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Rétropédalage de Netanyahou sur l’accord au Mur Occidental

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29 mars 2016
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Rétropédalage de Netanyahou sur l’accord au Mur Occidental
A droite, la partie où doit être aménagé la nouvelle plateforme de prière mixte / photo CC BY-SA 3.0 par Sheepdog85

L’accord historique qui devait créer un espace de prière égalitaire au Mur Occidental (Mur des Lamentations) semble plus que jamais compromis.


(Jérusalem/TD) – L’accord historique qui devait créer un espace de prière égalitaire au Mur Occidental (Mur des Lamentations) semble plus que jamais compromis.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche 27 mars que “plusieurs difficultés ont fait leur apparition” concernant l’accord précédemment négocié sur le Mur Occidental, lieu accessible le plus sacré du Judaïsme. La pression des partenaires ultra-orthodoxes au sein de la coalition au pouvoir n’a fait qu’augmenter depuis la signature de l’accord, en janvier. (voir notre article précédent “Le Mur qui sépare les Juifs”)

Depuis le début de l’année en effet, des membres ultra-orthodoxes de la coalition ont signifié leur opposition au projet, pourtant précédemment approuvé par le rabbin du Mur Occidental, Shmuel Rabbinowitz, ultra-orthodoxe lui aussi. Par ailleurs, le ministre des Affaires religieuses David Azoulay a refusé de signer les régulations qui devaient implémenter l’accord.

Le plan prévoyait la construction d’une plateforme dans une partie non-aménagée du Mur. Elle devait accueillir un espace de prière mixte au-dessus d’un site archéologique, afin de permettre aux juifs non-orthodoxes de prier comme ils l’entendent. En effet le Mur Occidental est sous administration ultra-orthodoxe, qui impose le respect de normes strictes. Le plan pour le nouveau site, qui reconnaît pour la première fois les branches libérales du judaïsme (Réforme et Conservateur), avait eu l’aval de Netanyahou.

Dimanche, dans un communiqué, le premier ministre a officiellement fait savoir son intention de réviser l’accord : “Il y a deux mois, le Cabinet décidait d’implémenter les recommandations du Comité consultatif sur les conditions de prière au Mur Occidental. Depuis, plusieurs difficultés sont apparues. Nous travaillons pour les résoudre. Je voudrais réitérer mon engagement à résoudre le problème des conditions de prière au Mur Occidental dans la direction précédemment mentionnée.”

Pour ce faire, le chef du bureau du Premier ministre, David Sharan, a été nommé pour coordonner les discussions sur le problème avec les différentes parties. Il devra présenter dans les 60 jours une “recommandation sur les dispositions nécessaires pour résoudre les difficultés, sur la base de la solution proposée”.

Les leaders des mouvements religieux “Réforme” et “Conservateur” menacent de présenter l’affaire devant la Cour Suprême israélienne si la portée de l’accord devait être diminuée. Avec l’annonce que le premier ministre a faite dimanche, cela risque donc très probablement d’arriver.

“Ce serait un scénario cauchemar des points de vue juif et sioniste. Ce serait même un coup fatal qui serait porté au statut d’Israël en tant qu’État du peuple Juif”, a déclaré Yizhar Hess, chef du mouvement Conservateur en Israël, à propos d’une révision éventuelle de l’accord.

Selon le plan initial, des représentants des mouvements Réforme et Conservateur devaient faire partie du comité supervisant la nouvelle aire de prière. La reconnaissance officielle de ces mouvements déplaît particulièrement aux partis ultra-orthodoxes.

Le rabbin Gilad Kariv, leader en Israël du mouvement Réforme, a prévenu que si le plan ne devait pas être intégralement implémenté, Israël devrait faire face à une crise sans précédent avec les juifs de la diaspora : “Nous en appelons au premier ministre, pour dire clairement à ses partenaires ultra-orthodoxes que l’unité du peuple juif et la connexion entre l’État d’Israël et les Juifs du monde entier ne peuvent pas être otages de batailles de rues au sein de la communauté ultra-orthodoxe”.

Soixante jours seront-ils suffisants pour combler le fossé grandissant entre les mouvements juifs au sein de l’État Hébreu ? L’avenir le dira.

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