis arrivé ; je veux me laisser transformer par cette réalité. Plus que des réponses, j’aimerais rentrer chez moi avec les bonnes questions à poser. »
Huit jours d’étude, de pèlerinage et de rencontres qui se sont transformés en un véritable cheminement, à vivre plus qu’à observer. Un appel qui dépasse les frontières de Jérusalem et invite chacun à aller à la rencontre de l’autre, où qu’il se trouve, dans un témoignage concret de la foi chrétienne.





