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À Neuvy-Saint-Sépulchre, ces traces de Jérusalem

Cécile Lemoine
30 avril 2021
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À Neuvy-Saint-Sépulchre, ces traces de Jérusalem
La basilique de Neuvy-Saint-Sépuchre ©Alain Nevière

Une des rares copies de la basilique du Saint-Sépulcre se niche au cœur de l'Indre et témoigne de l'influence de Jérusalem sur l'Occident au XI siècle.


Terre Sainte Magazine accompagne votre confinement ! Parce qu’un peu de Jérusalem se cache partout en France, on vous raconte ce patrimoine souvent inconnu et actuellement inaccessible.


Elle est unique en France. Avec sa large rotonde, la basilique Saint-Etienne de Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre) n’est pas sans rappeler celle que l’on trouve à Jérusalem, au dessus du tombeau du Christ. C’était tout le souhait du seigneur local, Eudes de Déols, qui revenant d’un voyage en Terre sainte au milieu du XIe siècle, décida d’édifier une église qui serait la copie-conforme de la Basilique du Saint-Sépulcre. Objectif : signaler sa mainmise sur le bas-Berry.

Étalée entre le XIe et le XIIIe siècle, la construction de l’édifice, petit bijou d’art roman, est parachevée par la réception de deux précieux trésors, tout droit venus de Jérusalem : quelques gouttes du sang séché du Christ, le “ Précieux Sang ” et un fragment du tombeau du Christ, envoyés par le cardinal Eudes de Châteauroux en 1257.

Imitation pas parfaite

Les reliques sont, jusqu’en 1806, conservées dans l’Anastasis qui occupait le centre de la rotonde, aujourd’hui transformée en cœur. L’imitation de l’architecture telle qu’on peut l’observer à Jérusalem n’est pas parfaite. « Les maçons se sont inspirés de la forme ronde, en l’adaptant aux contraintes du lieu, explique Gérard Guillaume, président de l’association Les Amis de La Basilique. On ne compte ainsi que 11 piliers contre 14 à Jérusalem. » Le chiffre 11 renvoyant aux 11 apôtres qui soutiennent l’Église.

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Si la rotonde n’est de nos jours recouverte que d’un toit en forme de « chapeau chinois », elle était, jusqu’au XIXe siècle, surmontée d’une petite coupole de style oriental imaginée par l’architecte Viollet-le-Duc lors des restaurations qu’il a menés sur l’édifice en 1847. Jugée trop lourde pour la structure, elle a été démontée en 1923.

La basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre avant que la coupole de Viollet-le-Duc soit démontée ©Les amis de la Basilique

Lieu de pèlerinage

Du fait de la présence précoce de reliques, Neuvy-Saint-Sépulchre, commune située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, devient un lieu de pèlerinage très prisé à l’occasion de Pâques. Pendant sept siècles, près de 10 000 personnes font le voyage annuellement. Un nombre qui peine à dépasser les 300 depuis la fin du XXe siècle.

Les reliques ont d’ailleurs bien failli disparaître pendant la Révolution. « Elle fut épargnée grâce au stratagème du sacristain Jean Blondeau qui remplaça, dans le reliquaire, les gouttes de sang par des morceaux de poire cuite. Quand les temps furent plus calmes, la relique fut restituée au clergé », relate Gérard Guillaume.

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La ville porte encore aujourd’hui, dans son nom, une trace de Jérusalem. Et la présence du « h » au Sépulcre de Neuvy n’est pas une erreur de graphie. Il a été ajouté par les clercs médiévaux pour souligner la splendeur des lieux. En effet, ce « Sépulchre » est l’addition des mots « sépulcre », ou tombe, et de l’adjectif latin « pulcher » qui signifie beau.

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