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Petit Kotel gros souci

Terresainte.net
22 mars 2012
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Petit Kotel gros souci
Le petit Kotel, dans le quartier musulman © Mab/CTS

La mairie de Jérusalem a aménagé l’endroit, la police protège les juifs qui se rendent dans ce recoin du quartier musulman, mais le Tribunal de Jérusalem interdit dorénavant qu’on y sonne le Shofar. Le petit Kotel peut accueillir la prière mais certaines provocations doivent cesser.


(Jérusalem/m.a.b) Le petit Kotel, ha kotel Hakattan en hébreu, est un lieu à peu près inconnu des habitants de la Vieille Ville, des touristes et de la plupart des juifs de Jérusalem et d’ailleurs. C’est un mur à l’Occident de l’esplanade, ce qui fait de lui un mur occidental… comme l’autre, le Kotel Hamaaravi (Mur Occidental en hébreu), le Mur des Lamentations que l’on connaît. Sauf qu’il est beaucoup plus haut (il est au même niveau que l’esplanade actuelle) et beaucoup plus au nord. Ainsi, géométriquement parlant, il est plus proche du lieu présumé du Saint des Saints où repose la Shekinah, la Présence de Dieu ce qui fait de lui un lieu plus saint que l’autre.

Il vient rivaliser avec l’autre portion de mur occidental qui tenait le record de proximité avec le Saint des Saints. Cette portion-là est accessible par le tunnel, ouvert en 1996, permettant de longer du Sud au Nord, les fondations de l’esplanade du Temple.

Cette proximité avec le Saint des Saints compte beaucoup pour les juifs qui se rendent au plus près du Temple perdu. C’est cette proximité qui a présidé au choix de mettre les hommes à gauche et donc plus proches du Saint des Saints et les femmes à droite, enfin… depuis que la mixité est de mise au Mur Occidental (soit après 1967, quand l’État israélien a confié la gestion du Lieu Saint aux juifs orthodoxes.)

Plus près ou non, le petit Kotel a plusieurs atouts à faire valoir. Il est à l’air libre; depuis que la municipalité prend soin de nettoyer l’endroit, il est devenu coquet ; il donne une excellente idée de ce que devait être le Kotel avant 1967, avant qu’Israël ne rase le quartier des Maghrébins pour faire l’esplanade que l’on connait aujourd’hui. En effet, il est cerné de constructions Mamelouk et Ottomane turques. Et… ou plutôt mais… il est en plein quartier musulman. Enfin cela en fait un atout pour certains, comme pour l’association Ateret Cohanim (Couronne des prêtres) qui selon ses propres termes « se bat pour que de nouveaux quartiers Juifs voient le jour (NDRL en Vieille Ville), et pour la restitution des biens ayant appartenus aux Juifs sous le mandat britannique et après l’occupation jordanienne de la ville jusqu’en 1967. » Le groupe organise chaque shabbat des prières sous la protection de la police dans cette cours intérieure d’immeubles musulmans. Pour les fêtes qui le nécessitent, les membres de cette association d’extrême droite, entendaient y sonner le shofar… L’un d’entre eux le fit, en 2006, à l’occasion de Kippour. Mais il fut arrêté par la police et interdit de se rendre sur place durant 15 jours. Il porta plainte. Six ans après, la plainte vient d’aboutir et lui et ses petits camarades voient la police confirmée dans son bon droit. Le Tribunal de Jérusalem a en effet estimé que « les forces de l’ordre pouvait intervenir et stopper toute action dont elle pensent qu’elle pourrait provoquer des violences ou mettre le public en danger ». 
Si la Municipalité de Jérusalem favorise ce que d’aucuns appellent une « judaïsation » de la ville, elle entend maintenir autant que possible l’ordre public.

Selon le président du tribunal, deux logiques s’opposent, « celle de la liberté d’expression religieuse et celle de la sécurité publique » qui aurait ou être appréciée différemment si la police avait été prévenue, afin de renforcer la sécurité du quartier. Pour Mickey Levy, ancien chef de la police de Jérusalem, la décision de la justice israélienne est la bienvenue, car, « il n’y a aucune raison de sonner le shofar à cet endroit, alors qu’il y a une multitude de lieux le long du Kotel à cet effet ».

Le policier a poursuivi ses déclarations affirmant que la police doit réussir l’exercice délicat de maintenir à la fois la sécurité et l’équilibre précaire entre tous les groupes religieux de la vieille ville de Jérusalem, ce qui peut conduire à des décisions impopulaires « comme limiter l’accès à certains sites religieux ».

On ne sonnera donc plus le shofar. En attendant, les habitants du quartier et spécialement ceux qui doivent emprunter la cours pour se rendre dans leurs maisons veulent bien admettre que ce lieu soit un lieu saint pour les juifs mais ils sont excédés des provocations. Que des barrières leur aménagent un passage dans leur propre cours, ne rend pas les juifs propriétaires de l’espace et de « ce mur qui, selon Khader Shahadi, est connu pour être musulman depuis les sept derniers siècles au moins. Khaled lui explique les aménagements faits pas la municipalité, qui a notamment enlevé des échafaudages de soutènement installés après que le creusement du tunnel, le long du kotel, ait fragilisé les édifices. Mais ce qui l’excède le plus c’est de voir les poubelles de l’immeuble renversée sur le pas de leur porte « c’est intolérable » et pour ça personne ne bouge. Des photographes venus pour prendre des photos et les voisins sont nerveux. Il faudra plus que d’interdire de sonner le shofar pour éviter au petit Kotel les gros soucis.

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