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L’icône du centre pastoral de Tel-Aviv

Émilie Rey
30 juillet 2017
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L’icône du centre pastoral de Tel-Aviv
Notre-Dame Femme vaillante, priez pour tous les travailleurs immigrés et demandeurs d’asile de notre pays et du monde entier.

La tradition de l’icône est très codifiée, pourtant de nouvelles œuvres voient le jour. Terre Sainte Magazine vous en présente une très contemporaine.


Parce que les deux églises franciscaines de Jaffa n’étaient plus assez grandes pour prendre en charge toutes les populations catholiques migrantes, en 2014, une nouvelle paroisse a vu le jour à Tel-Aviv. Notre-Dame de Vaillance, dans le quartier de Shivat Zion au sud de Tel-Aviv, est le centre qu’espéraient toutes les communautés philippines, indiennes, sri-lankaises, roumaines ou encore africaines. Ce centre est dédié à Marie en raison de la grande majorité de femmes qui le fréquentent. Sous la responsabilité du vicariat patriarcal Saint-Jacques, il offre aux fidèles : catéchèse, préparation aux sacrements, cours de formation continue… en somme l’opportunité d’une vie pastorale épanouissante.
C’est pour mettre cette communauté sous la protection de la Vierge Marie que fut conçue et écrite l’icône de Notre-Dame de Vaillance. Frère Alberto, à l’époque séminariste de la Custodie et acteur de ce projet raconte : “Le père David Neuhaus savait que nous écrivions des icônes alors quand le nom du centre a été choisi, il nous a proposé de réfléchir à une icône à la gloire de Marie protectrice des migrants.” Ensemble avec Andrea Bergamini et Benedetto di Bitonto, séminaristes comme lui, et avec une clarisse de Jérusalem, sœur Damiana, ils se sont lancés dans la création d’une œuvre originale.
Ils ont repris un modèle déjà présent dans la tradition iconographique russe, la “Notre-Dame du signe” qui incarne la prophétie d’Isaïe 7, 14 : “Le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici : la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils”. Les artistes dessinèrent d’abord une Vierge Marie en prière qui abrite sous son manteau les populations migrantes, facilement reconnaissables avec leurs vêtements et visages colorés. Dans ce “portrait de famille”, on reconnaît le père David Neuhaus, les religieuses et les franciscains qui travaillent aux côtés des migrants. En son sein, Marie porte l’Enfant Jésus, bras ouverts annonçant déjà son ministère. Au-dessus de la Vierge, deux anges semblent veiller sur elle, les mains voilées par respect, selon la tradition byzantine. Enfin, en arrière-plan, on devine la ville moderne de Tel Aviv, là où précisément vivent et travaillent le plus grand nombre de ces chrétiens. “C’est un peu comme si Marie descendait sur la cité de Tel Aviv pour la protéger” ajoute Benedetto di Bitonto. Et Andrea Bergamini de préciser : “Ce n’est pas à proprement parler une icône que nous réalisons car l’iconographie ne nous permettrait pas cette modernité. Nous avons pris beaucoup de libertés et d’initiatives alors je préfère parler de dessin d’inspiration iconique”.

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Originalité

Sur une toile de 180 cm sur 130 cm, et non pas sur un support en bois, la peinture est réalisée avec des pigments minéraux naturels. Les couleurs ont été déposées au pinceau en commençant par les teintes les plus sombres puis en éclaircissant, comme il convient dans l’art de l’icône qui part de la noirceur vers la lumière. Vinrent s’ajouter ensuite les feuilles d’or sur le tracé des nimbes que sont les auréoles autour de la tête des saints. Autant d’étapes et de techniques que les frères Alberto et Benedetto ont apprises avec Andréa qui, depuis de nombreuses années, s’adonne avec passion à l’art de l’icône. Une autre originalité de ce travail est d’avoir œuvré à plusieurs, une icône n’étant réalisée traditionnellement que par une seule personne. “Nous avons désiré ce travail d’équipe, notre icône n’est pas très “orthodoxe” mais elle est collective et fraternelle à l’image du centre !” lance en souriant Benedetto.
Les icônes comportant généralement des indications écrites désignant la personne ou le thème représenté, il a été inscrit en hébreu sur un rouleau que tient Marie dans sa main gauche quelques extraits du dernier chapitre du livre des Proverbes qui font allusion à la femme vaillante. “Une femme forte incarnée par toutes ces mères de famille que nous rencontrons au centre et qui élèvent seules leurs enfants”, partage encore Benedetto. Cette œuvre n’est pas une simple illustration ornementale ; elle transmet à elle seule l’esprit d’ouverture et de labeur de ce centre qui se confie toujours et tout entier à la protection de Marie.♦


“Bien des femmes ont fait leurs preuves, mais toi, tu les surpasses toutes ! Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange. Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !”
Pr 31, 29-31

 

Dernière mise à jour: 24/01/2024 13:19

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