
Un plan a été voté pour le sauvetage de l’aqueduc de Césarée. L’ouvrage, construit par Hérode le Grand, devra être préservé de l’érosion marine. Les pèlerins pourront continuer à l’admirer en évoquant l’histoire d’une ville capitale pour le début du christianisme.
Il y a deux ans, une portion de l’aqueduc antique de Césarée s’est partiellement effondrée sous l’effet de l’érosion marine et de l’instabilité du sable côtier. L’incident n’a pas fait de victimes, mais il a servi d’alerte.
C’est cet épisode qui a conduit l’Autorité des antiquités d’Israël à lancer un programme de stabilisation. Un accord a été signé avec la Société de développement Césarée et le Conseil régional de Carmel Beach, a-t-elle annoncé par communiqué.
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Le plan prévoit un investissement de quinze millions de shekels (4 millions d’euros) pour la conservation archéologique proprement dite. Vingt-quatre millions supplémentaires (6.5 millions d’euros) doivent financer l’aménagement du site et l’amélioration de l’accueil du public.
Un géant de pierre
L’aqueduc longe la côte sur plusieurs kilomètres. Le tronçon dit « haut » s’étend sur environ cinq kilomètres depuis les sources au nord jusqu’à la ville antique. L’ensemble du système hydraulique, avec ses extensions ultérieures, dépasse les dix kilomètres.
Construit à l’époque de Hérode le Grand, puis remanié à l’époque romaine, l’ouvrage est composé d’une succession d’arches en pierre de taille supportant un canal supérieur étanche. Certaines sections atteignent plusieurs mètres de hauteur.
Les interventions annoncées comprennent la consolidation des fondations, le renforcement des arches fragilisées, le traitement des fissures et la protection contre l’érosion marine. Des études d’ingénierie et des relevés numériques précèdent les travaux. L’objectif est de stabiliser sans dénaturer.
Un paysage des Actes des Apôtres
Césarée n’est pas seulement un site archéologique. C’est un lieu biblique. Dans les Actes des Apôtres, Pierre y baptise le centurion Corneille. Paul y est détenu avant son départ pour Rome.
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Pour les pèlerinages chrétiens, l’arrêt à Césarée maritime permet de relire ces épisodes face à la mer. L’aqueduc, même s’il n’est pas cité dans les textes, donne chair au décor urbain de l’époque. Il rappelle la puissance de la ville romaine où les premières communautés ont pris forme.
Sa restauration n’est donc pas anodine. Elle touche à la manière dont ce paysage est transmis. Sécuriser l’ouvrage, améliorer les accès, canaliser les flux de visiteurs, c’est aussi permettre aux groupes de pèlerins de circuler sans risque dans un cadre plus lisible.
L’effondrement partiel a joué un rôle d’électrochoc. Il a rappelé que ces pierres, si photogéniques soient-elles, restent vulnérables. La stabilisation annoncée marque une nouvelle étape : préserver un monument de deux mille ans tout en l’inscrivant dans une fréquentation croissante.
Entre mémoire biblique, ingénierie romaine et tourisme contemporain, l’aqueduc de Césarée demeure un trait d’union.



