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Que devient Sukkot dans la tradition chrétienne?

David Neuhaus
19 septembre 2013
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Que devient Sukkot dans la tradition chrétienne?
Construction d'une soucca, tente, pour la fête de Souccot Photo © Yonatan Sindel/Flash90

Bonne fête de Soukkot à tous nos amis juifs! Le Père David Neuhaus SJ a publié le site web du Vicariat Saint-Jacques pour les catholiques de langue hébraïque en Israël  une réponse à la question : où est Soukkot (la fête des Tentes) dans la tradition chrétienne ? Il a autorisé Terresainte.net à le reproduire.


Bonne fête de Soukkot à tous nos amis juifs! Le Père David Neuhaus SJ a publié le site web du Vicariat Saint-Jacques pour les catholiques de langue hébraïque en Israël  une réponse à la question : où est Soukkot (la fête des Tentes) dans la tradition chrétienne ? Il a autorisé Terresainte.net à le reproduire.

(Jérusalem) – Dans la tradition biblique, il y a trois fêtes de pèlerinage centrales : la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tentes. Deux des trois célébrations sont explicitement reprises dans le Nouveau Testament et reçoivent une nouvelle couche de sens. La Pâque est célébrée non seulement comme libération de l’esclavage en Égypte mais la célébration de la libération de la mort par la croix et la résurrection de Jésus (Pâques). La Pentecôte n’est pas seulement la célébration des premiers fruits de la terre, mais la célébration du premier fruit du ciel – le don du Saint Esprit. Mais qu’est-il advenu de la fête des Tentes (Sukkôt) dans la tradition chrétienne ?
Dans les anciens écrits d’Israël, la fête des Tentes célébrait la dernière récolte, quand le peuple venait au Temple de Jérusalem pour se réjouir et rendre grâces à Dieu après une année agricole. Ils commémoraient à ce moment les quarante années d’errance dans le désert, où Dieu pourvut à tous leurs besoins tandis qu’ils trouvaient refuge dans des tentes fragiles (Lévitique 23,43). Dans la littérature prophétique (cf. Zacharie 14), la fête des Tentes était reliée à la fin des temps, quand Dieu récoltera la dernière récolte d’Israël et des Nations, qu’ils viendront tous rendre un culte à Jérusalem. A première vue, il semble que cette fête ait disparu dans la tradition chrétienne (même si Jésus monte à Jérusalem pour la fête des Tentes dans l’Évangile de saint Jean, chap. 7).
Dans un second temps, on peut cependant trouver un écho de la fête des Tentes dans la Transfiguration de Jésus, une fête célébrée le 6 août. En Terre Sainte, tous les regards se tournent à ce moment-là vers le Mont Tabor, vénéré comme la « haute montagne » du récit évangélique. Le récit de la Transfiguration de Jésus devant les yeux de trois de ses disciples est raconté à plusieurs reprises dans les Évangiles (cf. Matthieu 17,1-8, Marc 9,2-8, Luc 9,28-36). Jésus, le visage brillant comme le soleil et les vêtements resplendissants de blancheur, donne à ses disciples une vision de sa gloire avant d’entrer dans la Passion et la mort. En effet, juste avant de monter sur la « haute montagne », Jésus a annoncé pour la première fois à ses disciples qu’il devait aller à Jérusalem pour y souffrir et mourir. Pierre a résisté à cette terrible prophétie. Maintenant, confronté à Jésus transfiguré, conversant avec Moïse qui a donné la Loi, et avec Élie, le Prophète par excellence, Pierre, un des trois disciples présents avec Jésus sur la haute montagne, suggère de construire trois tentes pour Jésus, Moïse et Élie. Pierre semble de nouveau résister au fait que Jésus doive descendre de la haute montagne pour souffrir et mourir à Jérusalem. Il préférerait faire de Jésus un sanctuaire sur la montagne. Mais Jésus n’a pas à rester sur la montagne sous une tente, il doit aller Jérusalem où il sera crucifié. Les tentes que Pierre cherche à bâtir ne sont pas celles que Dieu désire.
Quarante jours après la Transfiguration, le 14 septembre, l’Église catholique célèbre la fête de la Croix glorieuse. De nombreuses traditions chrétiennes comparent le bois de la Croix au bois de l’arbre dans le jardin d’Éden. Par l’arbre du jardin d’Éden, la mort est entrée dans le monde à cause de la désobéissance (Adam a mangé du fruit défendu), et par le bois de la Croix, la vie a été restaurée (Jésus fut obéissant jusqu’à la mort sur une croix). La croix est aussi comparée à l’Arche de Noé (dans laquelle tous ceux qui trouvaient refuge étaient sauvés) ou au bâton de Moïse avec lequel celui-ci accomplit signes et prodiges et guida le peuple. Mais elle peut aussi être comparée à une tente. A la place des tentes que Pierre voulait élever pour Jésus et ses compagnons sur la haute montagne, la croix de Jésus offre la tente véritable pour qui se réfugie en elle, fuyant le péché, élevant le regard vers le Fils de l’homme qui est resté totalement obéissant à la volonté de son Père céleste. 
En outre, la fête de la Croix glorieuse trouve son origine dans le jour de la dédicace de l’Eglise de la Résurrection (connue en français comme Eglise du Saint Sépulcre). C’est le 14 septembre 335 que la dédicace de l’édifice constantinien fut célébrée, une tente au cour de Jérusalem pour tous ceux qui cherchent refuge à l’ombre de la croix et tournent leur visage vers la gloire du Christ ressuscité.

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