Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

C’est si simple en fait de se rencontrer

Marie-Armelle Beaulieu
10 juillet 2016
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Cécile était arrivée parmi nous pour faire un stage au cœur de la rédaction. Mais que sait-on à 19 ans du conflit israélo-palestinien ou des Églises orientales ? Comment lui confier un sujet qui soit publiable pour sa joie et la nôtre ?


Jérusalem est d’une telle richesse qu’il suffit de regarder autour de soi pour trouver un thème. Et autour de nous en ce mois de juin, c’était le ramadan.

Pour le traiter avec un regard décalé, j’invitais Cécile à se rendre avec moi au Saint-Sépulcre un vendredi après-midi. Nous allions observer le même lieu ensemble, charge à elle ensuite d’écrire un article dont je pourrais dire s’il restituait l’atmosphère.

Nous étions donc à déambuler dans la basilique de la Résurrection, méconnaissable du fait des travaux sur le tombeau de Jésus et de la typologie de ses visiteurs du jour. Comme je l’avais prévu, l’Anastasis était bondée de musulmans. La prière sur l’esplanade était terminée depuis deux heures, il fallait que la ville résorbe plus de 100.000 pèlerins venus prier.

Soif d’en savoir plus

Les ruelles assommées de soleil n’offrant pas assez d’ombre pour les fidèles dans l’attente qu’une noria de bus les reconduisent chez eux, c’est au Saint-Sépulcre qu’ils trouvaient refuge. Alors que nos pas nous avaient conduites au Calvaire, je notais qu’un groupe de jeunes femmes voilées regardaient attentivement. Je les abordais au début en arabe.

«Bonjour. Pourquoi vous visitez cette église ?» «Nous aimons beaucoup les chrétiens et nous voudrions découvrir leur prière et leur lieu saint.» «Ahlan wa sahlan, bienvenue, mais savez-vous où vous êtes ?» «Dans un lieu où Jésus a prié», tentèrent-elles souriantes. «C’est ici le lieu où il est mort sur la croix».

Et les questions de commencer de fuser, et la soif d’en savoir plus rivalisait avec celle d’en faire connaître davantage. Nous nous embarquâmes donc dans une visite de l’édifice. Deux de nos interlocutrices parlaient couramment l’anglais, et elles traduisaient à leurs sœurs, amies et aux deux papas qui les accompagnaient. Le moine grec de service à l’entrée du tombeau ne vit aucun inconvénient à ce que le petit groupe entrât.

A la sortie nous échangions sur les différences entre le texte du Coran et la foi chrétienne sur la réalité de la mort de Jésus. «Pour les musulmans, quelqu’un est mort à sa place mais lui est toujours vivant et a 2016 ans». «Mais Allah akbar, Dieu est le plus grand ? Alors il peut bien ressusciter un mort non ?» La visite s’acheva en selfies et échange d’emails. En action de grâces aussi parce que c’est si simple en fait de se rencontrer.

Dernière mise à jour: 10/01/2024 20:28

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