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Sans la révélation de son messie Yeshoua, le peuple juif n’est pas sauvé

Hélène Morlet
20 janvier 2016
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Sans la révélation de son messie Yeshoua, le peuple juif n’est pas sauvé
Le culte messianique du samedi matin à Tel Aviv avec le pasteur Jacques Elbaz. Devant lui, le réceptacle doré contenant le pain et le vin ©Hélène Morlet/CTS

Jacques Elbaz, juif messianique et protestant évangélique ne cache rien de son amour indéfectible pour Israël. Mais il espère la reconnaissance par son peuple de Yeshoua (Jésus) comme son messie.


Issu d’une famille française juive pratiquante, Jacques Elbaz incarne à lui seul les liens entre protestantisme évangélique et judaïsme messianique. C’est en rencontrant Marie-Lou, qui devint sa femme, qu’il découvrit le Christ. Ensemble, ils se sentirent appelés à servir le Seigneur. Ainsi Jacques devint-il pasteur des Assemblées de Dieu en France, une des branches des Églises protestantes évangéliques, où seule la Bible fait autorité. “Je m’identifie dans ma foi à l’histoire des premiers protestants. Ils se sont émancipés de l’Église officielle en lisant la Bible. Ils ont expérimenté une vie spirituelle avec l’Esprit et les persécutions qui vont avec” dit Jacques.

Avec Marie-Lou il “monta” en Israël en 1998. Depuis, ils exercent un ministère dans le cadre de la Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur, accompagnant une communauté africaine francophone à Tel Aviv le samedi soir, et une paroisse le dimanche soir à Jérusalem. En 2007, ils fondèrent l’Institut et Faculté de Théologie de Jérusalem, pour y former des protestants francophones.

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Pour Jacques Elbaz, la différence entre juif messianique et protestant évangélique est minime. “Les deux ont vécu une expérience personnelle avec Jésus Christ, qu’ils ont reçu comme leur Sauveur personnel. Ils ont expérimenté la nouvelle naissance dont parle Jean 3, 1-8”. C’est dans cet esprit et en tant que juif “né de nouveau” qu’il anime un culte messianique dans la communauté Brit olam, Alliance éternelle, à Tel Aviv. Dans la sobre salle, le regard est attiré par une sculpture : un rouleau de la Torah entouré de bâtiments de Jérusalem avec une citation en hébreu : “La loi sortira de Sion et, de Jérusalem, la parole du Seigneur” (Is 2, 3). Le culte débute par des chants de louange en musique et continue par la prédication du pasteur, suivie d’un temps de prière avec imposition des mains et partage de pain et de vin, symbole de la Cène mais sans consécration.

Juif messianique et non chrétien

À la façon des prédicateurs américains, Jacques se déplace sur l’estrade et s’exprime avec charisme. Dans sa prédication, il alterne anecdotes personnelles et citations bibliques éclairant la situation actuelle de Jérusalem. “Nous sommes un peu fondamentalistes dans notre lecture de la Bible”, explique-t-il plus tard avant d’ajouter : “Nous croyons à l’inspiration et à l’inhérence de la Bible, c’est-à-dire que ce qui y est écrit est vrai. Donc, en toute sincérité et sans vouloir être politique, la “reconstitution” de l’État d’Israël est la volonté de Dieu. Il y a encore des prophéties, du livre de l’Apocalypse notamment, qui ne se sont pas encore réalisées mais pour lesquelles il est nécessaire que le peuple juif soit sur la terre d’Israël.”

Le sionisme de Jacques Elbaz n’est pas politique – il s’en défend – mais estime s’appuyer sur la Bible. “Il est aussi écrit qu’il faut aimer son prochain comme soi-même, donc je n’ai pas de haine pour les arabes. Certains sont protestants et nous travaillons ensemble, pour des œuvres sociales notamment.”

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On le comprend en l’écoutant, sa relation aux arabes est conditionnée par son soutien total à l’État d’Israël. Revenant au sionisme il affirme : “Vous savez, Dieu a dit à Abraham, en parlant d’Israël “Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront” (Gn 12, 3). Si les nations qui maltraitent Israël savaient qu’elles s’en prennent à la prunelle des yeux de Dieu, comme c’est dit dans Za 2, 8…”

Jacques ne termine pas sa pensée et enchaîne sur le peuple juif : “Car Israël est le peuple élu de Dieu, et l’Église ne l’a pas remplacé. Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel, comme le dit saint Paul (Rm 11, 29). C’est un peuple pécheur, qui doit passer par la repentance, mais c’est le peuple de Dieu.”

C’est donc dans le but de l’évangéliser qu’il préfère le nom “juif messianique” à celui de chrétien. “Pour moi, sans la révélation de son messie Yeshoua, le peuple juif n’est pas sauvé. Car il n’y a de salut en aucun autre selon Ac 4, 10. La meilleure chose que l’on peut souhaiter à ceux que l’on aime est d’être sauvés. Nous témoignons donc de l’Évangile dans les rues, par des animations.” Si pendant longtemps le grand rabbinat d’Israël a fermé les yeux sur ces pratiques, à l’occasion des dernières fêtes de Soukkot (fête des tentes), il a clairement affiché son refus de tous ces groupes chrétiens évangéliques qui cherchent à convertir les juifs. Le torchon brûlerait-il entre Israël et ceux qui entendent en être d’ardents défenseurs ?

Dernière mise à jour: 29/12/2023 16:41

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Article paru page 2 de Terre Sainte Magazine 641, janvier-février 2016