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Origine, rites, symboles… Ce qu’il faut savoir sur Yom Kippour

Cécile Lemoine
15 septembre 2021
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Origine, rites, symboles… Ce qu’il faut savoir sur Yom Kippour
Un homme expie les péchés de ses enfants à travers le rituel de la Kapparot en amont de Yom Kippour, le 12 septembre 2021 ©Arie Leib Abrams/Flash90

La fête du Grand Pardon, qui débute ce mercredi 15 septembre au soir, se caractérise par un jeûne de 25 heures dans le but d'expier ses péchés


C’est la fête la plus sainte du calendrier juif. Elle a lieu dix jours après Roch Hachana, le nouvel an juif. On parle de cette période comme des « jours redoutables », un moment dédié à la repentance et à l’introspection, qui trouve son apogée lors de Yom Kippour, le « jour de l’expiation ». Le début de l’année juive est donc placé sous le signe du pardon.

D’où vient cette fête ?

La fête du Grand Pardon trouve son origine dans la Bible. Après avoir fui l’Egypte, les Hébreux, menés par Moïse, arrivent au Mont Sinaï où Dieu fait don des Dix Commandements. En redescendant de la montagne, Moïse surprend son peuple en train d’adorer un veau d’or.

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De colère, il brise les tablettes de la Loi et s’en retourne sur la montagne pour y expier l’idolâtrie de son peuple. Il obtient le pardon divin, symbolisé par le don de nouvelles tablettes et le renouvellement de l’Alliance (Exode 32).

Quels sont les interdictions observées à Yom Kippour ?

Yom Kippour est un jour chômé en Israël. Il correspond au «shabbat des shabbat » : la totalité des 39 activités traditionnellement prohibées à shabbat le sont également à Yom Kippour, en plus de cinq autres interdictions spécifiques, qui visent à accompagner le fidèle dans la reconnaissance de ses transgressions et la confession de ses fautes. Les juifs doivent ainsi s’abstenir de :

  • Manger et boire pendant 25 heures
  • Se laver (sauf les mains)
  • Toute relation sexuelle
  • Se parfumer ou utiliser des crèmes
  • Mettre des chaussures en cuir
Comment les juifs observants expient-ils leurs péchés ?

Dans les jours qui précèdent Yom Kippour, certaines communautés juives ultra-orthodoxes ont pour habitude de pratiquer les kapparot. Il s’agit d’un transfert symbolique des péchés de la personne sur un poulet que l’on fait tourner au-dessus de sa tête avant de l’abattre pour le consommer ou le donner à une œuvre charitable. La coutume, décriée, se fait rare, plutôt remplacée par des dons d’argent.

Kapparot dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, le 14 septembre 2021 ©Cécile Lemoine/TSM

Autre rite insolite : le Tashlich. Habituellement pratiqué à l’occasion de Rosh Hashanah, certains le réservent pour la veille de Yom Kippour. Au cours d’une prière qui se tient traditionnellement à côté d’un point d’eau vive contenant des poissons, les fidèles se débarrassent de leurs péchés. La coutume, qui remonte au XIIIe siècle, peut également se dérouler autour d’un évier ou d’une petite baignoire, comme à Mea Shearim, le quartier juif ultra-orthodoxe de Jérusalem.

Chez les juifs les plus observants, d’autres s’adonnent au Malkot, un rituel pendant lequel le repentant se fait symboliquement fouetter en guise de punition pour ses péchés. Chacun est également invité à demander pardon aux personnes à qui du tort a été causé, et à réparer ses fautes lorsque c’est possible.

Cérémonie traditionnelle du »Malkot » dans une synagogue du quartier ultra orthodoxes de Mea Shearim, à Jérusalem, le 27 septembre 2020. © Yonatan Sindel/Flash90

Comment cette fête est-elle célébrée ?

Le soir précédant Yom Kippour, familles et amis se réunissent autour d’un grand repas qui doit être terminé avant le coucher du soleil. Objectif : prendre des forces avant la journée de jeûne. Il est également de coutume d’allumer des bougies pour célébrer l’entrée dans l’aspect sacré de la fête. La journée se déroule en grande partie à la synagogue, où cinq offices se succèdent pour les juifs les plus pieux.

La toute fin de Yom Kippour est célébrée avec un shofar, une corne de bélier dont le son spécial appelle à un réveil spirituel et moral. En Israël, cette journée se caractérise par l’absence totale de voitures dans les rues, une tradition respectée par l’ensemble des Israéliens, pratiquant ou pas.

Yom Kippour à Tel Aviv : les voitures désertent les rues, pour la plus grande joie des cyclistes. ©Miriam Alster/Flash 90

Après avoir été lavés de leurs péchés, hommes et femmes peuvent entamer les préparations de la grande fête suivante, celle de Souccot, la « fête des cabanes », qui se tiendra du 20 au 27 septembre.

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