Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

Chrétiens arabes : une Église du Samedi saint

Propos recueillis par Marie-Armelle Beaulieu et Nizar Halloun
30 mai 2017
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Chrétiens arabes :  une Église du Samedi saint
On ne peut pas séparer les chrétiens de la société dans laquelle ils vivent.

Les chrétiens d’Orient sont dans la tourmente.
Le père Rafic Khoury du patriarcat latin, dans le 4e entretien qu’il accorde à Terre Sainte Magazine, éclaire les causes de la crise et ouvre les portes de l’espérance.


Père, tandis que le monde arabe est parcouru de crises, comment se porte le christianisme arabe ?

Vous faites bien de partir du monde arabe, parce que les chrétiens de ce monde font partie intégrante de leurs sociétés. Or, la crise du christianisme oriental, c’est précisément la crise des sociétés arabes. Il saute aux yeux que tous les pays du Moyen-Orient sont en crise. Une crise qui a des facteurs internes et externes.
Depuis que le monde arabe est revenu sur la scène de l’Histoire à partir du XIXe, après quatre siècles de domination ottomane qui l’ont vidé de son âme, il s’est trouvé confronté à la modernité. Or, depuis et jusqu’aujourd’hui, le monde arabe n’a pas réussi à se réconcilier avec la modernité si bien qu’il se trouve dans une instabilité politique, économique, sociale, culturelle et également religieuse.
À ces facteurs internes, il faut ajouter ceux externes des interventions étrangères. Le Moyen-Orient se trouve au centre de trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Par conséquent, il ne laisse personne indifférent.
En géopolitique, dominer le Moyen-Orient c’est pratiquement dominer le monde. Je parlais d’interventions étrangères et il faut ici nommer l’Occident. C’est lui qui n’a eu de cesse de vouloir fragmenter le monde arabe en petits États pour mieux le dominer. Il suffit de rappeler la première fragmentation après la Seconde Guerre mondiale, quand le monde arabe, qui aspirait à l’unité, a été divisé en de petits états (Syrie, Liban, Irak, Jordanie) selon les intérêts des grandes puissances de l’époque.
Mais un tournant a été pris depuis les années 1990 ; l’intervention de l’Occident dans la région est devenue de plus en plus violente. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé en Irak, en Libye, en Syrie… On constate une tendance à vouloir dominer le monde arabe pour répondre à des intérêts égoïstes.
Les facteurs internes et externes se conjuguent pour ce résultat : une crise du monde arabe qui a des répercussions profondes sur toutes les composantes de nos sociétés.
Maintenant, si vous me demandez comment se porte le christianisme arabe, je ne peux que répondre : il est en crise comme ses sociétés. On ne peut pas séparer les chrétiens de la société dans laquelle ils vivent. L’existence même des chrétiens de la région est fragilisée et par conséquent se pose la question de leur avenir au cœur de leur monde.
Ma conviction, n’étant ni analyste, ni prophète, c’est que le temps que nous vivons est une période transitoire. Nous sommes dans un tunnel. Mais au bout du tunnel, il y a forcément la lumière. Nous traversons une période de crise mais nous en sortirons, en tant que peuple arabe plus sûr de lui-même et en tant que communauté chrétienne arabe plus sûre d’elle-même, pour regarder ensemble vers l’avenir.

Vous avez parlé de rapports de dominants à dominés, Occident/Monde arabe, comment peut-on en sortir ?

En adoptant de chaque côté un autre regard. Le monde arabe est-il un partenaire ou un monde à dominer ? S’il doit être dominé, alors on le frappera dès qu’il lèvera la tête. S’il est un partenaire, alors on le reconnaîtra comme tel. Le monde arabe doit lui aussi changer de regard. L’un ne se fera pas sans l’autre. En ce qui concerne les chrétiens, je crois qu’ils doivent arrêter de se regarder dans le miroir des autres. C’est un des freins du christianisme oriental : que disent de nous les musulmans ? Que disent de nous les juifs ? Que dit de nous l’Occident ? Peu importe ! Il est temps que nous nous regardions dans notre propre miroir, pour nous voir tels que nous sommes dans cette société et y contribuer avec notre caractère propre, sans fusion d’une part, mais sans isolement d’autre part. La fusion nous prive de la spécificité de notre identité et l’isolement nous prive de notre mission au sein de nos sociétés. Un des drames du monde arabe et du christianisme oriental, c’est qu’ils se sont laissés dépouiller de leur identité en cherchant la protection d’un autre, qui ne considère, en fin de compte, que ses propres intérêts.

 

 

Et comment faire quand l’Église arabe devient de plus en plus mendiante dans le mauvais sens du terme et de plus en plus occidentalisée ?

C’est effectivement ce que j’appelle se laisser dépouiller. Mais il ne faut pas être trop pessimiste non plus. Il y a un effort de réappropriation de notre identité. En nous réappropriant notre tradition, nous forgeons notre identité, une identité dynamique et ouverte, capable de rester en dialogue avec le monde environnant et le monde tout court. Il s’agit d’avoir une vision sereine et saine de nous-mêmes pour pouvoir être en relation avec les autres. Le monde arabe lui aussi devrait assumer ce qu’il est, non pour s’opposer au reste du monde, mais pour – sachant qui il est – vivre en relation avec le reste du monde. Nous sommes appelés à nous asseoir à la table des nations pour prendre part à la construction de l’humanité d’aujourd’hui, dans le partage de nos richesses respectives.

Dans cette construction, quels sont les défis que les chrétiens ont à affronter ?

Il me semble que le grand défi qu’affrontent nos Églises concerne la foi, que je peux résumer en trois questions qui se posent à nous et qui sont autant de défis. Premièrement : quelle est notre foi en Jésus-Christ ? Il s’agit de définir quels chrétiens nous sommes. C’est une question fondamentale. Tant que nous n’y aurons pas répondu il est difficile de répondre aux autres qui sont : quelle appartenance à l’Église et quelle présence dans la société ?

Pouvons-nous ébaucher une réponse ? Quelle est la foi en Jésus Christ des chrétiens arabes ?

Notre foi chrétienne est davantage une foi sociologique qu’une foi personnelle. Sans généraliser, bien entendu. C’est pour beaucoup une foi d’appartenance à un groupe social et non pas la foi en la personne vivante qu’est Jésus-Christ. C’est un héritage du passé. Je suis chrétien parce que mes parents sont chrétiens, parce que mes grands-parents sont chrétiens etc.
Cette foi sociologique a des répercussions sur notre type d’appartenance à l’Église. En arabe on parle de Ta’ifa (confession, secte), mais la Ta’ifa, c’est uniquement un groupe social qui a perdu ses racines trinitaires. Or nous sommes une communauté de foi, voulus par Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Si ces racines sont coupées, l’Église est réduite à être un groupe social, fermé sur lui-même, qui a ses propres intérêts, qui voudrait se maintenir et qui se fige dans l’Histoire.
Cette foi sociologique, cette appartenance confessionnelle à l’Église ont ensemble des répercussions sur la perception de la société dans laquelle nous vivons. Chaque confession a tendance à regarder les autres comme une menace plutôt que comme une communauté avec laquelle elle est amenée à entrer en relation pour construire le monde.
Tant que nous n’aurons pas répondu à ces questions-là, notre foi sera bancale, nous boiterons.

 

Dans les rues du village de Taybeh.

 

Mais ce défi n’est-il pas commun à tous les chrétiens du monde ?

Certainement mais les chrétiens d’Occident, ceux qui croient, ont déjà répondu à ces questions. L’Occident n’est plus chrétien, mais les chrétiens occidentaux engagés ont une foi personnelle en Jésus-Christ. Ils savent de quoi il s’agit quand ils appartiennent à l’Église, ils savent de quoi il s’agit quand ils veulent se situer dans la société. Nous, en Orient, nous n’avons pas encore fait le passage de cette foi sociologique à la foi personnelle, ce qui fait que la foi reste quelque chose de nébuleux, une sorte de religiosité diffuse et naturelle. Mais je crois que c’est le moment. La situation nous oblige à revoir la qualité de notre foi, la qualité de notre appartenance à l’Église et la qualité de notre présence dans la société. C’est ainsi que notre christianisme devient une vocation et une mission, au lieu de rester uniquement préoccupé de sa survie.

Qu’est-ce qui a empêché les chrétiens du monde arabe de se poser ces questions ?

C’est une conséquence de ce que j’ai évoqué : le retard du monde arabe dans son ensemble à affronter la modernité. Il y a un monde qui se construit autour de nous, et nous nous accrochons au passé. C’est flagrant pour l’islam, mais c’est pareil pour nous. Pourtant, les chrétiens devraient être créateurs, ils devraient apprendre à accueillir les questions que leurs sociétés et le monde moderne leur posent, pour se situer ici et maintenant (hic et nunc), ici dans cette partie du monde et maintenant en cette période historique que nous traversons.

Comment changer cette mentalité ?

Elle changera par la force des choses. La dynamique de l’histoire avance. Nous devrions entrer dans cette dynamique plutôt que de rester attachés à des formes qui ne répondent plus aux besoins du monde actuel. Je crois que les fidèles de nos Églises ont besoin d’une nouvelle évangélisation, dont on parle tant dans l’Église universelle. Mais cette nouvelle évangélisation devrait être menée à partir de notre tradition et à partir de notre situation propre et particulière et nos besoins réels, et non d’après des schémas préétablis venus de l’extérieur. Tout cela exige de notre part une étude profonde et sérieuse pour définir notre situation propre et nos besoins réels. Je ne prendrai qu’un exemple : comment pourrons-nous approcher le mystère de l’Église sans prendre en considération la mentalité de la Ta’ifa, si ancrée dans les esprits ? Comment pourrons-nous situer notre présence dans la société sans prendre en considération notre situation de minorité, qui nous conditionne profondément, avec ses conséquences psychologiques et sociales ?… etc.
Ce ne sont pas nos constructions qui feront l’Église. Ce qui fait l’Église c’est le peuple chrétien et le peuple chrétien a soif d’une foi qui réponde à ses vrais besoins et aspirations. Il faut approfondir la foi de nos chrétiens. C’est dans l’approfondissement de la foi que nous saurons affronter les défis actuels avec courage et avec espérance. Personnellement je suis dans cette espérance.

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Notez-vous qu’il y a déjà, ici ou là, des chrétiens qui commencent à accueillir cette dynamique ?

Oui. C’est ça la chance. Dans tous les pays du Moyen-Orient, dans toutes les Églises, je dirais même dans toutes les paroisses, il y a des chrétiens qui ont commencé à s’interroger. Ils ne sont pas aidés par l’atmosphère générale qu’ils trouvent dans leurs Églises. Mais j’en suis témoin, les événements qui secouent notre région ont conduit des chrétiens à se poser des questions. Et ce questionnement a commencé à produire un type nouveau de chrétiens au Moyen-Orient. Ce ne sont encore que de petits groupes mais ils sont prophétiques. Ils préparent l’avenir du christianisme oriental qui n’avancera que si les Églises sont attentives à ce bouillonnement, qu’elles adoptent ces groupes et écoutent leurs voix ; alors ces voix prophétiques imprégneront les Églises pour les mettre en marche dans le sens de l’Histoire et ses appels.

Arrivent-ils à se contacter les uns les autres ?

Petit à petit. Les Églises d’aujourd’hui ne sont plus celles d’il y a 50 ans mais la machine ecclésiale reste lourde. C’est un processus graduel et progressif. Je suis optimiste pour l’avenir. Je crois que les Églises trouveront les moyens de se laisser interroger par les questions qui leur viennent de leurs bases, pour leur donner des réponses ecclésiales.

Vous parlez de ces germes de vie mais un livre, paru bien avant les bouleversements actuels, s’intitulait Vie et mort des chrétiens d’Orient, pensez-vous que le christianisme arabe soit en danger de mort ?

C’est un livre dense mais, d’après moi, très discutable. Je pense que le titre est déjà malvenu. Nous qui sommes à Jérusalem nous savons que la mort est un passage vers la Résurrection. Il y a dans l’Église arabe des éléments de mort et des éléments de vie et je crois que les éléments de vie auront le pas sur les autres. Je ne partage en aucune manière la vision de ce livre selon laquelle nous allons inexorablement de la vie vers la mort, contraire de la Pâque, qui va de la mort à la vie.
En réalité, les Églises sont dans l’épreuve mais elles sont vivantes. Elles sont vivantes parce qu’elles sont habitées par la grâce de l’Esprit saint et par conséquent l’avenir n’est pas fermé. Il y a une grande espérance qui traverse nos sociétés, il y a une grande espérance qui traverse nos Églises. L’histoire nous montre que le génie du christianisme oriental est là : dans sa capacité à se sortir des moments de crises les plus douloureux. Ce génie se serait-il arrêté à la porte du XXe siècle ? Le christianisme arabe a dépassé toutes les difficultés au long de l’Histoire, il dépassera les présentes. Il est passé par de pires épreuves.

 

 

Mais des piliers vacillent. On constate une défiance entre la base des chrétiens et l’institution ecclésiale

J’ai tendance à penser que c’est un trait de culture en Orient de se défier des institutions dès lors qu’elles exercent leur autorité comme une domination. Et l’homme arabe a tendance à défier toute institution, du maître d’école au cheikh du village, en passant par le père de famille, le curé ou le maire, etc. L’autorité a été vécue comme une autorité de domination plutôt que dans un esprit de service. Maintenant, je pense que l’Église est celle des institutions la plus capable de combler ce vide entre la base et le sommet, capable de restaurer la confiance. Je crois que dans toutes les Églises du Moyen-Orient un effort est fait pour restaurer le dialogue entre la base et l’institution. C’est un dialogue à poursuivre pour pouvoir construire une Église de communion et non pas une Église pyramidale qui va du patriarche, aux évêques, aux prêtres, religieux, religieuses et à la base les laïcs. Non, nous sommes une communauté et chacun a sa mission au sein de cette communauté. L’Église n’est pas statique, mais en mouvement. Nous sommes dans un processus historique qui sera fécond pour tous, et pour nos Églises et pour nos sociétés.

Mais les sociétés arabes sont très pyramidales

Oui c’est vrai. C’est pourquoi l’Église pourrait avoir un rôle fondamental. Si à l’intérieur de l’Église nous sommes capables de réaliser cette évolution, ce sera une contribution fondamentale à la libération de la société. La libération des Églises d’Orient, institution et fidèles, de leurs handicaps historiques pourrait contribuer à la construction de notre monde. C’est ça la contribution des chrétiens d’Orient aux sociétés arabes. Se libérer pour libérer. Nous sommes invités à nous libérer pour contribuer à la libération de l’homme arabe empêtré dans des chaînes inextricables. Au lieu d’être victimes de nos sociétés, soyons des facteurs de libération dans nos sociétés.
Je vois là la mission des chrétiens d’Orient et leur avenir : être un élément de la construction d’une nouvelle société. Je crois que les événements dans le monde arabe et que vivent les chrétiens les préparent à cette mission, à condition qu’ils en fassent une lecture à la lumière de la foi.

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Quels sont les points forts du christianisme arabe qui lui permette de se penser un avenir dans sa région ?

Le grand point fort, c’est l’enracinement des Églises orientales dans leur terre. La terre fait partie de leur identité, comme eux-mêmes font partie de l’identité de leur terre. Le christianisme en Asie-mineure a complètement disparu, de même en Afrique du Nord, parce que peu enraciné dans sa terre. Ancrés dans leur territoire, les chrétiens d’Orient à chaque crise se sont façonnés de nouveau à partir de la situation dans laquelle ils étaient plongés. Ils ont su faire, ils sauront faire, mais il faut réfléchir, méditer, pour prendre la mesure de notre vocation, de notre témoignage, et de notre mission.
Michel Hayek a appelé les Églises d’Orient, les Églises du Samedi saint. Elles sont en attente de la Résurrection. Mais ce n’est pas une attente passive. En arabe on parle de sabt el-nour, de samedi de la lumière. La lumière est déjà là, mais elle attend le matin de Pâques pour être une lumière pour nous, en nous. Nous sommes toujours entre le déjà et le pas encore. Le Christ est venu, mais il est toujours à-venir ; il est ressuscité, mais il attend continuellement de ressusciter en nous. Le passage de la mort à la vie est un processus sans fin, qui se fait à travers la mort. C’est ce que j’appelle la dialectique pascale de l’Histoire. La dialectique de la mort-vie. Les Églises d’Orient ont toujours vécu dans cette dialectique au cours de leur longue Histoire… Et aujourd’hui plus que jamais.♦

 

Dernière mise à jour: 22/01/2024 13:43

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