Actualité et archéologie du Moyen-Orient et du monde de la Bible

L’autre église Sainte-Anne

Texte et photos: Marie-Armelle Beaulieu
30 septembre 2017
email whatsapp whatsapp facebook twitter version imprimable
L’autre église Sainte-Anne

A quelques kilomètres de Nazareth, une tradition de l’Église commémore le souvenir de sainte Anne, la maman de la Vierge Marie. Un souvenir liturgique du Moyen Âge qui se fixa sur des ruines byzantines.


L’église Sainte-Anne

Du Moyen Âge ont subsisté les ruines de l’abside de l’église. Restaurée lors de leur acquisition à la fin du XIXe siècle, elles ont bénéficié d’une “révision” dans les années 2010. A gauche, une chapelle a été aménagée dès le XIXe siècle. Bien que la tradition de faire de Sepphoris la ville d’origine de sainte Anne, mère de la Vierge Marie, ne semble dater que de l’époque croisée, on sait grâce au Talmud (Avoda Zara 16B-17A, écrit avant 135 ap. J.-C.) qu’il y avait des chrétiens en ville.
“Rabbi Eliézer dit : “Aquiba, tu m’as remis ce souvenir en mémoire : un jour, je marchais dans le marché de Sipporis et un homme, disciple de Jésus le Nazaréen, m’accosta. Il portait le nom de Jacob, originaire de Kfar Sekhaniya”.”

 

Acquisition franciscaine

C’est en 1879 que les franciscains de la Custodie réussirent à acquérir le terrain qu’ils convoitaient de longue date. Ils lui donnèrent de hauts murs d’enceinte et y construisirent, adossé aux ruines du XIIe, un petit couvent. Le village, qui comptait 13 000 habitants en 1947, fut dynamité par l’armée israélienne en 1948 et ses habitants trouvèrent refuge à Nazareth. À côté des franciscains subsiste seule la propriété des sœurs de Sainte-Anne qui y maintiennent la vie en accueillant une soixantaine d’enfants arabes placés là par les services sociaux israéliens.

 

A ciel ouvert

Au XIXe siècle, les franciscains restaurèrent partiellement les ruines de l’église. Ils lui redonnèrent des murs sans pour autant lui mettre une couverture. A en croire saint Épiphane, la première église aurait été construite à Sepphoris par un juif converti, Joseph de Tibériade. La ville s’appelait alors Diocésarée. Elle fut entièrement rasée par les Perses en 614.

 

Nouvelle présence priante

Alors que la communauté chrétienne de Nazareth a seule maintenu le pèlerinage liturgique annuel du 26 juillet, fête de sainte Anne, en 2011, la Custodie a confié la propriété aux soins des moines contemplatifs de l’Institut du Verbe Incarné. Deux moines vivent une vie de prière très centrée sur l’eucharistie et son adoration, et accueillent les groupes de pèlerins qui sonnent à leur porte.

Dernière mise à jour: 24/01/2024 14:13

Terre Sainte n. 5/2017 – Sommaire TSM 651
Septembre Octobre 2017

Terre Sainte n. 5/2017 – Sommaire TSM 651

Dans l'Etat hébreu, des juifs choisissent d'étudier le christianisme pour quoi ? Connaissez-vous Sepphoris? Une crèche au pied du mur ? TSM pour vous découvrir le pays.

Vincent Gelot nous revient avec un livre
Émilie Rey

Vincent Gelot nous revient avec un livre

TSM vous faisait découvrir en 2014 l’épopée de Vincent Gelot. Souvenez-vous, Vincent, sa 4L, ses 60 000 km dans + de 20 pays à la rencontre des chrétiens d’Orient.

La recherche archéologique au service du Jésus de l’Histoire
Frédéric Manns, ofm

La recherche archéologique au service du Jésus de l’Histoire

La publication des découvertes sur le site de Magdala fait avancer la connaissance de Jésus dans son contexte historique, sa personnalité de juif et les débuts de sa prédication

“Se laisser surprendre par la résonance des textes juifs et chrétiens”
Propos recueillis par Amaury Perrachon

“Se laisser surprendre par la résonance des textes juifs et chrétiens”

Noam Maeir est doctorant au Département des Religions Comparées de l’Université hébraïque et l’un des responsables du Forum for Study of Christianity relié au CSC. Pour Terre Sainte Magazine, il explique ses raisons d’étudier christianisme et islam, en tant que juif.

Textes : Marie-Armelle Christien

En passant par l’esplanade (2e partie)

Les pèlerins visitant l’esplanade le font en commémorant les visites de Jésus au temple. Mais il n’est pas interdit d’observer et découvrir les monuments qui la jalonnent et leurs traditions parfois surprenantes.

Marie-Armelle Beaulieu

La mesure quotidienne du temps

Au commencement était le financement
Texte et photos Amaury Perrachon

Au commencement était le financement

L’imposante Université hébraïque possède depuis l’an 2000 un Centre pour les études du christianisme directement lié au Département de religions comparées, lui même plus ancien. Guy Stroumsa a été le fondateur et premier directeur de ce centre. Pour Terre Sainte Magazine, il raconte la genèse de ce projet d’étude des idées chrétiennes dans une université publique israélienne.